Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Didier BAYLE

lundi 16 mars 2009


Rencontre avec Didier BAYLE, Animateur de la dynamique délégation d’Eau Vive Sahel à Pau.

Alternatives-Paloises - Pourquoi cet engagement sur le Sahel ?
Didier BAYLE - L’eau au Sahel est primordiale. C’est une question de vie ou de mort. Les femmes là-bas font tous les jours inlassablement la corvée d’eau. Aller au puits, éloigné de plusieurs kilomètres, charger l’eau et souvent la transporter sur la tête pendant de longues heures. Une vie organisée autour de la corvée. Une vie très très dure. Eau Vive est là pour aider les populations à garantir l’approvisionnement et le simplifier.

La fatigue et le temps perdu empêche toute scolarisation des fillettes ou toute alphabétisation des femmes adultes. Dès qu’elles sont soulagées de cette corvée, leur sort peut évoluer.


A@P - Quelles sont vos actions principales ?
Didier BAYLE - Cela va de la simple sécurisation de puits existants, la construction de margelles suffisamment haute autour pour les protéger des déchets et animaux jusqu’au forage fermé et la mise en place de pompe à main ou à pied.

L’hygiène est un point fondamental. L’eau du marigot est quasiment tout le temps insalubre mais, même si l’eau du puits est consommable, il suffit d’une bassine pas propre, de mains sales, de moustiques pour qu’elle s’infecte. Nous faisons de la prévention et veillons à faire couvrir les puits.


A@P - Vous ne débarquez pas comme cela au milieu du Sahel pour creuser vos puits...
Didier Bayle - Non, bien entendu. Le principe de base de notre action c’est l’écoute active, la collaboration avec les autorités locales qu’elles soient gouvernementales ou villageoises. Les projets sont conduits chaque fois par des représentants africains locaux. Toujours d’un pays tiers pour éviter les influences par exemple pour le choix des emplacements avant de creuser les puits. Beaucoup de dialogue avec les « anciens » pour arriver à la meilleure décision possible. L’eau au Sahel est une « bombe sociale » !

Un contrat est chaque fois signé avec les villageois qui doivent participer aussi à 5 ou 7% aux frais du forage. L’eau ensuite est elle-même facturée. Pas cher bien entendu mais il s’agit de responsabiliser tout le monde.


A@P - Et vous en France, que faîtes-vous ?
Didier Bayle - Notre objectif est avant tout de lever des fonds en contactant les collectivités locales, les associations, les bénévoles pour obtenir les fonds nécessaires pour mettre en place les puits.

Par exemple, en ce moment « eauvivepau » participe à la recherche du financement d’un puits à Mansila au nord-est du Burkina-Faso. Budget nécessaire : 27.700 € dont Financement villageois : 860 € + Union Européenne 6.925 €. EAU VIVE SAHEL s’est moralement engagée à trouver 13.915 €. Collecté à ce jour : 3.000 €. Reste à trouver : 24.700 €.


Tant qu’il n’est pas fait la corvée d’eau restera « corvée », quotidienne et épuisante.

A@P - Faire bouger les collectivités et les bénévoles, c’est difficile je présume...
Didier Bayle - Oui mais avec énergie, on arrive à avancer. Nous avons sur Pau 400 donateurs plus ou moins réguliers, 30 à 40 membres actifs et organisons des soirées à thème où nous récoltons de fonds. La dernière au Red Lion, place de Verdun, a vu 150 participants venir et nous avons pu collecter 800 euros.

Parmi les gros donateurs, l’Agence de l’Eau Adour Garonne nous aide bien, les communes d’Arzacq, Navarrenx, la communauté du Miey de Béarn, la Fondation Total.


A@P - Faites-vous autre chose pour faire connaître votre action ?
Didier Bayle - Nous passons dans les collèges et les lycées qui le demandent et faisons des présentations sur le thème de l’eau en Afrique et des solutions pratiques que nous apportons. C’est un excellent exercice d’ouverture à l’autre...

- propos recueillis par Bernard Boutin

Pour plus d’informations sur Eau Vive Sahel : http://www.eau-vive.org/fr

30 ans d’actions

Ø 700 000 personnes directement desservies en eau potable

Ø 2500 communautés rurales ont pris en main leurs développement

Ø 2 millions de personnes impliquées

Réalisations

Ø 230 actions économiques (maraîchage, artisanat)

Ø 850 programmes d’animation et de formation

Ø 500 actions de soutien aux associations, entreprises, élus locaux, usagers des ressources naturelles de bassin versant

Ressources humaines

Ø Une centaine de salariés en Afrique et en France

Ø Une centaine de bénévoles

Ø Plusieurs milliers d’adhérents et donateurs en France et en Afrique

Ø Des femmes et des hommes qui fondent leurs actions sur des valeurs humaines (solidarité, partage, équité, justice, respect, souveraineté, promotion des droits fondamentaux des populations pour un développement humain et durable)

Ø Eau Vive compte également sur l’appui d’institutions nationales et internationales pour cofinancer les projets


Eau Vive Sahel Pau

06 77 84 21 17 

eauvive.pau(at)free.fr

http://www.eau-vive.org/fr/presentation/pau.php

Credit Photo Didier BAYLE



[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Didier BAYLE
17 mars 2009  
World Water Development Report 2009

Pour ceux que la problématique de l’eau et du développement intéresse, le Troisième Rapport des Nations Unies sur l’Eau vient d’être publié hier, et est disponible sur le lien suivant (en anglais seulement, hélas) :

  • > Didier BAYLE
    7 juillet 2011, par BARRY  
    reponse

    Je pense que l’action de Didier est à saluer et à encourager. Je suis un jeune fonctionnaire originaire de Mansila. Je travaille dans la justice de mon pays. Les habitants de Mansila souffrent énormément. Je suis de cœur avec vous. Merci.

