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Jean Baptiste BERNADOTTE (Pau 1763 - Stockholm 1844)

lundi 30 août 2010 par peyo


Peut-on expliquer pourquoi et comment Bernadotte maréchal d’Empire a pu attirer la sympathie des Suédois, au point de devenir (presque par accident) roi de Suède ? Hasard, circonstances certainement, mais ça ne suffit pas à expliquer ce parcourt. Dont le moindre paradoxe n’est pas d’avoir contraint la Cour de Suède et les administrations des deux royaumes de Suède et de Norvège à utiliser la langue française !
 
N’étant pas historien patenté je rapporte quel était l’environnement politique de la Suède de 1810 et j’identifie des éléments qui jalonnent l’enchaînement conduisant Jean Baptiste Bernadotte du statut de Maréchal d’Empire, duc de Pontecorvo, jusqu’au trône du royaume de Suède.
 
 Selon la légende il s’engage dans l’armée en 1780 pour ne pas suivre les traces de son père, avocat à Pau. Sergent en 1789, il est général des armées de la Révolution en 1794, fait la campagne d’Italie, est ministre de la Guerre du Directoire. Nommé gouverneur de Hanovre par Napoléon, devenu maréchal d’Empire, il commande des armées en Allemagne, Autriche, Pologne. Il a épousé Désirée Clary (qui fut un temps fiancée de Napoléon) et ils ont acquis un château à Savigny le Temple.
 
 En novembre 1806, à la bataille de Lübeck, Bernadotte et Soult conduisent les armées de l’Empire contre la Prusse et Blücher est fait prisonnier. La ville, malgré son statut de neutralité, est livrée au pillage que les généraux ne peuvent contrôler. Bernadotte a eu les plus grands égards pour ce qui reste d’habitants à Lübeck et particulièrement pour les prisonniers suédois.
 
 Blessé à Spanden en 1807 Bernadotte est nommé, après sa guérison, gouverneur des villes hanséatiques, et chargé d’opérer contre la Suède. Il suspend les hostilités dès qu’il apprend qu’une révolution a renversé du trône Gustav IV Adolf de Suède, roi fortement anti-français (mars 1808). On trouve dans Wikipedia : "cette conduite loyale lui [JB Bernadotte] concilie l’estime et l’affection des Suédois, mais elle paraît avoir excité le mécontentement de Napoléon 1er, dont elle contrarie les projets. Bernadotte, pour lui, ne brille guère sur les champs de bataille : il reste inactif à Austerlitz, Auerstaedt, arrive après la bataille à Eylau".
 
 Bernadotte semble à cette époque avoir perdu sa "flamme" guerrière et est plus ou moins en disgrâce bien qu’il fasse encore quelques campagnes militaires.
 
 En Suède le roi destitué Gustav IV a été remplacé par son oncle Karl XIII. Le roi Karl XIII âgé de 61 ans et sans enfant a une attaque en 1809 ; le choix d’un héritier constitue une affaire urgente. En accord avec le Parlement Karl XIII adopte pour successeur le prince danois Kristian-August von Augustenbourg . Mais le jeune prince meurt en 1810, déclenchant une nouvelle crise politique, car le successeur voulu par certains pourrait être un autre prince danois, Frederik Kristian von Augustenbourg, le propre beau-frère du roi de Danemark. Les rivalités se manifestent, au cours de laquelle le comte Axel de Fersen (celui du collier de la reine Marie Antoinette) fut assassiné car partisan supposé du prince Gustav, le fils du roi destitué Gustav IV.
 
 Pour sortir de la crise la Diète cherche un héritier au trône qui soit acceptable ; le lieutenant suédois Karl Otto Mörner est envoyé en France comme messager chargé d’obtenir l’accord de Napoléon. Il est possible que ce soit l’initiative personnelle de Mörner de contacter des maréchaux et autres dignitaires français. Le trône est d’abord proposé à Eugène de Beauharnais (fils de Joséphine et donc le beau-fils de Napoléon). Mais Eugène refuse ... parce que sa femme , née princesse Augusta-Amélie de Bavière, ne veut pas aller s’établir en Suède. D’autres sources disent qu’il refuse à cause de l’obligation qui lui serait imposée d’abjurer la religion catholique pour la Réformée "Eugène de Beauharnais s’y était refusé, car sa femme n’aurait pu s’en consoler".
 
 Le trône est ensuite offert à Bernadotte, qui accepte. Une véritable campagne de propagande est organisée en Suède pour promouvoir Bernadotte, et là ses sympathies passées pour les Suédois ont pu porter. C’est ainsi que la Diète réunie en séance parlementaire à Örebro (200 km de Stockholm) élit Bernadotte comme prince héréditaire de Suède (21 août 1810). Sur le plan politique la Suède du roi Karl XIII (très diminué) et du prince héritier (connu dorénavant comme « Karl Henrik » Bernadotte) se joint tout d’abord à Napoléon, avant de prendre ses distances à partir de 1812, puis de rejoindre le camp des Alliés opposés à Napoléon dans la sixième Coalition Continentale contre la France. Le prince héritier Karl Henrik dirige l’armée du Nord en 1813, bat Oudinot, Ney, avance en Allemagne mais tergiverse pour ménager à Napoléon une possibilité d’accord, que celui-ci ne saisit pas. En sorte de récompense la Suède, en 1814, recevra définitivement la Norvège, qui jusque là était seulement province de Danemark annexée par la Suède.
 
 A la mort de Karl XIII le prince Karl Henrik devient roi sous l’appellation de Karl XIV Johan. Il se consacrera avec succès à la conduite des affaires de son royaume et parait avoir été apprécié de ses sujets. A noter que Désirée ne resta à Stockholm qu’un moment en 1810-1811 avant de regagner la France et sa propriété de Savigny-le-Temple. La reine ne s’établira en Suède qu’en 1823 année où elle sera couronnée reine de Suède sous le nom de Desideria.
 
 Jean Baptiste Bernadotte régna ainsi sous le nom de roi Karl XIV Johan de 1818 à 1844 ; la reine Desideria lui survécut jusqu’en 1860. Ils sont les fondateurs de la dynastie régnant actuellement sur la Suède.
 
Remarque : des Bernadotte vivent en France ; ils appartiennent à la branche aînée issue du frère aîné du père de Jean Baptiste Bernadotte (donc de son oncle). L’un d’entr’eux Bertil Bernadotte anime l’association Société des Amis du musée Bernadotte de Pau.
 
- par Peyo


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