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Jean François MAISON

lundi 5 juillet 2010 par Bernard Boutin


Jean François Maison est discret mais toujours précis que cela soit pendant ses interventions au conseil municipal de Pau ou lors d’une interview. On sent l’homme qui maîtrise son sujet : L’Ousse des Bois. Il travaille dessus depuis 1998. Il aura fallu 15 ans pour peu à peu gommer « un point noir » et rendre aux habitants le plaisir d’habiter où ils vivent. Demain, ce quartier sera comme les autres. Seul gros challenge pas réglé à ce jour : l’emploi. Il y a 40% de sans emploi sur le quartier. Tout est dit sans langue de bois.
Plus de 15 ans pour réhabiliter un quartier ! Le temps des citoyens n’est pas le temps des politiques. Entretien avec un politique bien à sa place.

Alternatives Paloises - Vous êtes en charge de la réhabilitation du quartier de l’Ousse des Bois. Où en est-on ?
Jean François Maison - Aujourd’hui, les choses avancent bien d’autant que nous ne partons pas de rien. La réhabilitation a commencé en décembre 1998 quand la ville de Pau a voté un projet urbain et social pour ce quartier. Nous sommes dans la continuité de cette avancée. Entre temps, nous avons été aidés par l’Etat et Pau a été retenue dans le cadre de l’opération de renouvellement urbain, l’ORU qui, avec la nouvelle équipe gouvernementale, est devenu l’ANRU, l’Agence de Renouvellement Urbaine. Cette agence apporte des soutiens financiers à des projets locaux qu’elle valide.

Alternatives Paloises - Cela concerne combien de logements et pour quelle population ?
Jean François Maison - Les barres et les tours ont été construites entre 1962 et 1969. 880 logements avaient été mis en place pour loger principalement les rapatriés d’Algérie et les salariés du bassin de Lacq en plein développement à ce moment-là. Il avait fallu trouver des solutions rapides de logements pour ces deux apports de populations nouvelles en Béarn. On est passé de 4000 habitants dans les années 60 à un peu moins de 2000 aujourd’hui.

Alternatives Paloises - Le plus gros de la réhabilitation est derrière vous ?
Jean François Maison - Oui. Toutes les opérations de démolitions sont derrière nous maintenant. Elles concernaient plus de 300 logements. C’était une partie de l’opération, extrêmement sensible. Depuis, on a reconstruit essentiellement des bâtiments bas ou des pavillons, voire du R+1, c’est-à-dire des villas avec au-dessus un appartement complètement indépendant. Ces logements répondent bien à la demande des habitants.

Alternatives Paloises - Qu’en est-il pour les logements qui n’ont pas été démolis ?
Jean François Maison - On procède pour ceux-ci à des réhabilitations lourdes, pas des réhabilitations à la petite semaine si j’ose dire. Ces bâtiments de plus d’une quarantaine d’années s’y prêtent bien. Les travaux sont importants avec y compris de l’isolation extérieure tant thermique que phonique. Il faut être très vigilent sur ces questions-là.

Alternatives Paloises - Le quartier est-il devenu un quartier comme les autres ?
Jean François Maison - En 12 ans, on a complètement remodelé l’image de ce quartier. On a dépassé le milieu du gué même si le travail n’est pas complètement achevé. Nous pouvons parler de « victoire psychologique ». L’Ousse des Bois est déjà de plus en plus intégré dans le quartier du Hameau. Je pense que dans 3 ou 4 ans, lorsque le parc urbain, le pôle éducatif et culturel seront réalisés, l’Ousse des Bois sera alors bien « greffé » au quartier du Hameau et deviendra un espace comme un autre à Pau.

Alternatives Paloises - Pour « banaliser » l’Ousse des Bois, il fallait favoriser de la « mixité sociale »...
Jean François Maison - Il fallait la favoriser et sur les logements récents de type pavillonnaire ou maisons de ville, la règle que nous nous sommes fixés avec les bailleurs sociaux, c’est de faire du 50-50 ; 50% des habitants originaire de la cité, 50% de personnes venant d’autres horizons au moment de déposer leur dossier.

Alternatives Paloises - L’emploi reste le principal problème d’Ousse des Bois...
Jean François Maison - C’est un problème majeur. Nous y travaillons avec les partenaires dont c’est davantage la mission : Pole Emploi, GIP-DSU (Groupement Intérêt Public Développement Social Urbain). Par rapport à la réalité économique actuelle, nous essayons d’apporter un certain nombre de marchepieds au public le plus éloigné de l’emploi qui leur permette d’y avoir accès. Le chômage représente 40% de la population soit 4 fois plus que la moyenne nationale.

Alternatives Paloises - Les CV anonymes, les « statistiques ethniques », ce sont des solutions...
Jean François Maison - Le CV anonyme, pourquoi pas ? Mais, il arrivera le moment où la personne va être confrontée à la réalité du rendez-vous avec l’employeur avec tout ce que cela demande au niveau des compétences. Il faut donc aller plus loin que cela. Il convient que l’entreprise se rapproche des quartiers et se rende compte à un moment donné qu’il y a là aussi des énergies extrêmement positives.
On a reçu samedi à l’occasion de la fête du quartier Aziz Senni (NDLR :  site internet) qui avait écrit il y a quelques années, « L’ascenseur social est en panne, j’ai pris l’escalier ». Il a bien réussi. Il a crée son entreprise qui marche bien et emploi e des dizaines de salariés. Même en ayant un parcours moyen au niveau des études, comme il nous le rappelait samedi, il s’en est complètement sorti et essaye de mettre le pied à l’étrier à d’autres. La situation est grave mais pas désespérée.

Alternatives Paloises - Quand on leur donne une chance, ils savent la prendre...
Jean François Maison - Pour certain d’entres eux. C’est jamais acquis mais il est de notre ressort de bien expliquer notre difficulté de donner une chance et leur montrer qu’il faut savoir la saisir. Il y a ce travail pédagogique à réaliser.

Alternatives Paloises - Le centre social du Hameau remplit bien sa mission d’accompagnement...
Jean François Maison - Pour les vieux palois, le centre social a eu depuis une vingtaine d’années, un fonctionnement très cyclique. Aujourd’hui avec la CAF qui est un gros financeur, bien entendu la ville mais aussi le Conseil Général et le GIP-DSU, à quatre nous essayons de l’accompagner pour qu’il puisse obtenir son réagrément et à partir de là, effectuer ses missions au mieux avec surtout une feuille de route pour les 4 à 5 années à venir.

Alternatives Paloises - Après 12 ans de travail, « Ousse des Bois » reste-il un dossier « lourd » ou y prenez-vous plus plaisir à le traiter ?
Jean François Maison - On a aujourd’hui la satisfaction de se dire que l’on peut mesurer le boulot effectué. Toute la ville de Pau doit se réjouir de cette situation nouvelle. C’était une espèce de point noir. Je me souviens il y a quelques années, on parlait de Pau au journal de 20 heures et des problématiques sur le quartier. Aujourd’hui, c’est moins le cas. On a marqué l’essai, dans 3 à 5 ans on aura transformé la pénalité et gagné le match.


-  Propos recueillis par Bernard Boutin


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Votre commentaire



> Jean François MAISON
8 juillet 2010, par le coq  
un bon demi point

J’ignore s’il fait bien son travail mais tout ce qui va dans le bon sens se remarque. Moins de présence dans les faits divers, diminution de la population de ce quartier marginal par sa volonté corporatiste, amélioration de l’habitat, moins d’agressions garanties par le corporatisme. Tout ceci est positif et si dégonfler l’Ousse des Bois c’est gonfler Saragosse là ça ne va plus ! Il faut donc être vigilant. En tout "homme politique" il y a une face cachée. Donnons lui quand même un bon point car il a la modestie des résultats et la lucidité des problèmes. Bon courage JFM

   
 
 
 
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