Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Pierre BOCHET

lundi 7 juin 2010 par Bernard Boutin


L’histoire de la Croix du Prince et de la Section Paloise sont intimement liés. Pierre Bochet, joueur et président de la Section « en son temps » est un peu la mémoire vivante de l’un et de l’autre. Alors que l’on va célébrer les 100 ans du Stade de la Croix du Prince, A@P vous propose un rapide panorama des grandes années de celui-ci. Cela commence en 1928. Cette année là, Pierre Bochet est dans la tribune pour voir jouer la Section contre les « All Blacks » ! Souvenirs, souvenirs.

Alternatives Paloises - Quand découvrez-vous le Stade de la Croix du Prince ?
Pierre Bochet - C’est très lointain ! En 1928, quand j’étais un gamin de 8 ans, la Section Paloise, championne de France cette année-là, recevait contre toute attente pour un match de propagande les « All-Blacks » ! L’équipe de Nouvelle Zélande était là en France pour sa toute première tournée. Un match avait été prévu contre le champion de France. Mon père ce jour-là n’a pas voulu rater cette occasion et m’a amené pour le première fois à la « Croix du Prince ».

Alternatives Paloises - La Section a gagné ?
Pierre Bochet - Non, bien sur que non. Mais cela fut un match magnifique où la qualité de l’opposant fait que nous avons eu une démonstration de rugby exceptionnelle.

Alternatives Paloises - A quoi ressemble la « Croix du Prince » à cette époque ?
Pierre Bochet - A n’importe quel stade de football ou de rugby. Il a déjà une capacité qui lui permettait d’accueillir 10.000 personnes mais en « forçant » terriblement. Il y avait des pesages (stationnement debout non protégé), les tribunes populaires debout, les tribunes assises et les loges ce qui faisait 4 catégories de prix et de places.

Alternatives Paloises - Vous êtes fasciné par les premiers matchs que vous voyez et n’avez de cesse que de jouer...
Pierre Bochet - Depuis la réussite de l’équipe de 1928, le rugby se développe chez les jeunes. Des équipes juniors apparaissent dans les clubs. C’est à ce moment-là qu’un ancien joueur de la Section championne de France, Robert Sarrade crée une formation pour les jeunes qui a lieu tous les jeudis après-midi. En 1936, je la rejoins à 15 ans alors qu’elle était pour les 16 à 19 ans !

Alternatives Paloises - En 1938, vous êtes champion junior du comité Côte Basque...
Pierre Bochet - A l’époque le comité du Béarn n’existe pas. Il sera crée plus tard. Tous les clubs des Landes et des Basses-Pyrénées faisaient partie du comité Côte Basque. Ce titre est une performance très estimable. Pendant la guerre, tous les matchs de compétition sont supprimés. Seuls des matchs amicaux sont joués.

Alternatives Paloises - En 1945, le championnat reprend...
Pierre Bochet - Et dès la fin de la saison, la Section est finaliste et devient pour la deuxième fois Championne de France en 1946 ! Je ne joue pas, avec grand regret, parmi mes anciens coéquipiers car j’ai été blessé pendant la guerre.

Alternatives Paloises - C’est le moment où va apparaître un personnage emblématique...
Pierre Bochet - Il n’apparait pas. Il émerge. Il s’agit du capitaine de l’équipe championne de France en 1928 : Albert Cazenave. Quand il cesse la pratique du rubgy, il devient en 1945, président de la commission rugby de la Section Paloise. Il sera la cheville ouvrière de la conquête du deuxième titre dès 1946.

Alternatives Paloises - C’est Albert Cazenave qui scelle définitivement les liens entre le stade de la « Croix du Prince » et la Section...
Pierre Bochet - Absolument. Le stade était situé sur 5 parcelles qui appartenaient à 5 propriétaires différents. La Section louait à cette époque le stade. Au fil de son mandat, il est parvenu à circonvenir l’ensemble de ses interlocuteurs pour que la Section Paloise puisse acquérir les terrains. Les acquisitions terminées en 1950, la Section pourra développer les aménagements intérieurs du Stade qui sont financés grâce aux succès sportifs du Club.

Alternatives Paloises - En 1950, Albert Cazenave devient Président de la Section Paloise...
Pierre Bochet - et, il le restera jusqu’en 1968. En 1964, il est pour la troisième fois champion de France. Cette fois-là, il l’est en tant que Président du Club. Il aura été champion de France joueur, champion de France entraîneur et champion de France président !

Alternatives Paloises - En 1985, c’est le drame pour la Croix du Prince.
Pierre Bochet - Oui, la Section quitte le Stade de la Croix du Prince pour s’installer au Hameau. Les (mauvais ndlr) résultats sportifs du club ne lui permettent plus d’assumer l’entretien financier de son stade ce qui la contraint à cette décision. Le manque de place entre aussi en compte. Le maire de Pau, André Labarrère, aide la Section à déménager au Hameau et renfloue les comptes de la Section en lui rachetant la Croix du Prince pour le montant de la dette du Club. La Section redevient locataire, au Hameau cette fois-çi.
Malgré cela, la Croix du Prince conserve son utilité puisque la Section a crée au fil des saisons des équipes secondes et troisièmes, des équipes juniors, cadettes et minimes. Toute cette activité ne peut pas se tenir au seul Stade du Hameau.

Alternatives Paloises - De tous vos souvenirs de la Croix du Prince, quel est le plus marquant ?
Pierre Bochet - Difficile question. Il y a eu tellement de matchs passionnants qui s’y sont déroulés avec de grandes équipes comme le Football Club Lourdais, l’AS Biterroise qui ont été champions plusieurs années. Leurs venues étaient toujours un moment formidable où la capacité d’accueil était très insuffisante face à la demande. C’est ainsi qu’est né la prise de conscience de l’insuffisance de la taille du Stade de la Croix du Prince par rapport au développement du rugby.


- propos recueillis par Bernard BOUTIN


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



   
 
 
 
Les rubriques d’A@P
Citoyenneté
A compte d’auteurs
"Arpenteurs sans limites"
"Les sorties de Michou"
"Un samedi par semaine - tome 2"
"Un samedi par semaine - tome I"
Au ras du bitume
Enquêtes
Evasion
Maréchaussée Paloise
A@P.com
Courrier d’e-lecteurs
Hommes et femmes d’ici !
Opinion
Portraits, Entretiens
Tribune Libre
Humeurs
La Charte d’A@P
Le défouloir !
Les cartons
Les cartons mi-figues mi-raisins
Les cartons rouges
Les cartons verts
Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
Vu dans la presse
”Les Causeries d’A@P”
Détente
Loisirs
Spectacles
Economie
Aéroport Pau-Pyrénées
Enjeux
Enjeux environnementaux
Enjeux européens
Enjeux sociétaux
Grand Pau
Lescar
Billère
Gan
Gelos
Idron
Jurançon
La CDA Pau-Pyrénées
Lons
Point de vue
Grands projets
"LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
Nouveau complexe aquatique de Pau
Nouvelle voie routière Pau-Oloron
Nouvelles Halles de Pau
Pau
Du Côté des Quartiers
La vie
Une idée pour la ville
UPPA
Politique
Forums des Partis
Politique locale
Politique régionale et nationale
Territoires
Aragon
Béarn
Bigorre
Espagne
Europe, Monde
Pays Basque, Euskadi
Pyrénées
 
   
 
  Envoyer à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)



[ Imprimer cet article ]
 


 
Autres articles

Max Moreau
Martine Lignières-Cassou
Marc Cabane
Georges Labazée
Nathalie Chabanne
Jean-François Maison
Gérard Trémège
Jean-Paul Matteï
Jean Glavany
Yves Urieta
Christian Pèes
Mariano
L’or ne pourrit pas.
Nathalie Chabanne
Questions à Jean-Pierre Bel
Pascal Boniface et Julien Pardon
Georges Labazée
Sylvie de Sury
André Cazetien
Xavier CEYRAC



[ Haut ]
 

Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises