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Patrimoine : Marie-Blanque et les "aurostères"

samedi 29 mars 2008


La France entière connaît le fameux col de Marie Blanque (pour les puriste "le col de la Marie Blanque" serait plus convenable). Marie Blanque c’est également le nom béarnais donné au vautour percnoptère ou vautour d’Egypte. Mais qui était Marie Blanque ?

Marie Asserquet, surnommée Marie Blanque à cause de la blancheur de sa peau, est née le 29 août 1765 à Osse en Aspe où elle mourut le 25 septembre 1849 était protestante. Elle est partie se marier à Orthez avec un pâtissier mais après avoir été l’objet de violences conjugales, elle est revenue chez elle à Osse. Marie Blanque serait la dernière et la seule connue des « aurostères ».

Les « aurostères » étaient des femmes chargées d’improviser un chant funèbre, en général à la gloire d’un défunt lors des obsèques pour lui dire ce que la communauté villageoise, ou la famille, pensait de lui en bien ou parfois même en mal. Une sorte une sorte d’exorcisme en quelque sorte. Ces chants, en vers de huit pieds étaient appelés « aurost ».

Marie Blanque a vécu une histoire d’amour avec Armand de Laclède natif de Bedous. Cet officier napoléonien des dragons fut tué à Saragosse par des femmes et à coup de briques, d’où le fameux "aurost ta Laclède" :


Aquera guerra de Saragossa
diu, be hera larmas me’n costa !
Crei qu’avi hera d’aiga en cap
Un torrent de plors m’a jetat.
Jesus ! Persona com Cledon.
Qui non l’a vist ni conegut
Non pot saber ço qu’ei pergut.
Oh ! Avi aquiu un bon amic !
Aqueth que non m’aure tradit.
Valea d’Aspe qu’as plan pergut
Quan Lacleda ei disparescut.
L’Emperur que t’a plan servit
Que t’a viengut tirar de Maestric
Ta’t har passar ta Saragossa.
Aqueth viatge la vita que’t costa
Eth quinze de Junh de bon matin
Qu’em lhevei ta’t veder partir
Tristessa d’aqueth cinc d’Agost
Oh ! D’aqueth beth dia enta vos
Com un ange qu’etz partit tath ceu
Ja t’i vengossi trobar leu.
Adiu Cledon, per tostemps,
Diu volha qu’a sa dreita que’ns trobem.

Mon Dieu, que de larmes m’a coûté
cette guerre de Saragosse.
Que d’eau dans ma tête
pour un tel torrent de pleurs.
Jésus ! Personne comme mon Clédou.
Qui ne l’a vu ni connu
Ne peut savoir qui j’ai perdu
Oh ! J’avais là un bon ami
Celui ci ne m’aurait pas trahi
Vallée d’Aspe, tu as beaucoup perdu
Quand Laclède a disparu.
L’ Empereur t’a joué un drôle de tour
Il t’a sorti de Maastricht
Pour t’envoyer à Saragosse.
Ce voyage te coûte la vie
Le quinze Juin de bon matin
Je me levai pour te voir partir
Tristesse de ce cinq Août,
de ce beau jour, pour vous qui
comme un ange avez gagné les cieux
Je t’y retrouverais bientôt.
Adieu, Clédou, Dieu veuille que pour toujours
A sa droite nous soyons réunis

adaptation française Jose Antonio de Bacalao y Garbanzos
source : http://egoak.free.fr/AUROST.htm

Jan Nadau, le leader du groupe Nadau a lui même écrit un « Aurost tà Joan Petit » (requiem pour Jean Petit) à partir d’un fait historique : le soulèvement des paysans contre Louis XIV qui se termina, pour ramener les paysans à leur condition première des croquants, par la pendaisons de Jean Petit, de deux autres meneurs et de beaucoup d’autres paysans.

- par Michel Roger


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> Patrimoine : Marie-Blanque et les "aurostères"
29 mars 2008, par Autochtone palois  

Autre hypothèse qui semble plus réaliste : la Marie Blanque tenait son surnom du voile blanc qu’elle portait lors des obsèques où elle déclamait ses "aurosts". Le blanc, couleur du deuil, comme en Chine ! (donc l’illustration qui accompagne cet article, n’est pas correcte !)

Les "aurosts", peut-être venus des pratiques païennes très anciennes, ont été interdits par l’Eglise catholique.

José Antonio de Bacalao y Garbanzos, le traducteur de l’aurost de Laclède, c’est, en français, José Antoine de Morue et Pois Chiches... smiley

  • > Patrimoine : Marie-Blanque et les "aurostères"
    29 mars 2008, par Bernard Boutin  

    Sur la couleur, il faudra se mettre d’accord. Voir l’article à ce propos trouvé dans "Balades dans les Pyrénées". C’est noir selon eux...

    Bref, d’un village à l’autre, d’une vallée à l’autre...

     smiley

  • > Patrimoine : Marie-Blanque et les "aurostères"
    29 mars 2008, par CV  
    Le vautour Marie-Blanque est un oiseau blanc... smiley

  • Le blanc, couleur du deuil
    29 mars 2008, par Autochtone palois  

    Aujourd’hui le noir est bien devenu la couleur du deuil. Il a supplanté le blanc qui était il n’y a pas encore si longtemps la couleur du voile de deuil porté dans nos montagnes.

    Une historienne locale de la vallée d’Aspe, où vivait la Marie Blanque, l’aurostère, a recueilli les témoignages des anciens qui vont tous dans ce sens. Ils expliquaient ainsi le sobriquet de "Marie Blanque".

    Bien sûr c’est moins poétique que le nom du vautour(percnoptère) qui "purifie" les vallées, surnommé Marie-Blanque.

    J’ajoute que les Protestants avaient aussi interdit, comme l’Eglise catholique, ces pratiques païennes des pleureuses. Marie Blanque, bien que protestante, était avant tout pyrénéenne ! On trouvait les aurostères en Béarn, les erostariaks en pays basque et d’autres pleureuses en Ariège.

  • > Le blanc, couleur du deuil
    30 mars 2008, par Autochtone palois  
    Autre précision pour les journalistes du Tour de France : le nom du col de (la) Marie Blanque vient plutôt du sobriquet "marie-blanque" donné au vautour percnoptère, pas de l’aurostère !

  • > Le blanc, couleur du deuil
    31 mars 2008  
    Je suis étonné de la jeunesse relative de ce toponyme. Ce col a-t’il d’autres noms ?

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