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OGM : "On ne peut pas laisser l’expertise au producteur"

mercredi 14 mai 2008


Le rejet par le parlement du projet sur les OGM pour des questions de procédures ne doit pas faire oublier le problème de fond. Un communiqué de l’AFP rappelle les difficultés de la Commission européenne à trancher dans ce difficile dossier. (Voir aussi l’appel du comité béarnais anti-OGM en première réaction sur le forum)

Autorisations d’OGM : la Commission européenne, divisée, refuse de trancher

La Commission européenne, divisée sur les OGM, a encore refusé de trancher mercredi 7 mai sur l’autorisation de cultiver une pomme de terre et des variétés de maïs génétiquement modifiées, réclamant un nouvel avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

Le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, a justifié ce nouveau report par l’absence de consensus entre commissaires sur ce dossier sensible, qui oppose défenseurs de l’environnement aux intérêts industriels et commerciaux.

"Des doutes ont été émis et il a été décidé de demander davantage d’éclaircissements", a-t-il simplement précisé.

"Si les évidences scientifiques confirment que le produit est sûr, alors il sera autorisé", a-t-il affirmé.

Ce nouveau délai a consterné les défenseurs de l’environnement, convaincus que les homologations seraient rejetées.

Les OGM en attente d’homologation européenne sont la pomme de terre Amflora de l’allemand BASF, dotée de gènes résistants aux antibiotiques, et plusieurs variétés de maïs résistantes aux pesticides : le Bt11 du suisse Syngenta, le 1507 de l’américain Pionner-Dow et plusieurs hybrides de l’américain Monsanto.

La Commission européenne, qui n’a plus délivré d’autorisation pour des cultures d’OGM dans l’UE depuis 1998, est sous pression depuis plusieurs mois sur ce dossier.

Face aux écologistes, BASF a mené une campagne de lobbying à la mesure des enjeux économiques. Les gains pour le groupe sont en effet estimés à 100 millions d’euros par an si l’Amflora est autorisée.

La Commission s’est néanmoins défendue d’avoir été sensible aux pressions. "Ce qui est en cause, ici, c’est la sûreté de ces produits. Il ne faut pas déplacer le terrain du débat", s’est insurgé Johannes Laitenberger.

Il a toutefois reconnu que le dossier suscitait "des débats controversés et animés dans les Etats membres"

C’est d’ailleurs l’incapacité des ministres des pays membres à trancher qui contraint la Commission européenne à statuer. Or, son président, le Portugais José Manuel Barroso, veut éviter les polémiques alors qu’il est pressenti pour un second mandat à la tête de l’exécutif européen à partir de 2009.

Mais la décision de demander un nouvel avis à la très critiquée Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est loin d’apaiser le débat.

L’EFSA a déjà été consultée à deux reprises sur ces OGM, et à chaque fois, elle les a déclarés sans risques.

"L’EFSA, consultée à 16 reprises sur des OGM depuis 2005, n’a jamais rendu d’avis négatif. Tout ce qui lui a été présenté a été accepté", a ainsi reconnu M. Laitenberger.

"La Commission doit cesser de se cacher derrière l’EFSA et fuir ses responsabilités. Le renvoi de sa décision est une farce et l’affaiblit", a jugé mercredi l’eurodéputée Verte allemande, Hiltrud Breyer.

Au-delà des cas actuellement en suspens, c’est tout le processus d’homologation des OGM dans l’UE qui est contesté par plusieurs Etats membres.

Certains comme la France reprochent à l’EFSA de fonder ses avis sur des données fournies par les industriels eux-mêmes.

"On ne peut pas laisser l’expertise au producteur", s’est ainsi insurgé en mars le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo. Il veut une profonde réforme du processus pour, dit-il, "compliquer les procédures de mises sur le marché".

Mais l’exécutif européen refuse pour l’instant de reprendre à son compte de telles critiques.

"La Commission réaffirme sa confiance à l’EFSA en tant que centre le mieux placé en Europe pour examiner de manière indépendante ces questions", a repété Johannes Laitenberger.

L’EFSA a reçu des éléments nouveaux qui devraient l’aider à répondre à la Commission, a précisé un responsable bruxellois. Elle devrait rendre son avis dans les 60 jours, et pourrait saisir l’occasion de se refaire une crédibilité.


