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Nadège VIDAL

lundi 2 mars 2009 par Bernard Boutin


A 18 ans, Nadège, enfant du Nord, pénètre pour la première fois dans une arène. A Collioure. Une passion est née ce jour-là : la tauromachie. Une passion de femme dans un monde d’homme. Une passion suivie d’une autre : « écrire pour retenir ce qui disparait ». Rencontre avec une femme peu ordinaire.

Alternatives-Paloises - Cette première corrida à 18 ans, elle semble marquer le reste de votre vie ? Que se passe t-il ce jour là ?

Nadège Vidal - J’ai aimé de suite. Un livre, lu à 8 ans, m’adonné envie de voir une corrida.Il racontait l’histoire d’un enfant qui voulait devenir rejoneador ( "Le cavalier de l’infortune"). Une sorte de conte de fée avec son happy end. Arpès cette première corrida, je n’ai eu de cesse d’y retourner. Mais il me fallait d’abord finir mes études de lettres.

Alternatives-Paloises - Dès l’année suivante, avec assiduité vous commencez à suivre la « temporada » ? Qu’est-ce qui vous attirait le plus dans la tauromachie ?

Nadège Vidal - L’idée sous jacente, c’est le rapport entre l’homme et l’animal. Le courage, la liberté. C’est aussi une réflexion sur la vie et la mort. L’apparition, la disparition. Une femme comprend mieux la souffrance physique. Elle met au monde les enfants et donne la vie en même temps que la mort

La corrida n’est pas comme tous les Arts qui ne font que suggérer la mort. Elle se termine par la mort...

Alternatives-Paloises - Vous n’écrivez pas pour autant au début...

Nadège Vidal - En fait, depuis mon plus jeune âge, j’écris. Pour conserver le bonheur que j’avais d’aller, enfant, chez ma marraine à Nîmes, j’ai commencé à mettre sur le papier mes impressions.. C’est seulement en 1994 que j’ai commencé à publier et encore il a fallu attendre 1998 pour que je publie avec régularité. D’abord avec les « Noires » de Pau. A partir de 2007, j’ai publié des nouvelles sur l’univers de la corrida comme « Machado et les Toros »*, » Mano a Mano » aux Editions du Diable Vauvert, puis un recueil « Petits désordres autour des taureaux »*chez Verdier.

Alternatives-Paloises - Pas trop difficile de s’immiscer dans ce monde d’homme qu’est celui de la tauromachie ?

Nadège Vidal - Au début oui. Il y avait peu de place pour les femmes dans ce monde. Mais avec Conchita Citrón, Maria Sara, Cristina Sánchez ou Marie Paz Vega les choses ont changé. Quand en tant que photographe pour la République et l’Eclair, j’ai du descendre dans le « callejón », je gênais au début. Les femmes n’y pénétraient jamais. J’y ai aussi découvert une autre vision de la corrida. D’autres bruits.

Alternatives-Paloises - Ecrire sur le thème de la corrida, c’est plutôt rare...

Nadège Vidal - C’est d’abord une littérature assez confidentielle. Hemingway (Mort dans l’après-midi ) et J. Peyré (prix Goncourt) l’ont sortie de l’anonymat. Peu d’autres... et très peu de femmes ! Et pourtant, la tauromachie est un art qui permet de jouer avec les mots, de bousculer les choses, de créer des résistances, de jouer avec la poésie.

Chaque matin, ce sont les mots qui me réveillent. Je les mets alors sur mon blog avant de démarrer la journée. Son titre : « Autour des Taureaux » http://nadegevidal.blogspot.com/

Alternatives-Paloises - Jeudi dernier sur votre blog, cela donnait ce qui suit. Un appel engagé à relever la tête face aux difficultés actuelles ...

« Ce matin, le ciel n’est pas mot rose : il est gris. Le gave, boue de colère, est d’un jaune terreux. Les nerfs à bout, la nature crise. Il paraît qu’il faudra s’y faire de vivre plié en deux sous les coups de boutoir du vent et les rafales de pluie. Le seul problème c’est que des hommes aiment vivre debout et ne se contentent pas de plier l’échine. Ils disent que seuls meurent ceux qui baissent la tête. Ils le disent avec une épée et sans moulinets superflus, avec toute la sobriété dont ils sont capables. Ils le disent pour nous sur le sable clair d’une arène. »

Nadège Vidal - Je ne sais pas. La société actuelle est absurde. J’ai peur d’une monté de violence. Je suis alertée par les évènements du siècle passé... Alexandre Adler me déprime.

Alternatives-Paloises - Nadège Vidal, pour finir, la corrida, n’est-elle pas une bulle pour vous ?

