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Eric DOURNES

lundi 26 avril 2010 par Bernard Boutin


Eric Dournés est tout jeune. Pas 40 ans. Pourtant, on a l’impression en Béarn qu’il est là depuis bien, bien longtemps. Un évènement majeur à organiser ou à animer et, Eric n’est pas loin : Au Zénith, au Palais Beaumont, à la Foire Expo, à l’ESC...
Il a démarré tôt, à 21 ans, et est resté fidèle à ses premiers pas : animer, interviewer, organiser. Son "job", il le mène à 100 à l’heure en se reposant sur sa solide équipe de "Crea Sud Communication". Eric travaille plutôt 3 fois 35 heures.
Si les débuts n’ont pas été faciles. Aujourd’hui pouvoir interroger, échanger avec les grands de ce monde est un énorme plaisir pour lui, d’autant plus qu’il est payé pour le faire !
Aujourd’hui, il « performe » partout en France et pourtant, ses pas le reconduisent toujours à Pau... et, quand, l’interviewer devient l’interviewvé, il est intarissable. Il a tellement vu et tellement à dire.
Rencontre avec un homme à part dans le "microcosme" local.

Alternatives-Paloises - Producteur, animateur, chef d’entreprise, maître de cérémonie, vous avez de multiples casquettes, quelles sont celles que vous préférez mettre ?
Eric Dournès - La casquette d’animateur me donne aujourd’hui beaucoup de plaisir. Je suis passé à un stade où on me confie des animations de débats ou des interviews des personnes de tous horizons, ce qui rend l’exercice passionnant de part sa diversité. Oserais-je dire que je considère comme un véritable luxe que d’être payé pour côtoyer des décideurs, des politiques, des économistes...et pouvoir échanger avec eux ? Cela n’a pas toujours été le cas dans ma vie professionnelle...car contrairement à ce qu’on peut penser, je n’ai pas toujours été « facilement » à l’aise dans cet exercice. Mais aujourd’hui, peut-être parcequ’au bout de presque 20 ans de métier je me sens plus "légitime", que j’ai appris à maîtriser d’abord le direct en public, puis en radio et en TV, j’éprouve enfin un vrai plaisir à animer les formats que l’on me confie.
L’autre casquette que j’affectionne, c’est celle de producteur. « Assembler », diriger des équipes aux métiers très différents en étant responsable du résultat final, que l’on doit atteindre quelles que soient les difficultés ou les aléas, est assez excitant. Fabriquer ce moment privilégié qu’est par définition un événement, pour permettre aux uns de s’exprimer et aux autres de recevoir dans de bonnes conditions l’information , est une responsabilité dès plus intéressante.
Mais « Producteur », c’est aussi monter des projets divers et variés comme nous avons pu le faire au niveau du tourisme d’affaire, du très haut débit, de nouveaux modèles économiques créateurs d’activités etc.

Alternatives-Paloises - Certains évènements vous ont particulièrement marqué...
Eric Dournès - Surtout les grand défis du départ où il fallait créer de toute pièce à Pau, à la fin des années 90, des évènements avec des techniques innovantes à l’époque comme les régies vidéos, les duplex... C’est l’époque des grands barnums. Deux m’ont laissé des souvenirs particuliers : avoir fait venir Mickey à l’occasion des « Rendez-vous magiques de DisneyLand » durant fêtes de Noël en 1998 et permettre ainsi à des tas d’enfants de voir Mickey en face pour la première fois. Il y avait quelque chose de magique dans tout ça...même si, j’avoue, je ne suis pas un amoureux de Mickey !
Il y a eu aussi les « usines à gaz » que nous avons montées au Zénith où nous étions les premiers à mettre en place de grands spectacles locaux dans une salle de cette taille. C’est l’époque des « Pau, notre passion » avec Claudia Cardinale, Michel Drucker, Roger Hanin, Jean Claude Brialy... Nous partions de rien pour mettre en valeur des talents ou des forces vives locales...et arrivions à produire un spectacle qui attirait 3 à 4000 personnes. Cela laisse des souvenirs forts !

Alternatives-Paloises - Vous travaillez partout en France pour autant vous revenez toujours à Pau...
Eric Dournès - Habiter ici, plutôt qu’à Paris, avec la qualité de vie que l’on a, est une chance extraordinaire. Je suis très attaché à ce territoire. J’estime que je lui suis redevable. Des hommes et des femmes de tous horizons m’ont fait confiance quand j’avais 21, 22, 23 ans, et cela continue d’ailleurs, en confiant au très jeune chef d’entreprise que j’étais, des projets qui étaient pour eux importants. Ce territoire a été un laboratoire d’idées fabuleux. Si aujourd’hui j’anime des débats ou je monte des évènements un peu partout, c’est parce que d’abord j’ai pu tester les choses ici. C’est vrai que cela créait des attaches et des liens particuliers. J’avais d’énormes envies quand j’étais jeune. J’ai pu en mettre en place un très grand nombre simplement parce que les acteurs phares de ce territoire m’ont fait confiance.

Alternatives-Paloises - Ce territoire, quelles sont les grandes étapes qu’il ne doit pas rater ?
Eric Dournès - Il y a bien sur une étape autour des infrastructures. Pour être demain un carrefour, encore faut-il que les infrastructures soient en place : LGV, autoroutes, toutes formes de liaisons. Etre replié sur nous même, c’est tout sauf la solution.
Autre étape : capitaliser sur les richesses naturelles mais aussi sur celles dues à l’évolution économique de notre territoire .Nous avons à la fois un tissu d’entreprises de petites tailles et des grands donneurs d’ordres ; à la fois des matières premières et de la matière grise...C’est rare dans qu’un même territoire possède tous ces éléments disponibles. Mais, il va falloir arriver à prioriser un certain nombre d’axes de développement pour capitaliser sur ces atouts. Nous avons besoin de projets issus des collectivités qui soient lisibles, ambitieux et donnent une feuille de route autour desquels les forces vives vont pouvoir s’exprimer et/ou se greffer pour les 15 ans à venir.

Alternatives-Paloises - En 2009, vous annoncez sur votre site 119 animations et 600 interviews. Comment faîtes-vous pour tenir le coup ?
Eric Dournès - Deux réponses à cela : D’abord, une vraie organisation. La partie visible de l’iceberg, c’est souvent moi mais derrière, il y a 13 collaborateurs qui organisent les déplacements, la collecte de documentation, les pré-interviews, la fabrication des documents vidéos... etc. Tout cela nécessite une bonne équipe.
Ensuite, comment je fais ? Je n’ai pas beaucoup de mérites. J’ai la chance d’avoir un organisme qui récupère bien et rapidement. Si je n’avais pas cette santé là, je ne pourrais pas maintenir ce rythme.

Alternatives-Paloises - On l’a compris, vous avez une « pêche d’enfer ». Vous devez aussi avoir un jardin secret pour vous ressourcer ?
Eric Dournès - J’ai la chance de pouvoir couper facilement. Je passe d’un sujet à l’autre sans difficulté. Il en est de même pour passer du travail à la vie personnelle. Si mon volume d’heures consacré aux loisirs n’est pas énorme, il y est par contre pleinement consacré. Comme je dors peu, j’ai donc la chance de pouvoir lire, sortir et finalement avoir du temps pour moi.
J’ai aussi un petit jardin secret qui est ma terre d’origine située dans le Lauragais où se trouvent mes attaches et mes racines. J’y vais trop peu malheureusement. Mais, une fois là-bas, je suis totalement coupé d’une vie publique ou suractive. C’est le rythme et le regard de la vie de campagne dans laquelle j’ai grandi qui me permet de prendre beaucoup de recul.

Alternatives-Paloises - Les techniques de communications évoluent très vite. Votre métier a totalement changé en 15 ans ?
Eric Dournès - Totalement. Il y a 15 ans, nous étions des artisans. D’expérimental, au début, l’événementiel est aujourd’hui encadré et réglementé. Il faut tenir compte de toujours plus de réglementations. On n’organise plus un évènement de la même manière. Il faut faire très attention à la sécurité, la gestion du public, des mises en place techniques etc. De nouveaux métiers sont apparus : les chargés de sécurités, les régisseurs...
Les technologies ont beaucoup évoluées. Les NTIC ont changé totalement nos modes de liaison. Je ne ferai pas un tel nombre de manifestations sans internet, sans les moyens de communication d’aujourd’hui. Si on ne peut pas envoyer des fiches ou de la documentation à l’instant n’importe où, je ne pourrai pas faire grand chose.
On entre dans une époque où il n’y aura plus de barrière. Et cela va également profondément faire évoluer nos cœurs de métiers. Il y aura toujours d’un côté des manifestations où l’on communiquera les yeux dans les yeux, des manifestations avec des échanges humains. Elles resteront incomparables. Mais on aura aussi un autre mode de manifestations qui se feront à distance, avec des personnes réunies aux 4 coins de France ou du monde, et dans lesquelles il y aura de l’interactivité. De la même manière, on peut imaginer qu’il n’y aura plus demain de manifestation avec d’un côté ses acteurs, que nous sommes, et de l’autre ses spectateurs : ceux-ci pourront interagir en permanence...via leur téléphone par exemple.
J’ai toujours considéré l’événement comme un média auquel on pouvait donner un ton, une couleur, du contenu...un endroit qui permettait de véhiculer de l’information éditorialisée. De nouveaux modes de communication vont nous aider à encore améliorer cela. On pourra demain repartir avec de la documentation, avec un reportage, une interview...c’est passionnant d’imaginer cela...

Alternatives-Paloises - L’économie mondiale vient de connaître une forte crise. Vous rencontrez beaucoup d’acteurs politiques, économiques voire des philosophes. Cela vous donne t’il des idées fortes pour sortir de la situation actuelle ?
Eric Dournès - Ces rencontres me poussent en tout cas à me questionner sur la finalité de notre système. Je suis résolument pour la croissance, la production de richesses. Mais Je ne pense pas qu’un monde qui n’ait que la performance comme objectif, qu’un monde dont la finalité soit simplement quantifiable par des chiffres de résultats et où le capitalisme financier soit la priorité puisse être la solution.
Au bout du bout, l’humain doit être au centre de nos échanges... Il y a des formats autour du mutualisme, de la coopération, du travail en réseaux, quelques fois raillés dans les années 90, qui sont une autre façon de faire l’économie. Ces formats n’enlèvent pas le côté performant et efficacité nécessaire, car pour partager équitablement, encore faut-il créer de la richesse ! Mais ces constructions permettent des règles du jeu qui à mon avis sont plus solides sur le long terme.

Alternatives-Paloises - Un dernière question : Quelle est l’interview que vous auriez voulu faire, que vous rêveriez de faire et que vous n’avez pas encore pu faire ?
Eric Dournès - Un vraie grande question ?!... Je rêverai de mettre en face à face, de faire dialoguer des hommes de religion. Nous sommes en pleine crise du dialogue. Et celui entre les religions me parait indispensable, y compris chez nous. Créer ces rencontres me passionnerait.


- propos recueillis par Bernard BOUTIN

Plus sur Eric Dournès et ses sociétés : http://www.creasud.fr


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> Eric DOURNES
26 avril 2010, par le coq  

A partir de 8h30 le dimanche matin sur A2 il y a succession de toutes les religions avec des intervenants modérés et de qualité...le sujet étant sensible il est inutile de connaître les gourous locaux.Si vous voulez des reportages "chocs" faites des enquêtes dans toutes les maisons de retraite ce sera plus utile.

   
 
 
 
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