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Fernando CUEVAS

lundi 22 mars 2010 par Bernard Boutin


Fernando Cuevas anime avec "maestria" depuis 16 ans à l’Ecole Supérieure de Commerce de Pau, un cycle de conférences ouvert à tous. Son carnet d’adresses lui permet de faire venir de belles pointures et les Palois se précipitent aux conférences. Ses clefs : sens de l’organisation, doigté, charme et... un accent inimitable. Rencontre avec un homme qui participe pour beaucoup à l’image de l’ESC.

Alternatives Paloises - Depuis quand organisez-vous des conférences à l’Ecole Supérieure de Commerce et comment ont-elles évoluées dans le temps ?
Fernando CUEVAS - Nous avons commencé en 1994 avec des grands patrons, des chefs d’entreprises, des directeurs financiers, des ressources humaines etc. pour qu’ils puissent rencontrer les étudiants. L’idée était de créer un échange. Quelques années plus tard, nous avons voulu ouvrir les conférences à des scientifiques, philosophes, économistes. On a alors crée un cycle de rencontres qui s’intitulait « Sciences et Entreprises ». Ce cycle a commencé avec Albert Jacquard, Edgar Morin, Michel Crozier, Alexandre Adler, Jacques Attali, Luc Ferry, etc. Au début, nous avions 4 conférences annuelles. Le succès aidant, nous sommes passés à 10/12 par an.

Alternatives Paloises - L’organisation de ces conférences représente un travail important et en plus, il faut les financer...
Fernando CUEVAS - Il y a un long travail préparatoire. Une analogie : Les jeux olympiques durent deux semaines mais demandent 4 années de préparation. Une conférence dure deux heures mais représente des journées de travail.
Il faut aussi du financement car les intervenants sont des professionnels qui sont payés entre 2 000 et 5 000 euros. J’ai une liste de grands conférenciers potentiels que je présente aux entreprises qui vont participer au financement en échange d’une conférence dans leurs locaux, d’un repas de midi avec leurs cadres et d’un diner avec les personnalités que l’entreprise souhaite inviter pour venir à la rencontre du conférencier. Cela nous permet d’offrir une conférence gratuite à l’Ecole Supérieure de Commerce à 18h30 pour nos étudiants et public en général.

Alternatives Paloises - Quel type d’entreprise allez-vous voir ?
Fernando CUEVAS - Principalement de grosses entreprises comme TOTAL, Messier Dowty, Turbomeca etc. Une fois l’entreprise trouvée, mon travail consiste à contacter les conférenciers afin de leur faire une proposition bien structurée : programme, philosophie de la conférence, sponsors, offre financière. Il s’agit de les convaincre de venir. Ce n’est pas parce qu’on met des sous qu’ils viennent facilement !
Une fois qu’ils sont d’accord, il s’agit de d’élaborer un contrat avec le conférencier et un autre avec l’entreprise, mettre au point des affiches, une présentation du conférencier, faire la promotion auprès d’un fichier de 800 personnes, de librairies etc.

Alternatives Paloises - Vous arrivez à faire venir combien d’auditeurs aux conférences ?
Fernando CUEVAS - Cela est très variable. Les étudiants en première année ont l’obligation de venir. Ils représentent 200 à 250 personnes auxquels s’ajoutent les cadres de l’entreprise, le public en général.
En fonction du conférencier, nous avons entre 150 et 800 auditeurs. Notre record, c’était Boris Cyrulnik. Ce jour-là, on a dû ouvrir l’amphi 300, l’amphi 100, faire aussi une projection au foyer et à l’amphi de la Chambre de Commerce ! Albert Jacquard avait mobilisé 600 personnes. Luc Ferry, la semaine dernière, 550. La moyenne est entre 300 et 350.

Alternatives Paloises - Vous tenez à ce que ces conférences soient ouvertes au plus grand nombre.
Fernando CUEVAS - C’est indispensable ! On est bien entendu dans une Ecole de Commerce. Certains me disent : « Une place au théâtre, c’est 20 à 30 euros. Pourquoi ne pas facturer 10 ou 15 euros aux participants autres que les étudiants ? Tu aurais fait rentrer dans les caisses de l’école 5.000 euros à 7000 pour Boris Cyrulnik ... ». Je dis NON parce que nous souhaitons nous faire apprécier par la population paloise. Ce type de conférences, ouvertes à tout le monde fait partie -c’est le Président De Stampa qui le dit- de la responsabilité sociétale de la Chambre de Commerce. La CCI n’est pas uniquement au service des entreprises, l’Ecole de Commerce n’est pas uniquement au service des étudiants... nous sommes totalement au service de la population paloise. Mon rêve, c’est que les palois soient fiers d’avoir une Ecole de Commerce.

Alternatives Paloises - Vous devez aussi avoir des moments très forts...
Fernando CUEVAS - Il y a souvent des moments formidables. Des moments d’émotion quand les spectateurs viennent voir le conférencier pour lui dire combien ils ont appris ou encore que celui-ci a transformé leur vie... Ce sont souvent des humanistes qui créent ce genre de réactions comme Albert Jacquard qui vient chaque année à l’Ecole, André Comte-Sponville ou encore Luc Ferry. Les sciences humaines répondent à des attentes des auditeurs. Les gens veulent comprendre.
Récemment, j’ai reçu Jean Paul Betbèze, économiste en chef du Crédit Agricole et du LCL qui a impressionné tout le monde. Daniel Costantini, entraineur deux fois champion du monde de handball, nous expliquait avec une simplicité énorme qu’est-ce qu’une équipe, qu’est-ce qu’un coach ? Comment il doit s’adapter à l’équipe, aux individuels... même au climat. C’était passionnant.

Alternatives Paloises - Avez-vous un coup de cœur particulier ?
Fernando CUEVAS - Madame Hélène Carrère d’Encausse. C’est une grande dame. C’est le mot. Une grande personnalité, une grande classe, une culture extraordinaire. Quand elle raconte l’histoire de la Russie, elle l’a connait parfaitement. Elle a fréquenté tous les Présidents Russes depuis 30 ans. Quand elle parle, vous le sentez, vous le vivez avec une clarté de propos incroyable.

Alternatives Paloises - Quelle est la prochaine étape dans vos cycles de conférences ?
Fernando CUEVAS - Le mardi 23 mars nous recevons Hervé Sérieyx, un consultant qui a écrit une quarantaine de livres dont un très connu : « L’entreprise de troisième type ». Mais, c’est aussi un homme de théâtre, compositeur de musique, ancien directeur général adjoint chez Lesieur, créateur du cabinet de conseil -EUROQUIP , ancien délégué ministériel pour l’insertion des jeunes et actuellement il préside une association d’aide aux SDF. C’est un personnage formidable et très agréable.
Il va nous parler de la signification des réseaux dans une entreprise et de la confiance dans ces réseaux. C’est un sujet extrêmement important carune entreprise ne peut pas bien fonctionner sans instaurer un climat de confiance en interne et aussi avec ses interlocuteurs extérieurs..

Alternatives Paloises - Quel relationnel avez-vous avec les entreprises ?
Fernando CUEVAS - Je souhaite rendre un hommage aux dirigeants d’entreprises. Je sais que beaucoup vont dire : Que des capitalistes ! Que des gens qui ne pensent qu’à l’argent etc... C’est absolument faux. Ces entrepreneurs et dirigeants ont une curiosité intellectuelle énorme en ce qui concerne la compréhension du monde. Quand j’arrive chez eux avec ma liste de 30 ou 40 noms, souvent ils choisissent des philosophes. Ils veulent que leurs salariés trouvent un sens à leur travail, à leur vie. Pour eux il est très important de pouvoir réfléchir. Comme ils le disent : « on a le nez dans le guidon, et toi, Fernando, tu nous permets de mettre un peu d’oxygène dans notre vie... »


-  propos recueillis par Bernard BOUTIN

L’interview de Fernando Cuevas sur le portail de l’ESC Pau :  http://www.esc-pau.fr/actu_interviewfernando.htm
Les conférences à l’ESC Pau http://www.esc-pau.fr/entreprise_conferences


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Votre commentaire



> Fernando CUEVAS
24 mars 2010  
vérité.

Bonjour Fernando Cuevas, il en a traversé des épreuves...comme tout le monde mais la meilleure c’est bien celle-là- La reconnaissance d’un chef par ses employés c’est quoi ? ...la reconnaissance d’un employé par son chef c’est quoi ? je vais vous le dire c’est du harcellement moral pour qu’il s’en aille chacun ayant peur de perdre sa place. Dans une entreprise c’est comme en politique c’est la promotion des nuls ...les autres sont HS.

> Fernando CUEVAS
24 mars 2010  

Dans l’interview sur le site de l’ESC, je note ceci :

Parlez-nous de cette notion de « reconnaissance ».

De mon point de vue, la reconnaissance est le principal facteur de motivation. Bien sûr, pour certains, c’est surtout le critère financier qui prévaut, mais cela est une vision économique étroite. L’homme travaille pour satisfaire plusieurs besoins mais le principal est d’être accepté par autrui et apprécié par les autres pour donner du sens à sa vie.

C’est sans doute vrai à partir d’un certain niveau de rémunération et/ou de qualification (ça va souvent ensemble). Mais le critère financier reste sûrement prépondérant chez tous ceux qui gagnent (ou pas) juste de quoi satisfaire leurs besoins essentiels : se loger, manger, assurer un avenir à leurs enfants,... Une fois les besoins essentiels satisfaits, on peut devenir plus sensible à la motivation par la reconnaissance.

Après on va à mon avis rencontrer tous les cas, du travailleur associatif qui fait quelque chose qui le passionne et qui ne lui rapporte pas grand-chose, jusqu’au cowboy qui ne raisonne qu’en termes de profits.

Ceci étant posé, j’ai tendance à être d’accord avec FC sur l’importance de la reconnaissance par autrui comme motivation au travail, tout en me demandant quand même si ce n’est pas une vision très influencée par notre milieu socio-professionnel.

  • > Fernando CUEVAS
    24 mars 2010, par pehache  
    tiens, comment se fait-il que mon pseudo n’apparaisse pas sur le message précédent ??

  • > Fernando CUEVAS
    24 mars 2010, par Javier  
    Bravo Fernando

    Fernando nous permet depuis des années d’avoir à Pau des conférenciers de très grande qualité sur des thèmes toujours très riches qui font que nous sortons de ces rendez-vous quasi mensuels avec un regard différent sur le monde qui nous entoure, qui devrait alimenter notre réflexion et nos actions... Pas d’autres commentaires à ce jour ? Bravo Fernando, continue !

  • > Fernando CUEVAS
    25 mars 2010, par Carola  

    Ne serait-ce que par la consultation des thèmes abordés depuis septembre....

    Parmi lesquels "la médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique" de Roland Gori.....

    C’est presque une gageure dans une école de commerce et au regard du contexte actuel... Dès à présent bravo !

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