Nadège Vidal - La corrida et l’écriture. Peut-être ? Je viens d’achever mon dernier livre : « Une saison sans taureaux ». Un récit qui se passe en Béarn sur le thème de la disparition. Il sort bientôt chez Cairn et j’ai déjà démarré le livre suivant..

- propos recueillis par Bernard Boutin

Pour retrouver Nadège Vidal :
Son blog : http://nadegevidal.blogspot.com/
Petits désordres autour des taureaux http://www.editions-verdier.fr
http://arpel.aquitaine.fr

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Votre commentaire



> Nadège VIDAL
6 mars 2009, par lilou  

Il est bien dommage de voir de telles réactions sur un spectacle qui a pourtant fasciné les plus grands, depuis Hemingway à Picasso, en passant par Orson Wells. Eteingez vos téléviseurs et réflechissez un peu sur le monde qui vous entoure,afin de comprendre pourquoi des hommes et femmes comme tout le monde aiment ce spectacle. Voilà une preuve du politiquement correct, de la paresse de l’esprit... Il faut connaitre une chose pour pouvoir la critiquer. Alors allez-y, osez réfléchir ! Et on discutera une autre fois, sans la véhémence qui vous caractérise.

> Nadège VIDAL
2 mars 2009, par pehache  

"La société actuelle est absurde. J’ai peur d’une monté de violence. "

Quand on se délecte et fait la promotion d’un spectacle ultra-violent (la corrida), tenir se genre de propos est quand même assez extraordinaire !

La violence c’est les autres !

C’est aussi une réflexion sur la vie et la mort. L’apparition, la disparition. Une femme comprend mieux la souffrance physique. Elle met au monde les enfants et donne la vie en même temps que la mort

La corrida n’est pas comme tous les Arts qui ne font que suggérer la mort. Elle se termine par la mort...

En gros elle explique que les "afficionados" soignent leurs névroses et angoisses de mort en assistant à des spectacles de mise à mort. Pas de chance pour les taureaux, c’est tombé sur eux.

> Nadège VIDAL
2 mars 2009, par Le Pti K.  

En corollaire, un bouquin d’Yvan Audouard "Les lions d’Arles" (le pré aux clercs éditeur), que les râleurs pourront lire aux cagadous. Je n’aime pas la corrida, mais rappelle que le Marquis de Pombal, décida de la fin de la mise à mort des taureaux (ce qu’on appelle la corrida portugaise). Ce qui n’enlève rien au spectacle, sinon sa barbarie.

  • > Nadège VIDAL
    3 mars 2009, par Maximo  
    "n’enlève rien au spectacle, sinon sa barbarie."
    ce qui enlève quand même au spectacle, reconnaissez-le ! La mise à mort en est un, et quel ! Quant à la barbarie, elle n’est pas enlevée puisqu’elle se déroule en coulisse.

  • > Nadège VIDAL
    4 mars 2009, par Le Pti K.  
    Bon d’accord Maximo. Donc, je continuerai comme d’habitude : quand je verrai un taureau dans un pré,je vérifierai que celui-ci est bien clôturé et ne lui ferai des grimaces qu’après. En gardant mes distances... smiley

  • > Nadège VIDAL
    2 mars 2009, par zizou  

    Les Inconditionnels de la Corrida cherchent maintenant des clients chez les humains féminins. Elle est en perte de vitesse, et c’est tant mieux. Ils initient aussi les enfants pour mieux les garder plus tard. Elle restera toujours barbare, inutile, gratuite, sanguinaire. Comment ceux qui tuent en se justifiant de la tradition peuvent-ils "aimer" tant soit peu l’Autre.

    Tout et n’importe quoi peut se justifier.

    Qu’on s’occupe avant tout des choses humaines et on deviendra peut-être humain avec les animaux aprés.

    Zizou

    > Nadège VIDAL
    2 mars 2009, par cordebrume  
    PRECIEUSE ET C’EST TOUT

    Quand on ne sait pas faire la différence entre UNE CORRIDA ET UNE COURSE DE VACHETTES LANDAISES on donne des recettes de cuisines. Les arènes d’Estang, en bois ne sont que pour les VACHETTES et pour la avoir fréquentées et ramassé dessous quelques pièces de monnaie après les courses je sais vraiment de quoi je parle. J’y ai même reçu une bonne raclée par une vache lors d’une course à la cocarde. On ne parle pas de corrida avec un appareil photo et des lunettes de soleil ! Il faut avoir senti le stress de la bête et touché la sueur et le sang. Encore une "régionale en Channel" qui se parfume au N°5 pour ennivrer votre reporter qui ne peut que vanter les livres qu’il n’a pas lu...et heureusement pour lui !

       
     
     
     
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