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Pierre SAUBOT

dimanche 28 décembre 2008 par Arnau Calatayud


Pierre Saubot, une figure emblématique de l’industrie française, a amené le groupe Haulotte sur les voies de la réussite. Il a depuis peu reposé ses valises dans le Béarn qu’il aime tant et nous répond en expert sur les questions concernant notre région.
 
A@P  : Depuis que vous vous êtes réinstallé dans la région, avez-vous retrouvé le goût du terroir et la fierté d’être béarnais ?
 
Pierre Saubot : Oui, bien évidemment. Cela dit, tout cela ne m’a jamais quitté. Je suis né ici et mes racines sont dans le Béarn. A mon sens, cela doit être difficile de vivre sans racines. Tout au long de ma vie, je n’ai jamais cessé de guetter les occasions de pouvoir intervenir pour ma région et pour tout dire, je n’ai jamais réellement quitté le Béarn. Quand j’étais à Paris, j’animais l’association "la garbure" qui regroupait les forces vives de notre territoire. Je n’ai pas loupé une réunion depuis 1973 et j’ai pu y découvrir des gens qui voulaient vraiment faire avancer les choses.
 
A@P : Vous êtes maintenant propriétaire du domaine du Cinquau à Artiguelouve qui est à la fois une cave et un lieu de réception. Ca ne sent pas vraiment la retraite ?
 
PS : Il y a différentes phases dans la vie. Dans un premier temps on apprend, puis on investit et on s’investit et enfin vient le temps de la retraite. En ce qui me concerne, étant bien dans ce que je fais et totalement investi, je suis président des vignerons indépendants du Jurançon, je ne pense pas à la retraite, je réinvestis.
 
A@P : Le Béarn est-il sur la bonne voie quant à son développement économique ?
 
PS : Le Béarn a connu des moments d’endormissement et d’éveil. Le dernier sursaut en date concerne la découverte du gaz de Lacq. Etant donné que la ressource se tarit, nous n’allons plus être prisonnier d’une ressource naturelle précise. Il y a d’autre chose : le sol, l’eau et le climat. Prenez l’exemple d’Euralis, l’une des premières coopératives européennes, ils ont fait des choses formidables pour le maïs et d’autres plantes.
 
A@P : Quels sont les problèmes qui freinent le développement de notre territoire ?
 
PS : Notre territoire souffre de ce que les hommes politiques doivent gérer des dossiers compliqués. Je dis compliqué car l’image du Béarn est polluée par des évènements qui rendent la tâche particulièrement difficile à ceux qui sont en charge de certains dossiers. Prenez Mr Pétetin -dit l’indien- ou le problème de l’ours. Ces deux phénomènes ont engendré une vision négative de notre région. Le résultat est que dans l’inconscient collectif des politiques parisiens, nous sommes pires que les habitants du village d’Astérix. Si on ajoute à cela que pour nos hommes politiques locaux, de Henry IV à Bayrou, l’ambition nationale passe avant les intérêts du Béarn, on comprend alors le travail qu’il reste à faire sur le terrain pour trouver un consensus politique régional. Sans consensus et objectifs clairement définis, il n’y a pas d’espoir.
 
A@P : Qu’avez-vous envie de dire aux béarnais ?
 
PS : Qu’il est temps de tourner la page Labarrère. Il faut avoir le courage de dire que son bilan est catastrophique et que sa gestion a été calamiteuse. Maintenant, il est grand temps d’aller de l’avant.
 
A@P : Et Martine Lignières-Cassou là-dedans ?
 
PS : Même si elle est une femme politique expérimentée, elle est en phase de découverte du problème. Elle tente de changer de méthode et c’est vraiment la chose à faire. Je ne suis pas contribuable palois, donc permettez-moi de trouver le temps moins long qu’eux.
 
A@P : Elle est donc sur la bonne voie ?
 
PS : Oui, mais nul n’est à l’abri d’une erreur. Dans le cas de Martine Lignières-Cassou, elles sont au nombre de deux. Tout d’abord la médiathèque, tellement urgente depuis 10 ans et que l’on construit pour ne pas perdre de subventions, ce qui est une grave erreur. Ensuite, le sport de haut niveau. Là aussi il faut avoir le courage de dire que l’agglomération paloise n’a pas les moyens de soutenir le basket et le rugby. Le problème, c’est le basket, la ville de Pau n’aurait jamais du le prendre en charge. Cela a été fait sans analyses ni réflexions et aujourd’hui on ne s’en sépare pas prétextant le devenir du palais des sports. Les béarnais ne sont pas idiots, une telle salle avec un parking et la rocade à proximité, on lui trouvera forcément un usage plus rentable
 
Propos recueillis par Arnau Calatayud


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Votre commentaire



> Pierre SAUBOT
1 janvier 2009, par DLA (Dédé La cAta)  

M. Saubot,

Vous êtes fou ! Vous croyez que j’aurais été réélu 5 fois triomphalement, et la dernière fois dès le premier tour, si mon bilan n’avait pas été exceptionnel ? Combien de titres gagnés avec l’Elan Béarnais, que vous critiquez tant ? J’ai également accompagné la section paloise au plus haut niveau. Ces équipes qui ont fait rayonner Pau au plan mondial. J’ai fait construire un stade de kayak exceptionnel, le deuxième d’Europe je crois, grâce aussi à notre champion Estanguet, le coût n’est pas un paramètre significatif. Et le magnifique complexe de pelote ? Le Grand Prix que j’ai soutenu pendant des décennies, que toutes les villes nous envient. Il ne s’agit pas de faire gagner seulement une équipe professionnelle comme dans les autres villes de taille similaire mais d’être au top dans plein de domaines. Les transports en commun, le centre ville, le développement économique : ce n’est pas prioritaire. La priorité, c’est le sport professionnel pour le prestige de la ville.

Sérieusement, je suis d’accord avec vous que le bilan de M. Labarrère est catastrophique. Quand on compare la quantité d’argent prélevé sur le contribuable pendant 35 ans et la quantité de choses utiles réalisées, par rapport aux autres villes, Pau est une ville hors normes ! Sur la réélection systématique de Labarrère : la démocratie est peut-être le meilleur des régimes, mais elle a parfois des ratés. Combien de temps mettra une grande partie de l’opinion pour s’en rendre compte ? La réflexion que j’entends très souvent : « oui, mais quand même Labarrère, c’était quelqu’un ». Cela ne mène pas loin !

Martine Lignères-Cassou : Je ne pense pas qu’elle « découvre les problèmes ». Ou alors, elle a été aveugle pendant 25 ans ! Oui, elle doit changer de méthode. Mais pas seulement. Elle doit changer totalement de politique. Je ne comprends pas pourquoi il a fallu 6 mois avant que soit commandée une étude de coût sur l’ouverture du parking Aragon sur la gare. Je veux bien admettre une volonté de bien faire les choses bien sans "bricolage", ainsi qu’il ne doit pas être facile de bouger certains fonctionnaires (une minorité), qui totalement protégés par leur statut ne doivent travailler que quand ils en ont envie. Mais même en intégrant ces paramètres, je ne comprends pas pourquoi il a fallu 8 mois pour réviser le trajet de la navette du centre ville, pourquoi il faut 2 ans pour définir des tracés de bus en site propre et des parkings relais, pourquoi il faut 1 an pour envisager la piétonisation de la rue Joffre.

J’espère simplement que les travaux vont s’accélérer et que les montants alloués au sport professionnel vont diminuer fortement et revenir dans la moyenne parce que sinon, comme du temps de Labarrère, dans 5 ans, il y aura peu de choses utiles réalisées pour beaucoup d’argent prélevé sur le contribuable. Travaux dans le centre ville et sport professionnel sont liés : de l’argent en plus pour l’un entraîne moins d’argent pour l’autre. Si cette situation continue,on en sera réduits dans 5 ans à aller voter « uniquement par rejet de la municipalité [actuelle] » comme disait Bernard Boutin et sans que d’autres candidats soient forcément meilleurs.

Bonne année à tous.

  • > Pierre SAUBOT
    1 janvier 2009, par Bernard Boutin  

    Merci pour votre message.

    D’une façon anonyme, vous m’attribuez des propos que je n’ai pas souvenir d’avoir évoqués !

    Au nom de quoi prendrai-je position pour ou contre la municipalité en place, dès maintenant, pour son bilan dans 5 ans ?

    Bien à vous.

  • > Pierre SAUBOT
    1 janvier 2009, par DLA (Dédé La cAta)  

    M. Boutin,

    Je pensais qu’au lendemain de l’élection de Mme Lignières-Cassou, vous aviez écrit que vous souhaitiez que son bilan soit positif et que 6 ans plus tard les Palois iraient voter par conviction pour des projets et pas "par rejet de la municipalité en place" ; pas que vous condamniez la municipalité actuelle en début de mandat.

    Je viens de faire une recherche et je ne retrouve pas ce texte. Il doit donc s’agir un pur malentendu, j’ai dû confondre avec autre chose. Désolé.

  • > Pierre SAUBOT
    29 décembre 2008, par Patrice le Bourguignon  
    Pau organise toi

    Je suis tout à fait d’accord avec ce Monsieur que je ne connais pas mais qui a fait une analyse rapide et globale de la situation du passé et de l’avenir proche. La subvention de la médiathèque de Pau,on pouvait largement la laisser à d’autres car je pense qu’elle ne répresente d’après ce que je crois savoir, que 20 à 25 % du total des travaux et encore....Avec l’auto-financement ou l’emprunt à contracter, les Communes du Grand Pau auraient pu consacrer cet argent à autre chose... Quand à L’Elan Béarnais dont la descente annoncée en PRO B, j’espère que cela profitera à la Section. Mais je ne me fais aucune illusion sur un transfert ou déversemnt hypothétique. La Palais des sports pourrait être utilisé par le Club de Hand de Billère .D’autres activités sportives ou culturelles pourraient être organisées( Boxe,spectacles divers retransmission sur écran géant

       
     
     
     
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