Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Alice GHEORGHIU

lundi 7 septembre 2009 par Bernard Boutin


Le Tam Tam Théâtre fête ses 10 ans. Alice Gheorghiu et Thierry Lutz en ont fait un acteur incontournable de la scène théâtrale sur Pau. Alice revient sur les années passées et la méthode Tam Tam. Les mots clefs qui apparaissent avec régularité dans sa voix : l’humain, le contact, le collectif, la tendresse. L’écoute aussi. Celle de la demande du public et des acteurs.

Prévoyez donc de passer une soirée du côté de la Place du Foirail à l’occasion de la nouvelle création de l’équipe du Tam Tam Théâtre : « L’hiver, 4 chiens mordent mes pieds et mes mains » de Philippe Dorin. Vous y « prendrez du bon temps et peut-être même deviendrez-vous accro ! ». Et si vous ne pouvez y aller, regardez régulièrement la colonne dédiée à la culture sur A@P. Sur Pau, il n’y a que l’embarras du choix pour les sorties théâtres. Cet automne, soyez théâtre-attitude !

Alternatives Paloises - Le Tam Tam Théâtre fête ses 10 ans. Quand a-t-il été crée exactement ? Et, pourquoi ici au Foirail à Pau ?
Alice GHEORGHIU - L’association TAM TAM Théâtre a été crée le 19 septembre 1998. Le lieu lui a 10 ans et date de septembre 1999. La découverte de cet hangar, place du Foirail, avec son sol en béton complètement défoncé et ses puits de jour dégageait quelque chose de très positif. Il était de plein pied. Le coup de cœur a été instantanément. 
Le propriétaire qui allait louer à un garagiste, a préféré louer à une association théâtrale. Il a été très courageux parce qu’il a donné la priorité à un projet humain, artistique à la place d’un projet plus commercial. Jusqu’au jour de l’inauguration, il a été à nos côtés avec un pinceau dans la main pour nous aider.

Alternatives Paloises - En 10 ans, vous avez eu quelques temps forts...
Alice GHEORGHIU - Il y a eu les premières lectures de « Matca, la source » face à nos 20 premiers spectateurs. Cela nous a donné le gout de cultiver le spectacle dans ce lieu. Il y a eu ensuite « Henri IV » (Vive Henri IV ! ou La Galigaï de Jean Anouilh). C’était un moment magique. Nous avons crée des épisodes à partir de cette pièce qui était écrite comme un synopsis cinématographique. On s’est fait plaisir et joué sur 3 trimestres, 21 représentations. Il y avait des professionnels et des amateurs mélangés. C’était très fort. D’autres moments forts : « Qui perd Gagne », notre première participation au Festival d’Avignon.
Mais, 2008/2009 sera notre saison charnière où les plus belles rencontres artistiques voient le jour. De nouvelles relations se créent dans la structure avec trois nouveaux comédiens qui ont les mêmes désirs que nous et nous rejoignent. C’est un moment bouleversant autant humainement qu’artistiquement.

Alternatives Paloises - Tout cela s’est très positif, vous n’avez pas des moments difficiles, des moments de doute...
Alice GHEORGHIU - Des doutes, j’en ai au quotidien. Est-ce qu’on fait bien ? Est-ce que le public répondra positivement ? On travaille avec de l’humain. C’est éphémère, c’est fragile. Cela génère le doute. Mais il faut foncer, réaliser ses rêves. Des rêves que l’on doit partager.

Alternatives Paloises - Vous n’êtes pas un peu limité par la jauge de votre salle...
Alice GHEORGHIU - Oui, bien sur. C’est une petite salle mais c’est en même temps un grand lieu dans le sens où ce qui se vit émotionnellement entre le public et les artistes est puissant parce que la salle crée la proximité.
Il ne faut pas aussi oublier que nous sommes une équipe d’artistes, de créateurs et non pas des diffuseurs. Nous n’avons pas envie d’avoir un gros lieu qui permettrait uniquement de rentabiliser nos spectacles.
Ici, nous sommes dans une jauge qui ne permet pas de payer plus de deux personnes par représentation. Nous sommes donc obligés de jouer plusieurs fois... C’est aussi grâce à la reconnaissance de nos tutelles que l’on peut générer des cachets même s’ils sont minimes.

Alternatives Paloises - Il y a beaucoup d’offre théâtrale sur Pau en allant du professionnel à l’amateur, quelle place spécifique aimeriez-vous donner au Tam Tam Théâtre ?
Alice GHEORGHIU - Notre ligne artistique est celle d’un théâtre plus contemporain qui se tourne autant vers le jeune public que le tout public. Elle veut s’adresser au plus grand nombre et chaque fois englobe la question de l’humain à l’intérieur des pièces. On essaye de trouver des pièces qui dégagent de l’amour, de la tendresse. Ce sont des mots que l’on a envie de cultiver de plus en plus dans nos créations. Essayer d’aller plutôt vers l’onirique que le noir, vers du suggéré qui fait rêver.

Alternatives Paloises - Avant d’être « administratrice de production », vous êtes comédienne. Le Tam Tam Théâtre grossissant, vous êtes de moins en moins sur les planches...
Alice GHEORGHIU - A partir du moment où j’ai ma place dans le projet Tam Tam, que je construis avec tout le monde, qu’il y a des réalisations pour le public et l’équipe artistique, je trouve ma place. Je réponds à une demande.
Evidemment, j’ai une formation de comédienne. J’ai beaucoup de plaisir à jouer. Ce qui était le plus difficile, c’était d’avoir un « parallèle » : être administratrice. Vu l’ampleur que prenait le Tam Tam, après l’avis d’un consultant qui est venu se pencher sur la vie du Théâtre, nous avons dû mettre en place une personne capable d’administrer et gérer les projets. J’avais une formation qui répondait à cela. D’où le choix.

Mais, si je suis beaucoup plus sur l’administratif depuis 3 ans, le fait de créer un collectif d’artistes, de les voir à l’ouvrage, de les entendre parler, me donne le désir de revenir sur les planches. Je pense qu’à un moment donné, je vais pouvoir le faire. J’ai la chance d’avoir Sabrina qui travaille aussi sur la direction des projets... (ndlr : Sabrina s’occupe d’administration et de communication au TTT)

Alternatives Paloises - 2009, c’est le bond en avant. Trois comédiens en un coup. Qu’est-ce qui provoque ce pari ?
Alice GHEORGHIU - Le désir de créer un collectif d’artistes au quotidien. Les conditions financières n’étaient pas initialement réunies, les aides ponctuelles pour les créations. De plus , faire venir des artistes à Pau de temps à autre représentait des coûts « énormes ».
Aujourd’hui, le Tam Tam Théâtre est conventionné par le département, la ville nous suit, de même les autres tutelles (ndlr : région, DRAC), on s’est dit qu’un « collectif au quotidien », renforcerait tout le monde et répondait aussi à une demande paloise.

Alternatives Paloises - Les palois vont-ils régulièrement au théâtre et à ceux qui n’y vont pas donnez-leur une bonne raison de s’offrir une soirée théâtrale...
Alice GHEORGHIU - Les palois, ils vont au théâtre. Ce sont souvent les mêmes (rire...).
Au niveau national, il y a 12 % de la population qui va au théâtre et 7% des 12 sont des enseignants. On ne va pas se résigner avec ces chiffres. Il y a un travail de terrain à faire que l’on a entamé depuis un moment. Nous avons maintenant un public qui n’allait jamais au théâtre.
On voit sans arrêt de nouvelles têtes qui se rendent compte que notre théâtre n’est pas pour l’élite, qu’il est très accessible et que la salle permet le contact. Les personnes, à la fin du spectacle, ne vont pas directement vers la sortie mais vont, soit à la rencontre de l’équipe artistique, soit à la rencontre de l’équipe du Tam Tam. Un contact se crée. Cela devient de plus en plus convivial.
Je crois que dans ce monde où tout passe de plus en plus par l’informatique, la communication par internet, il y a ce besoin de retrouver le contact avec l’autre. C’est ce que l’on cherche à cultiver. On y arrive. On prend du bon temps et on y devient accro...

-  propos recueillis par Bernard BOUTIN

PS : Plus sur la saison à venir du Tam Tam théâtre : http://www.alternatives-paloises.com/article.TTT
Et bien entendu sur le site : http://www.tamtamtheatre.fr/


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



   
 
 
 
Les rubriques d’A@P
Citoyenneté
A compte d’auteurs
"Arpenteurs sans limites"
"Les sorties de Michou"
"Un samedi par semaine - tome 2"
"Un samedi par semaine - tome I"
Au ras du bitume
Enquêtes
Evasion
Maréchaussée Paloise
A@P.com
Courrier d’e-lecteurs
Hommes et femmes d’ici !
Opinion
Portraits, Entretiens
Tribune Libre
Humeurs
La Charte d’A@P
Le défouloir !
Les cartons
Les cartons mi-figues mi-raisins
Les cartons rouges
Les cartons verts
Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
Vu dans la presse
”Les Causeries d’A@P”
Détente
Loisirs
Spectacles
Economie
Aéroport Pau-Pyrénées
Enjeux
Enjeux environnementaux
Enjeux européens
Enjeux sociétaux
Grand Pau
Lescar
Billère
Gan
Gelos
Idron
Jurançon
La CDA Pau-Pyrénées
Lons
Point de vue
Grands projets
"LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
Nouveau complexe aquatique de Pau
Nouvelle voie routière Pau-Oloron
Nouvelles Halles de Pau
Pau
Du Côté des Quartiers
La vie
Une idée pour la ville
UPPA
Politique
Forums des Partis
Politique locale
Politique régionale et nationale
Territoires
Aragon
Béarn
Bigorre
Espagne
Europe, Monde
Pays Basque, Euskadi
Pyrénées
 
   
 
  Envoyer à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)



[ Imprimer cet article ]
 


 
Autres articles

Max Moreau
Martine Lignières-Cassou
Marc Cabane
Georges Labazée
Nathalie Chabanne
Jean-François Maison
Gérard Trémège
Jean-Paul Matteï
Jean Glavany
Yves Urieta
Christian Pèes
Mariano
L’or ne pourrit pas.
Nathalie Chabanne
Questions à Jean-Pierre Bel
Pascal Boniface et Julien Pardon
Georges Labazée
Sylvie de Sury
André Cazetien
Xavier CEYRAC



[ Haut ]
 

Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises