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La justice espagnole enquête sur les disparus de la guerre civile

lundi 11 août 2008


L’Espagne ouvre les yeux sur les charniers de Franco. Depuis le 25 juin dernier, le juge Baltasar Garzon a accepté d’étudier les plaintes déposées par les familles des disparus du franquisme. Pendant la guerre civile, de 1936 à 1939, quelque 30 000 républicains auraient été fusillés et jetés dans des fosses communes.

« Ici, à Priaranza del Bierzo, il y a plus de morts à l’extérieur du cimetière qu’à l’intérieur »... Cette petite phrase a été murmurée en 2000 à l’oreille d’Emilio Silva. Le jeune homme cherchait le corps de son grand-père, disparu en 1936. Emilio Silva a creusé les abords du cimetière de Priaranza, dans la province de Leon. Il a trouvé de nombreux ossements.

Emilio Silva est devenu l’un des fondateurs de l’association pour la récupération de la mémoire historique, l’ARMH. Une association qui réclame à l’État espagnol d’ordonner l’exhumation des corps des disparus, leur identification par des analyses ADN, et la création de sépultures collectives.

Avec Santiago Macias, Emilio Silva a aussi signé un livre, « Les fosses du franquisme », traduit en français et publié chez Calmann-Levy en 2006, dans lequel il recense 430 fosses communes dans tout le pays. « L’Espagne n’avait pas perdu la mémoire du franquisme, elle est en train de se la réapproprier », a-t-il déclaré.

Pour l’instant, le juge Garzon aurait 1 200 cas de disparitions sur son bureau. Il a demandé aux associations des compléments d’information. Et réclamé aux ministères de l’Intérieur et de la Défense un rapport pour évaluer le nombre de personnes disparues pendant le soulèvement franquiste.

Pour l’ARMH, cette décision du juge Garzon était très attendue. Elle fait suite à l’adoption d’une loi sur la mémoire historique par le Parlement espagnol en octobre 2007.
Le grand-père de Zapatero a été fusillé

Dès son accession au pouvoir en 2004, le Premier ministre socialiste Jose Luis Zapatero, dont le grand-père, capitaine dans l’armée républicaine, a été fusillé durant la guerre civile, avait fixé comme une priorité « la mise en œuvre d’une justice réparatrice à l’égard des vaincus oubliés du camp républicain ».

À l’instar de Jose Luis Zapatero, ce sont les petits-enfants des fusillés qui se tournent vers la justice. Cette génération qui n’a pas connu la guerre civile veut, 60 ans après, rompre « le pacte du silence ».

Une image des réfugiés espagnols, chassés par la dictature franquiste, au Perthus en 1936. Photo DR.
« Pendant 40 ans, j’ai cherché mes frères »

Il se souvient de ce 23 juillet 1936 « comme si c’était hier ». Ses deux frères, José, 26 ans, et Roman, 24 ans, ont été faits prisonniers des franquistes, dans leur village d’Anguès, près de Huesca en Aragon. Et ils ont disparu. Martin Arnal, 86 ans, retraité à Rabastens dans le Tarn, les a recherchés. Il sait qu’ils ont été fusillés.

José, l’aîné, avait 26 ans. Roman, 24 ans. Ils vivaient avec leurs parents dans un village où des combats ont opposé républicains et franquistes. « À la maison, on n’avait pas d’arme, souligne Martin Arnal. Seulement des livres ». Cela n’a pas empêché les deux frères d’être arrêtés, comme une trentaine d’autres jeunes du village.

Exilé en France, Martin Arnal n’est revenu en Espagne qu’après 1968. Et il n’a eu de cesse que de retrouver ses frères. Il fait partie de l’Association aragonaise pour la récupération de la mémoire historique. Association qui a déposé plainte auprès du juge Garzon. Martin Arnal espère pouvoir trouver l’endroit où ses frères ont été enterrés, après avoir été exécutés : « Il faut bien que quelqu’un puisse raconter leur histoire ».


Source : La Dépèche du Midi


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> La justice espagnole enquête sur les disparus de la guerre civile
11 août 2008  

Agoravox a beau être un media "citoyen" et "coopératif", ça ne donne pas le droit de recopier intégralement ses articles sans demander une autorisation, pas plus que les articles de n’importe quel autre site.

Mais c’est devenu une habitude, ici.

et la depeche ?

  • > La justice espagnole enquête sur les disparus de la guerre civile
    12 août 2008  
    Ah non, là çà parle de L’ESPAGNE, le pays que A-P idolâtre donc tout est permis.

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