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Les questions courtes ne posent pas de grandes interrogations.

samedi 12 mars 2011 par AK Pô


Est-ce parce que les rêves cheminent en nous et de temps en temps font escale dans la réalité que nous conservons notre jeunesse intacte ?

Les battements du cœur en sont-ils le moteur, les émotions le vecteur ?

Pourquoi, quand s’installe le doute, se tarissent les sources d’inspiration, pourquoi alors tous ces mots profonds en perdition rejaillissent-ils tels des nénuphars dans un tableau de Monet ?

Que tenons-nous en nous-mêmes qui ne soit désespéré : nos vérités condamnées, nos histoires dépassées, notre quotidien fourvoyé ?

Les mots sont-ils le bras armé des songes, et les mensonges la vérité des balles ?

Baisser les yeux vers la terre ou les lever vers le ciel, n’est-ce pas perdre l’espoir de l’horizon ?

La beauté élégiaque n’est-elle que le reflet de la noirceur intérieure, la douleur déchire-t-elle la poésie, ou est-ce l’ombre qui rédige les phrases scintillantes ?

Pourquoi sommes-nous figés en nous-mêmes alors que changent les saisons, comment l’homme peut-il alors se fondre dans la nature, quand il n’exploite que sa raideur et son intransigeance ?

Qu’ont fait les oiseaux, sinon voler nos ailes et nos chansons ?

Sont-ils fiers de voler au-dessus des hommes et des villes, ou le font-ils par habitude, sans penser au mal qu’ils nous ont fait, sont-ils pardonnables et nous minuscules, mouches invisibles, vers peu reluisants ?

Que deviennent nos regards, perdus dans ceux des autres ?

Où voyagent les yeux, derrière les paupières closes ?

Qu’emportent les amants, que conservent les maîtresses,des miettes de plaisirs, des pans de souvenirs, des élixirs troubles riant dans des cornues ?

La nostalgie est-elle le parfum des femmes qu’on a aimées, l’envers d’un monde qui avance à reculons en criant "demain ! demain, je reprendrai la route qui mène à toi !" ?

Ecrire, est-ce se relire mille fois pour mieux s’indéfinir et morceler l’ultime instant, penser que la mort ne tue que la main, jamais l’esprit, jamais l’illusion ?

La nourriture admet-elle qu’elle n’est qu’un maillon de la pourriture, que de la décomposition renaissent les potagers et l’appétit de vivre ?

Qui dira au fou qu’il est insensé, tant la raison d’être d’un fou est de s’aliéner la vérité des autres ?

-  Pourquoi me poser ces questions, inspecteur, vous savez que je n’ai pas d’alibi, que mes réponses n’influeront pas sur la décision du jury. A peine condamneront-elles ma pensée à croquer dans la mort le fruit des libertés, coupable désigné fautif d’avoir usé du droit de vous parler, d’homme à homme ?

-  Pensez-vous que quelques années à l’ombre suffiront à répondre à vos interrogations ?

-  Non, mais vous avez de l’humour, inspecteur.

-  Brigadier, jetez-moi ce type en Enfer, avant que je ne le mette en pièces. J’ai du boulot, moi !

-par AK Pô

01 11 2010

PS : bonne chronique de C. Laborde ce mois-ci sur Pau.fr.

Comme c’est le printemps des poètes qui se la pètent, un court poème de René Char (in "Lettera amorosa") :

Je ne confonds pas la solitude avec la lyre du désert. Le nuage cette nuit qui cerne ton oreille n’est pas de neige endormante, mais d’embruns enlevés au printemps.


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> Les questions courtes ne posent pas de grandes interrogations.
12 mars 2011, par Carola  

Je ne sais plus qui a dit : " j’aime les gens fêlés parce qu’ils laissent passer la lumière" mais j’y pense en vous lisant.

Des fois, les questions sont tellement plus intéressantes que les réponses... Vive le poète des quatre saisons d’A@P ! smiley

   
 
 
 
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