Source : extraits d’AFP


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> OGM : "On ne peut pas laisser l’expertise au producteur"
14 mai 2008  

Texte publié par le Collectif Béarn pour un Moratoire OGM

Le collectif (Collectif Béarn pour un Moratoire OGM) s’associe à la journée nationale de mobilisation pour une agriculture sans OGM (Voir communiqué de presse) :

La loi concernant les OGM passe en dernière lecture à L’Assemblée Nationale le 14 mai 2008.

Notre collectif s’oppose à cette loi qui organise la dissémination généralisée des OGM.

Cette loi ne répond ni aux exigences de la société et des consommateurs, ni à celles de la majorité des agriculteurs et apiculteurs. C’est une véritable violation du principe de précaution sur le plan sanitaire et environnemental :

-  Ce projet de loi prétend organiser une co-existence reconnue impossible. Des cas récents de contaminations sont avérés. En Poitou-Charentes, par exemple, les analyses spécifiques au cahier des charges de l’agriculture biologique viennent de prouver qu’un maïs bio a été contaminé même à 25 km de distance de la parcelle de maïs transgénique la plus proche.

-  La société civile n’aurait qu’un avis consultatif.

-  Les conditions de mise en culture seraient définies par décrets.

-  Le législateur se refuse à définir ce que signifie : "sans OGM", alors qu’en 2003, une circulaire du Ministère de l’économie et des finances donnait la définition suivante : "Sans OGM, signifie que la présence de toutes traces d’OGM doit être exclue"*.

-  La loi ne définit pas de co-responsabilité des semenciers dans les préjudices susceptibles d’être causés.

Nous demandons à nos députés, en accord avec l’opinion majoritaire de leurs électeurs, de voter contre cette loi qui organise la contamination.

Les députés du Béarn ont voté "contre", en première lecture, nous les encourageons à réitérer leur vote. Mais les députés des circonscriptions Basque (M. Grenet et M. Poulou) ont voté pour, nous leur rappelons leur responsabilité.

Nous soulignons que le Conseil régional d’Aquitaine s’est prononcé contre la culture des OGM en plein champ : "les cultures d’organismes génétiquement modifiés en plein champ doivent être purement et simplement interdites afin de protéger les productions conventionnelles,les productions sous signes de qualité (Label, AOC, I.G.P.) ou en agriculture biologique." La région Aquitaine fait partie des quinze régions françaises signataires de la "Charte de Florence" (régions européennes se voulant sans ogm)

Nous ne sommes pas opposés à la recherche sur les OGM pourvu qu’elle se fasse en milieu confiné. En ce qui concerne l’agriculture, il existe aussi d’autres voies de recherche possibles, parmi les plantes déjà existantes à l’état naturel ou domestiquées, qui mériteraient une plus grande attention...

Localement, le catalogue de Pau-Euralis reçu par les agriculteurs en octobre 2007 proposait à la vente des semences OGM, interdites depuis l’activation de la clause de sauvegarde. Qui nous garantit que ces maïs OGM n’ont pas été semés ?

Les élus qui vont voter ce mercredi 14 mai, ont une très lourde responsabilité :

-  L’agriculture de terroir, les agricultures labellisées sont fortement menacées,

-  La biodiversité est directement mise en danger (la faune, les abeilles et d’autres pollinisateurs ou encore la flore)

-  Nous n’aurons plus la liberté de consommer ou produire sans OGM.

Qui sera responsable si un problème sanitaire, par exemple, s’avérait lié aux plantes OGM dans quelques années ?

Nous demandons à nos députés de privilégier l’intérêt général et non quelques intérêts financiers.

*En d’autres termes, le seuil à retenir dans ce cas est la limite de détection à l’analyse et nullement la limite de quantification ou encore le seuil de présence fortuite de 0,9%.

  • > OGM : "On ne peut pas laisser l’expertise au producteur"
    14 mai 2008, par D’Alembert  
    "Cette loi ne répond ni aux exigences de la société et des consommateurs"
    Ah ça ! Qui le sait, ce que pensent la société et le consommateur ? Comment d’ailleurs auraient-ils un avis autorisé au milieu de cette flopée d’informations contradictoires ? A qui se fier ? Quel avis suivre ? smiley

  • > OGM : "On ne peut pas laisser l’expertise au producteur"
    17 mai 2008, par Guillaume  

    Perso je suis contre les OGM car tant qu’aucune étude neutre sera réalisé sur du long terme il y aura toujours une suspicion.

    A la place des OGM, rien ne vaut de manger BIO, certes cela un coût, mais le plaisir du gout en vaut la chandelle.

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