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La LGV, en veut-on oui ou non ?

mercredi 27 janvier 2010 par Le Masque de Pau


Même s’il entre dans sa phase de réalisation active, le projet de LGV Sud Ouest est encore loin de réaliser l’unanimité. Pour preuve la manifestation de samedi dernier qui a réuni 13.000 opposants, et le récent affichage d’Europe Ecologie contre le projet.

Sans compter les difficultés pour arriver à un consensus des Régions concernées sur le financement de l’équipement ... Les opposants de tout bord soupèsent ils bien les conséquences de leur refus ?

Deux évènements récents mettent en lumière une forte opposition au projet de la LGV Sud Ouest.

Tout d’abord, la prise de position d’Europe Ecologie, contre cette liaison, et qui défend plutôt le renforcement des liaisons interrégionales.

Politiquement, c’est un avis qui a du poids, eu égard bien sûr au score de ce mouvement aux dernières élections européennes, mais surtout parce que qu’il va à l’encontre de la volonté affichée par le PS qui préside les principales Régions (Poitou-Charentes, Aquitaine et Midi Pyrénées), et bien des départements concernés.

L’opposition sur ce sujet entre les deux principales formations des (futures ?) majorités régionales, nécessite qu’il y ait pendant la campagne électorale une véritable clarification afin que les citoyens sachent à quoi s’en tenir. Au-delà du calendrier, c’est la position du mouvement Vert qui interpelle. Autant son opposition à l’autoroute Pau Bordeaux A65 est dans la logique de son refus d’une augmentation du trafic routier et du « tout voiture », là, par contre, on ne comprend plus bien... Améliorer considérablement les liaisons ferrées de proximité est une bonne chose, surtout quand on mesure l’état calamiteux de certaines lignes (Pau Bayonne, par exemple) !

Mais pourquoi faudrait il le faire au détriment du TGV, reliant le territoire du Grand Sud Ouest aux autres régions de France et d’Europe ? A quoi bon opposer ces deux visions, qui relèvent d’évidence d’un registre différent (le local et le continental), mais bien complémentaire ? Nous vivons dans un bassin de vie qui souffre de son enclavement, et qui a un criant besoin de s’ouvrir à l’heure où les années faciles de la fin de la rente gazière de Lacq s’approche à grands pas. Dans ce cas, la véritable alternative à la route est bien le rail. Le rail et pas l’avion, écologiquement onéreux, et en Béarn scandaleusement cher pour l’usager (en l’absence de réelle concurrence).

Le TGV est bien la liaison la plus démocratique entre les villes et les Régions.

A moins que le modèle prôné par la mouvance Ecologique ne soit le repli sur son propre territoire, mais ce serait alors un choix de société, qui tendrait vers le malthusianisme et le moins-disant. Il faudrait l’afficher clairement, et surtout bien en mesurer toutes les conséquences, notamment le risque d’appauvrissement économique à long terme, car rien n’indique aujourd’hui que le besoin de communication ira à l’avenir en diminuant, et ceux qui s’orienteraient vers des choix inverses risquent de prendre la lourde responsabilité du déclin des territoires dans lesquels ils vivent...

Qu’y a-t-il de commun entre les Verts et les Occitans de Libertat, qui veulent, en refusant eux aussi la LGV, détruire une société capitaliste mais sans plus annoncer concrètement quelle société (et quelles libertés) ils proposent pour le futur.

Ensuite, il y a la manifestation « anti-LGV » qui a rassemblé 15.000 personnes dans le Pays Basque samedi dernier. C’est là un autre phénomène, qu’il faut analyser avec beaucoup d’attention. Il ne s’agit pas là simplement d’une opposition idéologique au projet (même si cette dimension était bien présente à Hendaye ).

Mais il y a également, semble t’il, la réaction de défiance d’une population vivant sur un territoire déjà très fortement urbanisé, et subissant depuis une décennie une pression immobilière et spéculative intense. Cette situation empêche déjà nombre d’habitants « permanents » de se loger sur la Côte Basque dans des conditions financières décentes.

Ce qui est en cause, ce sont les conséquences non maîtrisées du développement d’un tourisme « haut de gamme », qui irrigue certes la bande côtière et son arrière pays, mais qui, à force, crée une césure avec les activités économiques et sociales « traditionnelles ». ce mécanisme est déjà à l’œuvre ailleurs en Europe, et dans des zones bénéficiant de conditions climatiques, touristiques ou de qualité de privilégiées, comme la Côte d’Azur, la Costa del Sol, le grand sud Londonien ou l’ouest Parisien. Avec la nécessaire cohabitation, sur un même territoire, d’habitants ayant souvent peu avoir en commun (résidence permanente ou pas, centres d’intérêt, niveau de vie, ...), d’où la difficulté à maintenir une solidarité minimale entre groupes de population hétérogènes.

Et puis, il y a de plus le risque de défiguration du tissu urbain créé par les nouvelles infrastructures ferroviaires. Malgré toutes les protections prises, les indemnisations souvent généreuses et les études d’impact, les oppositions locales sont en générales de plus en plus fortes face à de tels projets.

Comment apaiser les tensions et répondre aux inquiétudes ? Si la protection de l’environnement immédiat à la nouvelle LGV passant en territoire urbain est possible (moyennement un surcoût important qui devra bien être payé par l’usager ou les habitants), il faut cependant bien avouer qu’il n’y a pas de remède miracle face au problème spéculatif et démographique.

Enfin, le plus décevant reste le manque d’accord à ce jour entre les Régions concernées, s’agissant du volume du financement apporté par chacune à la LGV. Cela témoigne de la difficulté des décideurs en question à penser globalement un projet de grande ampleur pour « leur » territoire. Et ce, bien qu’ils soient voisins, ayant normalement le même intérêt de développement économique et social, et qui plus est la même orientation politique ! On a plutôt l’impression d’assister à une querelle de boutiquiers au XIXème siècle, alors que l’enjeu est l’un des principaux projets d’infrastructure national de la nouvelle décennie...

En conclusion, n’oublions pas que le temps de trajet est actuellement presque deux fois plus long entre Paris et Pau (ou Toulouse) qu’entre la capitale et Montpellier (ou Marseille), de l’autre côté de l’hexagone, et pour des distances comparables... Si rien n’est fait pour rééquilibrer rapidement cet écart, les conséquences au détriment du Grand Sud Ouest risquent d’être ravageuses dans une génération, et c’est la jeunesse actuelle qui en pâtira alors. C’est là l’enjeu du débat, essayer de voir à long terme, et ne pas rester myope, ou affligé d’une vision partielle.

-par Le Masque de Pau


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Votre commentaire



> La LGV, en veut-on oui ou non ?
27 janvier 2010, par Rêveur des villes  

Depuis 20 ans, nos édiles se foutent de notre gueule à propos du train dans la région. La ligne Dax-Bx auraient pu être passée à 220 km/h depuis longtemps, mais rien n’a été fait.

Il y a pléthore d’administratifs qui font des enquêtes, compilent des chiffres etc à la région, la SNCF etc. Il suffit de montrer ces chiffres. Ils parlent d’eux-mêmes : quel coût pour tel tronçon de LGV ? Combien de clients potentiels ? Quelle est la subvention "acceptable" ensuite pour l’Etat sur un billet LGV Pau-Dax ? Comparaison avec ce qu’a changé la LGV dans le SE, proportionnellement à la taille des populations concernées. La réponse viendrait d’elle-même. Cela est simple. Pas besoin d’avoir fait une grande école qui fabrique des moutons. Mais la classe politique ne fait que des singeries. C’est tout noir ou tout blanc et on s’amuse.

Je crois que l’on s’achemine vers une LGV Dax-Orthez et un relèvement de vitesse sur Orthez-Pau. Enfin, on verra en juin...

Enfin, si Pau avait un réseau de TEC efficaces et une agglo bien structurée(merci AL, MLC, JP, YU), elle serait plus à même de réclamer une LGV car le nombre de passagers potentiels serait beaucoup plus élevé. Celui qui veut aller à Bx prend en général sa voiture parce que, souvent, il ne peut pas se rendre à la gare facilement et rapidement. S’il doit perdre déjà 3/4 d’heure pour se rendre à la gare en TEC...

> La LGV, en veut-on oui ou non ?
27 janvier 2010, par Maximo  

Croisé Henri Emmanuelli, hier, qui me répond sans l’ombre d’une hésitation :

" Mais non, la LGV viendra jusqu’à Pau en suivant à peu près l’autoroute. Le barreau de 1000 m sera annoncé en juin. C’est une certitude. Plus tard elle sera poursuivie jusqu’à Tarbes. "

Sacré scoop, non, ou j’ai rien compris ? smiley

  • > La LGV, en veut-on oui ou non ?
    28 janvier 2010, par Bruno  

    Maximo

    Le TGV, et non la LGV, suivra l’autoroute certes, mais l’A 64, entre Orthez et Pau et comme la voie ferrée actuelle. Emmanuelli est à la fois fin et fourbe, (il est béarnais). Dans les Landes, nul n’imagine une voie directe Pau-Mont de Marsan. Lorsqu’on constate les contestations actuelles concernant le tracé Captieux-Mont de Marsan, on imagine celles qui se dresseraient dans l’hypothèse d’un barreau au travers du Tursan ou de la Chalosse, autrement plus denses et vallonnés. Je le disais la semaine passée : c’est plié, et regrettable.

    L’article du Masque de Pau est autrement très bon.

  • > Beaucoup de bruit pour rien !
    27 janvier 2010, par Daniel Sango  

    Le débat sur la LGV reste toujours manichéens avec des affirmations souvent fausses

    Tout d’abord un fait : la LGV ira jusqu’à Dax

    Les problèmes qui agitent le microcosme local n’interviennent qu’ensuite. Alors arrêtons de présenter le problème comme du tout ou rien puisque 90% du trajet Pau Paris se fera en LGV. La suite se fera "au pire" avec un train rapide et sans doute avec des fréquences élevées.

    Non Pau ne sera pas enclavé ! Entre les extrémistes de la LGV et la réalité, il y aura une différence de quelques minutes mais surtout de quelques centaines de millions d’euro (1 milliard probablement)

    Quant à la manne de la LGV, elle ne dépendra que de l’action des béarnais.

    Mais il est plus facile pour nos politiques de créer une agitation inutile sur un thème pour lequel leur pouvoir est nul, que de faire face à leurs réelles responsabilités locales.

    Que l’on commence par gagner des dizaines de minutes pour circuler dans l’agglomération paloise.Cela ne dépend que de l’action de nos élus.

    > La LGV, en veut-on oui ou non ?
    27 janvier 2010, par Perplexe  

    La fin du gisement de Lacq, le désenclavement... sont toujours les arguments avancés pour le développement économique de la région par la LGV, l’autoroute... J’ai déjà écrit que l’aéronautique béarnaise s’est hissée au niveau mondial dans l’"enclave", ce qui prouve bien que les transports ne sont un handicap que pour certains types d’activités. Et si l’on utilisait enfin nos arguments pour préparer le futur : un environnement très agréable, une nature pas trop défigurée ; reste donc à créer un urbanisme adapté comme l’a su faire Montpellier par exemple.

       
     
     
     
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