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Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique

mardi 12 janvier 2010 par Bernard Boutin


TOTAL inaugurait hier avec Christophe de Margerie, directeur général , et Valérie Letard, secrétaire d’Etat chargée des technologies vertes, mais en l’absence du Ministre Jean Louis Borloo, son pilote de captage et stockage géologique de CO2 à Lacq.

Indiscutablement TOTAL voulait que les décideurs locaux et la Presse soient rassurés par les moyens mis en place. De nombreux panneaux expliquaient le « process » de ce « pilote » qui doit permettre de stocker sous le puits de Chapelle de Rousse 120.000 tonnes de CO2 « industriel » en deux ans. Une visite commentée du site  montrait plus encore, dans le détail, les choix technologiques et sécuritaires faits.

Le démarrage de l’opération aura couté 60 millions d’euros à TOTAL en recherche et développement qui a retenu comme technologie de captage « l’oxydocombustion  » mise au point dans les laboratoires d’Air Liquide.

120.000 tonnes en 2 ans, c’est environ ce qu’émettent 40.000 véhicules pendant la même période. Une goutte d’eau dans l’océan de CO2 produit chaque année en France : 550 millions de tonnes !

Il n’empêche que ce pilote, qui ne représente que 1/10e de ce que serait un site industriel de captage de CO2, est suivi avec beaucoup d’attention ; la récupération de CO2 aurait un marché potentiel de 600 milliards d’euros à l’horizon 2030.

Ce test de 2 ans ne devrait occuper à terme que 20 à 25% de l’espace disponible dans la « cache » de Chapelle de Rousse. Au bout de 2 ans, les couts d’exploitation étant connus, la faisabilité du développement industriel pourra être envisagée.

Il faudra pour cela que soit connu le droit d’émettre un tonne de CO2 (15 euros actuellement) et le comparer au coût d’enfouissement de la même tonne de CO2. L’absence de prise de décision à Copenhague sur les droits d’émission et leur coût créant un manque de visibilité dans les anticipations.

On voit que l’on a affaire à un dossier complexe où les logiques financières, plus que les contraintes écologiques, donneront ou non un avenir à la méthode de captage/stokage testée à Lacq.

A terme, la récupération et le stockage de CO2 pourrait représenter un tiers des émissions de CO2 dans le monde et intéresser 7.000 installations industrielles d’ici à 2050 (centrales électriques à énergie fossile, aciéries, cimenteries, raffineries...)

On mesure là l’importance des enjeux économiques cachés derrière le « pilote » de Lacq.

-  Par Bernard BOUTIN


Valérie Letard,

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Votre commentaire



> Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
12 janvier 2010, par Carola  

TOTAL très pédagogique...est pour ma part un titre qui fait très peur.

Et je ne suis spécialiste de rien en la matière....

Je réagis par inquiétude comme un vulgum pecus devant l’exploitation des ressources de toute sorte à flux tendus au mépris de leurs conséquences sur l’humanité....dont TOTAL s’est montré être un grand pourvoyeur à coups de pétroliers pourris battant pavillon panaméen avec équipage pakistanais etc...

Et à présent, voilà le recyclage de notre pollution par des techniques d’enfouissement comme si l’enfouissement ne présentait aucun caractère de risque, aucune limite, aucun revers, aucune conséquence écologique...

Je doute de cette croyance aveugle.

Nous sommes engloutis de déchets, la terre est sucée par les techno-lobbies scientifiques et énergétiques dont la chimie écrase la vie dans ses possibilités de recomposition naturelle....

TOTAL appartient à la logique d’une gigantesque pompe à fric à laquelle nous sommes tous conviés quotidiennement par des injonctions de consommer plus...

Cela me fait l’effet d’un gâteau pourri dont on a tous mangé jusqu’à l’obésité. Le pétrole vient à manquer ? Qu’à cela ne tienne, on recycle d’abord la pompe à fric, le reste, on verra plus tard. Enfouir du CO2, serait un nouveau gâteau ?

En lisant cet article et vos commentaires, intéressants et avisés d’ailleurs sur le sujet, m’est revenu en mémoire une conférence de Jean-Marc Jancovici sur l’énergie, le bilan carbone et le réchauffement climatique.

Certes, cela n’est pas en lien direct avec ce que propose TOTAL.

Je sais juste que le CO2 est un gaz inerte.

Mais dans une logique d’association d’idées, je vous propose quand même ce lien

http://storage02.brainsonic.com/customers2/entrecom/20080227_Spie/session_1_fr_new/files/index.html

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    12 janvier 2010, par Bernard Boutin  
    storage02.brainsonic.com

    Le lien activé :

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    13 janvier 2010, par Louis H  

    Non Carola

    Je sais juste que le CO2 est un gaz inerte

    Le CO2 n’est un gaz inerte (alors que l’azote est un gaz inerte). C’est bien pourquoi le CO2 réagit au sens chimique. Exemple de base : il acidifie l’eau (voir le Perrier ou le champagne) et aussi les océans nous dit-on. Et c’est pourquoi les plantes fabriquent des carbohydrates avec le CO2 présent dans l’atmosphère. Mais c’est aussi le CO2 qui (lentement) a transformé et transforme encore les roches, le basalte et la silice. Sans oublier que CO2 + hydrogène + énergie (beaucoup) => méthane + eau

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    12 janvier 2010, par Contribuable Palois  

    M. Boutin,

    Vous passez à côté de l’essentiel : cette technologie (déjà pratiquée ailleurs dans le monde depuis 15 ans) peut rendre acceptable une installation industrielle puisqu’elle deviendrait du même coup "zéro émettrice". Mais à Lacq l’oxygène pur en comburant apporte un plus.

    Une usine libérant du CO2 dans son processus mais où le captage serait de 100% devient plus attractive. L’emploi d’oxygène pur (à la place de l’air atmosphérique d’oxygène et d’azote) réduit le volume total des gaz résiduels puisqu’il n’y a plus d’azote dans les rejets. Facteur de 4 à 1 quand même.

    Ne trouvez-vous pas qu’un incinérateur, une centrale de chauffage municipale, une usine de ciment avec ZERO CO2 libéré dans l’atmosphère ça devient nettement plus admissible pour le citoyen ?

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    12 janvier 2010, par pehache  

    Ne trouvez-vous pas qu’un incinérateur ... avec ZERO CO2 libéré dans l’atmosphère ça devient nettement plus admissible pour le citoyen ?
    Et les dioxines ?

    A force de se focaliser sur le CO2, on en oublie tout le reste, qui est peut-être pire.

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    12 janvier 2010, par Louis H  

    Les risques de dioxines des incinérateurs imposent d’avoir des gens compétents car il faut contrôler et maîtriser la température à l’incinération, ce qui n’a pas toujours existé. La dioxine est un composé organochloré, formé par oxydation lors de la combustion Si la température est celle d’une simple combustion => risque réel de fabriquer des dioxines. Les exemples abondent :
    -  incinérateurs de 1ère et 2ème générations mal régulés,
    -  destruction des déchets de bois par le feu,
    -  les barbecues
    -  le chauffage au feu de bois en chaudière standard,
    -  la combustion d’une cigarette (jusqu’à 2 picogramme de TCDD par cigarette), etc

    Aujourd’hui les méthodes et les appareils ont changé. On exige la très haute température d’env 1200°C pour l’incinération ; à ces température le foyer est jaune à orangé clair. Un foyer de combustion dans les nuances du rouge est inacceptable.

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    12 janvier 2010, par pehache  
    Voilà pour la théorie, LH. La pratique c’est que les incinérateurs rejettent toujours des dioxines. Chaque incinérateur en rejette moins que par le passé car les normes sont plus sévères, mais comme il y a bien plus d’incinérateurs qu’avant...

  • > Captage/Stockage du CO2 : TOTAL très pédagogique
    12 janvier 2010, par Autochtone palois  

    La maitrise d’un processus passe par l’identification des points hors contrôle (accidents), par exemple sur le taux de dioxine instantané anormal, qui permettent une analyse des causes et de prendre des actions correctives et d’amélioration.

    Mais on raisonne trop souvent en moyenne : exemple du suivi de la qualité de l’air, où on nous donne une moyenne hebdomadaire ou mensuel des polluants, ce qui rassure, alors qu’il serait plus sérieux de nous donner aussi et surtout le nombre d’incidents et leurs causes.

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