  • > Didier BAYLE
    16 mars 2009  

    La France est un pays magnifique, Pour se faire connaître il faut fonder une association et comme par hasard ce sont toujours ceux qui sont "les moins secs qui réclament de l’eau gratuite" . à condition qu’elle soit payée par les autres. On a vu les dégats avec le Tsunami, avec Zoé, avec la Somalie et ainsi de suite. Alors tous ces apprentis de l’humanitaire me font sourire. On peut faire du tourisme utile sans passer dans les médias. A chacun son métier.

  • > Continuez à ne rien faire confortablement installé devant la télé.
    16 mars 2009  

    Effectivement, c’est plus facile de ne rien faire, et de critiquer. Continuez, si c’est votre choix. Pour les autres, il y a de quoi faire.

    Sur le terme "Aprentis", bien lire et bien s’infrmeer pur éviter d’écrire n’importe quoi ... Eau Vive c’est tout le contraire ; depuis 30 ans, des pros africains sur le terrain. Ici, nous collectons les fonds et faisons connaître leur travail.

  • > Nicolas BAYLE
    16 mars 2009, par DLA (Dédé La cAta)  

    "Nicolas BAYLE, Président de la dynamique délégation d’Eau Vive à Pau"

    A ne pas confondre avec notre stade d’eaux vives... smiley Tout l’inverse : le gaspillage indécent d’un côté, l’humanité et le courage d’une association en face.

  • > Didier BAYLE
    17 mars 2009  
    Eh bien, pourquoi ne pas nous aider ? Contactez-nous 06 77 84 21 17 ou eauvive.pau@free.fr

  • et une exposition à Lacommande
    16 mars 2009, par La Route des Vins du Jurançon  

    jusqu’au 8 avril 2009, une exposition photos sur les actions d’Eau Vive Sahel "un trait d’union entre les hommes" à La Commanderie de Lacommande.

    entrée libre et gratuite de 14h00 à 18h00 les mercredi, samedi et dimanche.

    org : La Route des Vins du Jurançon www.vins-jurancon.fr 05 59 82 70 30

  • > et une exposition à Lacommande
    16 mars 2009, par NATO  
    J ai eu la chance de pouvoir travailler avec EAU VIVE au Burkina Faso sur des chantiers de reboisement en brousse. Ils font un boulot formidable et la grande majorité des fonds qu’ils collectent vont effectivement au développement sur le terrain. Ils ont, aussi, le soucis de former et de faire travailler des animateurs endogènes avec toutefois un petit bémol...Ces animateurs locaux bénéficiaient parfois d’une rente de situation telle qu’elle les transformaient en une espèce de petits roitelets fermement décidés à préserver leur "fromage" y compris en n’allant pas au bout de leur mission qui consiste à aider les paysans à accéder à leur autosuffisance alimentaire et donc à n’avoir plus besoin de l’aide d’une ONG. Mais peut-être qu’EAU VIVE a rectifié le tir en gavant un peu moins ses animateurs locaux car mon histoire se passait en 2002.

  • Voilà une question à laquelle il importe de répondre de manière détaillée.
    17 mars 2009  

    J’ignore quelle était la situation à l’époque. Aujourd’hui, pour les opérations en cours, Eau Vive s’appuie sur son partenaire local, le CRUS (Conseil régional des Unions du Sahel) avec ses responsables locaux et ses animateurs villageois qui sont des salariés du CRUS. Eau Vive apporte au CRUS un appui financier pour son fonctionnement et un appui technique (formation) pour bien mener ses tâches. Par ailleurs, Eau Vive dispose sur le terrain d’assistants techniques de projets et de chefs de projets chargé de la supervision des opérations au quotidien, salariés d’Eau Vive (et non indemnisés par Eau Vive). Nous ne sommes donc pas dans la situation décrite et il n’y aucun risque de tomber dans ce type de travers.

    Pourquoi ne pas venir nous aider ? 06 77 84 21 17 ou eauvive.pau@free.fr

  •    
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Max Moreau
    Martine Lignières-Cassou
    Marc Cabane
    Georges Labazée
    Nathalie Chabanne
    Jean-François Maison
    Gérard Trémège
    Jean-Paul Matteï
    Jean Glavany
    Yves Urieta
    Christian Pèes
    Mariano
    L’or ne pourrit pas.
    Nathalie Chabanne
    Questions à Jean-Pierre Bel
    Pascal Boniface et Julien Pardon
    Georges Labazée
    Sylvie de Sury
    André Cazetien
    Xavier CEYRAC



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises