Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

André Duchateau

lundi 18 octobre 2010 par Bernard Boutin


A@P continue son tour des conseillers généraux sortants du Grand Pau. Rencontre avec André Duchateau. Un conseiller un peu à part puisqu’il est aussi le premier adjoint auprès de Martine Lignières Cassou.
Une interview exclusivement tournée vers le Conseil Général, son fonctionnement, les satisfactions et regrets de l’élu dans sa mission. Un choix volontaire car avec André Duchateau, il y a tellement à échanger notamment sur IDELIS et le CCAS. Des sujets à voir plus tard.
Le conseiller général souhaite la nouvelle campagne qui s’annonce, elle sera l’occasion d’expliquer à nouveau aux électeurs, souvent éloignés du CG, a quoi sert notre administration départementale. En avant première, l’élu de Pau nord nous donne quelques bonnes raisons de ne pas rater l’élection de mars 2011.

Alternatives Paloises - Le canton de Pau-Nord est situé uniquement sur la commune de Pau. A-t-il une logique de territoire ? Correspond-il au conseil de quartier de Pau Nord ?
C’est un héritage des découpages de l’histoire. Avec 17.300 habitants, il présente des données économiques et sociales assez différentes aux quatre coins du canton. Au nord, il comprend le domaine de Sers, la forêt de Bastard. Au sud, il est limité par le boulevard Alsace Lorraine. A l’est par les avenues Dufau et Condorcet et à l’ouest par les avenues Jean Mermoz et Daurat. Le conseil de quartier a une excroissance vers le Boulevard de la Paix et l’avenue de Buros et n’a pas eu son sein le secteur CAMORS-FOUCHET-CARLITOS.

A@P - Vous êtes présent dans 3 commissions : la permanente, celle de l’action sociale et du logement et celle de l’insertion. Quels dossiers en particulier avez-vous pu faire avancer ?
Je suis les dossiers qui intéressent bien naturellement les palois mais c’est l’exécutif qui pilote les projets qui nous sont présentés. Nous sommes dans un rôle de validation ou d’opposition. Cela ne m’empêche nullement d’avoir aussi une vision plus large, totalement départementale, sur les grands thèmes comme ceux des personnes âgées, des infrastructures, des collèges, de l’agriculture, de l’urbanisme et du logement.
Pour les personnes âgées, elles et les familles payent le résultat d’une politique insuffisante face aux pertes d’autonomies et l’impossibilité du maintien à domicile. Malgré la volonté un peu nouvelle du Conseil général qui depuis 2 ou 3 ans d’essaie de rattraper le retard pour les places en établissements, c’est maintenant l’Etat qui ne peut plus suivre alors que durant les 20 années précédentes, c’était le Conseil Général qui ne voulait pas suivre. On en paye aujourd’hui les conséquences avec l’Etat qui ne peut plus financer les emplois de la partie soins sur de nouveaux projets.
Autre dossier : le FSL, depuis 2003-2004 les enveloppes dédiées au Fonds de Solidarité Logement restaient invariables alors que les besoins sociaux ont explosé dans la période. A force d’interventions répétées, l’année 2009 a enfin mobilisé des moyens plus conséquents.

A@P - Le fait d’être à la fois premier adjoint de la ville de Pau et conseiller général vous aide-il concrètement dans la réalisation de chacun de vos mandats ?
Tout dernièrement, j’ai défendu une posture différente de celle de l’exécutif du Conseil Général vis-à-vis des contrats d’agglomération et nous avons réussi à infléchir l’exécutif départemental qui considérait que l’agglo de Pau et l’agglo de Bayonne avaient le même périmètre financier pour les projets. L’agglo de Pau à 155.000 habitants, celle du BAB 115.000. Une différence de 40.000 qui fait que les frais à engager sur les projets ne peuvent pas être les mêmes. Nous avons obtenu une différentiation de 500.000 euros avec une enveloppe de 8 millions d’euros pour l’agglomération paloise et 7,5 millions pour le BAB. Cette différence est une première même si elle n’est encore que symbolique.

A@P - Avez-vous une idée de la connaissance que le public a sur le fonctionnement du Conseil Général ?
Les habitants ont à connaitre les politiques du CG quand ils sont confrontés à une difficulté sociale, un besoin comme celui d’un étudiant pour une bourse ou le transport scolaire. D’un point de vu général, les palois ne se lèvent pas tous les matins en se demandant ce que fait le Conseil Général !
Le public doit malgré tout avoir repéré les fonctions sociales du Conseil Général, les collèges, les routes même si la DDE reste encore dans les têtes...
La phase des élections est un temps éducatif, un temps d’attention qui permet pendant un trimestre de remobiliser les citoyens sur ce que fait le Conseil Général. C’est mon vécu.

A@P - Le projet gouvernemental tendant à faire de vous un conseiller territorial siégeant à la fois au Conseil général et au conseil régional vous convient-il ?
La véritable raison est malheureusement très politique. Elle permet au pouvoir central d’affaiblir le pouvoir local qui est fortement détenu par la gauche en diminuant de moitié le nombre d’élus locaux en créant ces postes de conseillers territoriaux.
La relation de proximité avec les habitants va en prendre un grand coup. Rencontrer 7.000, 18.000 voire 25.000 habitants pour certains cantons est un investissement lourd pour chaque conseiller général. C’est un sacrifice de vie personnelle qui est un choix mais demander de multiplier par trois le nombre de citoyens à représenter me paraît de nature à distendre les relations.
Cela va aussi diminuer le pouvoir de mobiliser les crédits au niveau local puisque les recettes fiscales qui sont collectées pour 30 à 35% par l’assemblée délibérante vont passer à 16 ou 17%. Les départements vont perdre beaucoup de marges de manœuvre.
Par ailleurs, l’inquiétude demeure sur la pérennité des compensations et reversements de l’Etat puisqu’il n’y a aucun engagement sur les sommes et leurs réévaluations au fil des années.

Je conteste l’idée reçue qu’il y ait trop de strates. Les habitants ont besoin plus que jamais de représentants proches. A un moment où se multiplient les problèmes sociaux, les crises individuelles, les exclusions, on a besoin de présence et si l’on diminue les personnes disponibles pour le faire, cela ne va pas dans le bon sens.

A@P - Malgré cela, n’y a-t-il pas trop de strates en France pour faire avancer les dossiers à une vitesse « normale » dans un monde où tout va vite ?
Il y a surement à repréciser les compétences des institutions existantes. Des exemples : Le Conseil Général a pu faire de l’économie alors que la Région en faisait. Celle-ci a pu faire du social alors que ce n’est pas sa compétence.
Il faut conserver ces institutions mais travailler sur la simplification des procédures d’appel d’offre, des procédures préalables imposées par l’Etat qui sont extrêmement lourdes d’un point de vue administratif et contraignent à s’adresser à de multiples cabinets d’études ce qui représente un coût financier et une lourdeur dans l’avancement des projets.

A@P - Quand vous regardez le travail accompli, avez-vous une satisfaction forte et une frustration forte ?
La grande satisfaction va pour la maison de retraite « Les Lierres », un dossier sur lequel je me suis beaucoup investi, avec le maintien de son activité et même son extension. Elle passe de 34 à 65 lits. Mais, quelle énergie il a fallu mobiliser ! Un véritable combat pour cet EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes âgées Dépendantes).
Mes convictions très fortes sont que le Conseil Général ne mobilise pas suffisamment de crédit et d’énergie sur les personnes en exclusion de logement ou en exclusion tout court. Depuis deux ans, nous avons une machine infernale qui est en marche. L’une des priorités à laquelle chaque citoyen doit prétendre, c’est d’avoir un toit. Les mesures ne protègent pas tout le monde de l’expulsion.
Malgré le RSA, c’est de plus en plus difficile de tenir avec 450 euros par mois plus une APL de 200 euros. Là, le Conseil Général n’est pas au rendez-vous des priorités notamment sur les outils d’accompagnement social de ces personnes.
Tous les lundis matin, le CCAS a une commission d’attribution des secours et l’énoncé des rapports sociaux des habitants nous fait ressortir en fin de matinée chaque fois plus secoué. Ce sont des réalités qui doivent être mieux prises en compte.

A@P - Le Conseil Général 64 avec une majorité et une opposition de même poids 26-26 fonctionne-t-il ?
Il fonctionne mais pas à la hauteur de ce que pour quoi la démocratie existe. Nous sommes dans un équilibre obligé sans débat d’idées. Il est souhaitable que l’on sorte de ce fonctionnement qui est un peu contre nature. Bien évidemment, je souhaite que le Conseil passe à gauche mais ce sont les citoyens qui décident...

A@P - Premier adjoint, conseiller général, vice-président du CCAS, Président du Syndicat Mixte des Transports de Pau Porte des Pyrénées, comment faîtes-vous pour mener à bien autant de missions différentes ?
Il n’y a que 2 mandats (Premier adjoint et Conseiller), les autres sont des fonctions inhérentes aux mandats. C’est très prenant mais tel est le destin de tous les élus locaux. Quand on prend un mandat, il y a une cohorte de prises de responsabilités dans d’autres instances.
Comment je fais ? En arrêtant mes activités professionnelles et en travaillant beaucoup avec un investissement personnel plein et passionné. Une raison de plus pour ne pas réduire le nombre d’élus parce que le travail reste à faire. On a déjà du mal à être investit partout, c’est donc incohérent que d’aller dans le sens de la réduction.
Si je pouvais lâcher quelque chose, le syndicat mixte des transports n’était pas forcément prévu dans ma charge de travail. Un concours de circonstances en a voulu ainsi. Je ne cours pas après mais je fais le travail qui se présente et qui doit être fait.

A@P - Où préférez-vous le plus vous impliquer ?
Le social. Le CCAS où je suis content du travail réalisé depuis deux ans. Nous y avons un nouveau directeur et un renouvellement de 4 chefs de services ; nous avons mis en place de nombreuses actions ce qui a crée une dynamique de travail beaucoup plus sereine qu’il y a deux ans.

A@P - Quand on vous voit apparaître dans la Presse, il ne s’agit que de sujets touchant Pau et jamais le travail fait au CG.
Je conteste votre postulat même si cela a pu être vrai au cours des 6 derniers mois. J’interviens au Conseil Général sur des dossiers comme l’aéroport, les personnes âgées, sur le handicap, le Fonds de Solidarité Logement. En 1999, c’est mon travail personnel qui a permis de soulever le fait que les Pyrénées Atlantiques étaient l’avant avant dernier département dans les investissements et les moyens de fonctionnement des collèges. Mon groupe l’a relayé, l’exécutif s’est trouvé contraint de réagir. S’il y a des programmes d’investissements lourds dans les collèges, c’est suite à ce travail. Même chose pour les maisons de retraites. Les interventions au Conseil Général sont simplement moins médiatisées. Les campagnes électorales sont un temps privilégié avec les citoyens pour faire passer ces messages.


- Propos recueillis par Joël Braud et Bernard Boutin


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> André Duchateau
18 octobre 2010, par Bernard Boutin  

Marc,

Comment voulez-vous que des élus viennent témoigner sur A@P si c’est pour se faire aligner systématiquement ?

Trouvez une autre façon de dire les choses. Merci.

Bernard Boutin

  • > André Duchateau
    18 octobre 2010, par Marc  
    BB, vous n’en avez pas assez de ces elus, de gauche comme de droite, qui nous assurent tous que s’ils cumulent autant de mandats c’est par pur altruisme et esprit de sacrifice ? Vous croyez qu’ils sont credibles ? Il y en a assez de la langue de bois de cette corporation.

  • > André Duchateau
    18 octobre 2010, par Bernard Boutin  
    Proposez donc des idées pour une nouvelle organisation territoriale. La fourche et la faux n’ont pas leur place sur A@P.

  • > André Duchateau
    18 octobre 2010, par Marc  
    Un référendum démontrerait qu’une vaste majorité de Français est favorable à la disparition des conseils generaux au profit des conseils regionaux ainsi qu’au regroupement de communes. La grande majorité des élus est contre, pour des raisons purement corporatistes. Cherchez l’erreur ! Seul l’Etat peut mener à bien cette réforme indispensable.

  • > André Duchateau
    18 octobre 2010, par pehache  
    A quoi bon proposer des "idées" quand on tombe systématiquement sur des hommes politiques qui nous assurent qu’il n’y a aucun problème avec ça ?

  •    
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Max Moreau
    Martine Lignières-Cassou
    Marc Cabane
    Georges Labazée
    Nathalie Chabanne
    Jean-François Maison
    Gérard Trémège
    Jean-Paul Matteï
    Jean Glavany
    Yves Urieta
    Christian Pèes
    Mariano
    L’or ne pourrit pas.
    Nathalie Chabanne
    Questions à Jean-Pierre Bel
    Pascal Boniface et Julien Pardon
    Georges Labazée
    Sylvie de Sury
    André Cazetien
    Xavier CEYRAC



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises