Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Hélène LÉROU-POURQUÉ

lundi 15 juin 2009 par Bernard Boutin


Hélène LÉROU-POURQUÉ a la difficile charge de mettre en « musique » la culture paloise. Pas une mince affaire tellement le foisonnement créatif est varié sur la ville, tellement le besoin d’organisation se fait ressentir.
Communiste, elle a une vision populaire de la diffusion de la culture. Le plus grand nombre doit être touché. Tous et partout. Une tâche pas facile. Les nouvelles équipes achèvent de s’installer et les premiers projets se font jour. 2009 sera année de transition, 2010 nous permettra de bénéficier plus pleinement de son action... et d’en juger.

Alternatives-Paloises - Pourquoi avoir été nommé à la culture ? Quelle est votre expérience en la matière ?
Hélène LÉROU-POURQUÉ - C’est une proposition de Martine Lignières-Cassou à ma formation politique (le Parti Communiste). La sensibilité éducation populaire qu’elle porte a retenu son attention et elle attendait de moi que je l’assume. C’est une marque de confiance et en même temps un énorme défi.

Enseignante en Histoire Géographie, j’ai réalisé beaucoup de projets culturels, notamment dans le secondaire, avec des enfants de tous milieux sociaux. J’ai vraiment la conviction que quand on propose des projets de qualité de haut niveau avec des cheminements bien balisés, tout le monde peut accéder à des contenus riches. C’est cette expérience-là que je souhaite déployer à l’échelle de la ville.

Elue communiste, qu’est-ce que cela signifie par rapport à votre vision de la culture ?
Elue communiste, c’est vraiment mettre au cœur de l’engagement politique l’intérêt général. Il ne s’agit pas de ne pas prendre en compte les intérêts particuliers mais bien les mettre en retrait par rapport au bien de tous. C’est aussi une autre gestion des biens publics. C’est encore s’assurer que la politique culturelle irrigue l’ensemble des territoires. On ne peut pas faire la même chose pour tous mais chaque fois chercher à conquérir de nouveaux publics et surtout les plus éloignés de la culture.

Après 14 mois en poste, quelles sont vos bonnes et mauvaises surprises ?
La bonne nouvelle, c’est le foisonnement de la vie associative paloise mais aussi la qualité des services publics qui ont été construits de longue date. Il y a vraiment un héritage. La mauvaise surprise, c’est peut-être « l’entre-soi ». Chaque association, chaque sensibilité culturelle s’adresse bien souvent à un public cloisonné les uns des autres. C’est une ambition que j’ai de décloisonner tout ça, créer des ponts. Les nouvelles générations y sont très réceptives. Je m’en rends compte dans certains spectacles. Je pense au hip-hop, au cirque. Il y a moyen de croiser les publics.

Quand vous parlez compétences du côté des services publics, vous pensez à quoi...
La bonne volonté des individus qui y sont. Les questions se posent plus en termes d’organisation. Le gros chantier de l’année aura été de recruter des directions nouvelles pour le Conservatoire, pour l’ESAC, une chargé de mission pour le label « Pau, ville d’Histoire », un directeur administratif pour l’OPPB et pour coiffer tout cela le directeur des affaires culturelles, Frantz Delplanque qui a une riche expérience derrière lui, très diversifiée sur l’ensemble de la France. Nous avons vraiment des moteurs. Une équipe très ambitieuse avec des compétences, de fortes personnalités. Je crois qu’avec ces personnes là, on va pouvoir donner une impulsion forte aux services.

Vous venez de dire qu’il y a un foisonnement à Pau. On entend beaucoup de Palois dire qu’il ne se passe jamais rien à Pau. Alors comment on règle ce décalage ?
Il y a un gros souci de communication. Cela fait partie des chantiers que nous avons ouverts. Jusqu’à maintenant, ce qui se fait, relève du cloisonnement dont je parlais tout à l’heure. Chaque association, chaque service a une forme de communication qui lui appartient. Il y a bien le « Cultura Pau » qui veut rassembler tout ça mais il ne permet pas de s’y repérer. Ce foisonnement est sans ligne directrice, sans possibilité de s’y repérer. Nous avons donc un chantier qui est, peut-être de distinguer la communication information au quotidien, d’une communication qui aide le public à se repérer. Je pense qu’il faudra jouer sur la complémentarité des outils.

L’excellence à Pau, elle se trouve où, au-delà des services administratifs, au niveau culturel lui-même...
Je dirais l’excellence clairement définie, c’est l’orchestre de Pau. Il y a bien entendu la scène conventionnée dont on reconnaît la qualité de la programmation extrêmement pointue et ambitieuse qui remplit les salles...

Populaire ?
Populaire, je ne sais pas. Il faudrait voir la composition du public. Même si le public s’y retrouve d’année en année, il est vrai qu’on est « coincé » par la taille du théâtre Saragosse. Il y a l’alternative du Zénith où l’on retrouve un public nombreux. La question d’une salle d’une jauge intermédiaire est une question qu’il faut clairement affronter.

Le Zénith, comment peut-on faire pour que son « coefficient de remplissage » soit supérieur ?
Le dossier est à remettre à plat. Il faut donner à l’équipe qui gère la Zénith la mission de démultiplier les programmations pour qu’il puisse être beaucoup plus rempli. Il y a une réflexion à avoir sur les tarifs mais je crois qu’il ne faut pas galvauder ce qu’est le Zénith. Il est fait pour un certain type de spectacle. Par contre, ce qui relève de la musique symphonique, du théâtre, même si techniquement des choses ne sont pas impossibles, cela ne me semble pas le lieu de prédilection où il y aura la réponse.

Aujourd’hui, 4 priorités...
La première, c’est le chantier de réorganisation des services pour que l’on ait réellement la colonne vertébrale qui permettra de dynamiser la vie culturelle. Deuxième grosse priorité, le chantier de la médiathèque qui va permettre aux palois de s’approprier ce projet qui va faire du quartier des Halles un véritable cœur de la vie culturelle au centre de la ville. D’autant qu’à côté, il y a le deuxième chantier prioritaire. Celui de l’ESAC (Ecole Supérieur des Arts et de la Communication) qui sera logé dans le couvent de la Miséricorde.

C’est une Ecole assez méconnue des Palois...
Oui, elle est assez en marge. En la mettant à côté de la Médiathèque, elle sera au cœur de la ville avec notamment la Galerie Sagasse qui sera enfin largement ouverte au public. Elle est aujourd’hui confidentielle vu l’emplacement actuel de l’Ecole. La rendre visible de l’extérieur sera un moyen de rendre plus lisible ce qu’est l’ESAC. Le travail des étudiants est de très grande qualité et ce qui est fait en ce moment auprès du bassin d’eaux vives est remarquable.
Troisième priorité, construire un partenariat avec la vie associative sur des bases renouvelées. La reconduction des subventions est un éternel rituel qui a pu entraîner une certaine stérilisation de la vie culturelle au nom de la routine. Mettre en place un conventionnement, participer à la construction des budgets qui expriment un projet venant en complémentarité de la politique culturelle de la ville...
Dernier point, les projets pour Pau 2010 avec la création d’évènementiels tournants autour des quatre centième anniversaire de la mort d’Henri IV et deux centième anniversaire de l’avènement de Bernadotte qui pourraient être l’amorce d’une démarche renouvelée d’année en année.

Pavillon des Arts : on y fait quoi et comment répond-on aux demandes des artistes peintres ?
Le Pavillon doit être soumis à une réfection parce que c’est une nécessité. Il va devenir le lieu de présentation du projet urbain pour Pau, le lieu de débat pour que les palois deviennent aussi les acteurs plutôt qu’ils ne subissent que les décisions des élus. C’est une volonté des « nouvelles pratiques municipales ». Mais il sera aussi le lieu d’évènementiels. Dès l’automne prochain, il y aura la présentation d’ « Un aller et retour dans le noir » qui donnera une idée de ce qu’on peut y faire. Il sera l’occasion de nouveaux cheminements dans le centre-ville.
Pour répondre aux besoins des peintres qui sont divers, on ne peut pas donner une seule réponse. Ce qui pourrait répondre à la fonction d’exposition des peintres pourrait être le réaménagement du presbytère à côté de l’Eglise St Martin, un lieu très central, accessible aux personnes à mobilité réduite ; ce qui n’est pas le cas du Pavillon des Arts. Il permettait aussi d’aménager un espace de vie dans un lieu coupé de la vie urbaine alors que nous souhaitons voir animer de plus en plus ce quartier. On sait que les peintres demandent aussi à se rencontrer. Ce lieu pourrait y participer.
Mais il y a aussi des demandes d’espace de travail par les peintres. Une partie du Foirail pourrait répondre à cette demande en favorisant l’échange avec le public.
Une enquête va aussi être faite auprès des peintres de Pau par un peintre, Régis Estéves, qui s’est proposé de la mener pour réfléchir à la mise en place de l’espace de travail demandé. Nous accompagnons ce peintre dans cette démarche démocratique et autonome.

La réunion publique du 18 mai sur la Culture n’a pas eu lieu. Quand se tiendra telle ?
Elle aura lieu, j’espère en Septembre. Nous laissons le temps aux nouveaux cadres embauchés de s’approprier leurs dossiers pour pouvoir nous faire des propositions. Le temps aussi d’élaborer Pau 2010. Je pense qu’en septembre, nous serons en capacité de faire une présentation qui montre nos orientations.

Au niveau de la Transparence et des conventions avec les associations, quand pourront-elles être rendues publiques ?
Avoir mis en ligne le montant des subventions a déjà été une révélation pour de nombreuses associations ; ce qui crée un nouveau débat. C’est déjà une avancée en matière de transparence pour le budget culture.
Le travail sur les conventions, c’est un peu plus compliqué ; mais pourquoi ne pas l’envisager dans un futur prochain.

-  propos recueillis par Bernard Boutin

PS : En pièce jointe les subventions attribuées à la culture au titre du budget 2009. A noter que le budget de l’OPPB n’apparaît pas, il fait partie des « budgets compensatoires ».

Documents liés
  SUBVENTIONS CULTURE 2009
Word - 47 ko
 

[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Hélène LÉROU-POURQUÉ
19 juin 2009, par Bernard Boutin  

Puis-je vous demande d’arrêter de vous batailler sur le dos du PCF ? L’objet de l’article est la diffusion de la culture à Pau et la méthode arrêtée par la ville.

Comment voulez-vous que des politiques contribuent à la vie du site d’A@P si par derrière le forum est hors sujet ?

Le jour où le PC aura des « pratiques » locales inacceptables, A@P saura le dire.

Merci pour votre collaboration.

Bernard Boutin

  • > Hélène LÉROU-POURQUÉ
    19 juin 2009, par Marc  
    Ne dites pas vous, M. Boutin. C’est M. Lou Tillous, et lui seul, qui a pris prétexte de l’entretien sur la culture pour ressortir, comme il le fait chaque fois, ses obssessions d’anti-communiste primaire. En tant que modérateur vous n’auriez pas du laisser passer son message et ces échanges n’auraient pas eu lieu. Bien à vous.

  • > Hélène LÉROU-POURQUÉ
    19 juin 2009, par pehache  

    Comment voulez-vous que des politiques contribuent à la vie du site d’A@P si par derrière le forum est hors sujet ?

    Certes. Mais d’un autre côté quand on pose des questions en lien avec l’interview, on n’a pas de réponses.

  • dialogue...
    19 juin 2009, par Marc  

    Exactement. On attend toujours les réponses aux questions pertinentes de Pehache, notamment sur le financement de l’ESAC et la publication des conventions avec les associations.

    Si les élus s’intéressent au forum d’A@P, cela ne doit pas être simplement pour faire des déclarations mais aussi pour répondre aux questions des internautes.

  • > Hélène LÉROU-POURQUÉ
    19 juin 2009  

    Madame LEROU POURQUÉ pourrait-elle sortir de la contradiction suivante

    une charte des associations est voulue par la députée-maire Mme Lignières-Cassou et Madame Lerou Pourqué, dans le même temps, qui annonce qu’il serait délicat de faire connaître les conventions passées entre la mairie et les associations subventionnées ???

    > Hélène LÉROU-POURQUÉ
    17 juin 2009, par Alexandra  

    à Pau on aime commémorer. On vient de célébrer le centenaire de l’aviation grâce à la CCI et au Régiment des hélicoptères. On s’apprête à commémorer Bernadotte (200 ans) et Henri IV (400 ans). Pourquoi se limiter, pourquoi oublier des commémorations moins heureuses ? comme juin 2007 et juin 2006.

    juin 2007 ouverture d’une enquête judiciaire, consécutive à ...

    juin 2006 Festival du FIPAU inscrit à l’encre rouge

    Il faut commémorer ; car si A Labarrère n’est plus là, si la Justice s’endort à dire ce qu’il y a eu réellement et s’il y a eu faits délictueux, il faut savoir tirer des enseignements pour que ce genre de catastrophe ne se reproduise pas.

    > Hélène LÉROU-POURQUÉ
    15 juin 2009, par pehache  

    Celui de l’ESAC (Ecole Supérieur des Arts et de la Communication) qui sera logé dans le couvent de la Miséricorde.

    Au sujet de l’ESAC : est-ce bien le rôle d’une commune de financer et de gérer un établissement d’enseignement supérieur ? Au-delà de la mise à disposition des locaux, quelle est précisément l’implication financière de la ville dans l’ESAC ?

    La question d’une salle d’une jauge intermédiaire est une question qu’il faut clairement affronter. [...] mais je crois qu’il ne faut pas galvauder ce qu’est le Zénith. Il est fait pour un certain type de spectacle. Par contre, ce qui relève de la musique symphonique, du théâtre, même si techniquement des choses ne sont pas impossibles, cela ne me semble pas le lieu de prédilection où il y aura la réponse.

    Je ne comprends plus très bien : pendant la campagne, la liste Cap et Coeur avait clairement assumé le fait de ne pas envisager la contruction d’une nouvelle salle de spectacle. Aujourd’hui cela semble poser problème !

    Si on ne veut pas une nouvelle salle, le zénith est la solution naturelle : il est sous-utilisé donc largement disponible, et techniquement comme vous dites tout est possible. L’agrandissement de l’auditorium du palais Beaumont, comme on l’a déjà lu ici même, et vu les travaux que cela impliquerait, ressemblerait fort à la construction d’une nouvelle salle sans le dire...

    Avoir mis en ligne le montant des subventions a déjà été une révélation pour de nombreuses associations ; ce qui crée un nouveau débat. C’est déjà une avancée en matière de transparence...

    Certes, mais la mise en ligne des montants des subventions ne date pas de cette année : c’est le cas depuis 2006 au moins (avant je ne me souviens pas).

    Le travail sur les conventions, c’est un peu plus compliqué ; mais pourquoi ne pas l’envisager dans un futur prochain.

    oui, à Pâques ou bien à la Trinité smiley

    On sent très clairement des réticences à la mise en ligne des conventions mairie-associations. Le prétexte "c’est compliqué" est un... prétexte. Scanner les documents et les mettre en ligne est-il compliqué ? Dans ce cas on est nombreux à faire des choses compliquées dans la vie smiley !

    Là comme partout ailleurs c’est la volonté politique qui fait tout (ou pas) : la mise en ligne des videos des conseils municipaux est arrivée très vite après les élections. Pourtant faire des prises de vue video, des montages, avec parfois des incrustations de diaporamas, n’est certainement pas plus simple que de mettre en ligne des conventions d’associations. La différence c’est que pour les videos il y avait la volonté politique que ça se fasse. Pour les conventions cette volonté n’existe visiblement pas (on pourrait même se demander si il n’y a pas la volonté politique que ça ne se fasse pas...)

       
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Max Moreau
    Martine Lignières-Cassou
    Marc Cabane
    Georges Labazée
    Nathalie Chabanne
    Jean-François Maison
    Gérard Trémège
    Jean-Paul Matteï
    Jean Glavany
    Yves Urieta
    Christian Pèes
    Mariano
    L’or ne pourrit pas.
    Nathalie Chabanne
    Questions à Jean-Pierre Bel
    Pascal Boniface et Julien Pardon
    Georges Labazée
    Sylvie de Sury
    André Cazetien
    Xavier CEYRAC



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises