Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Vincent Fontvieille, PDG de "La Balaguère"

lundi 6 décembre 2010 par Bernard Boutin


Né en Ariège, fonctionnaire à l’Office des Forêts, montagnard, Vincent Fonvieille est arrivé en 81 dans la Val d’Azun, sous le Soulor à Arrens-Marsous. Passionné par les Pyrénées, il crée un gîte il y a 25 ans, puis une association, « La Balaguère » pour proposer des randonnées à ses clients.
En 2010, ce qui était une aventure individuelle initialement, s’est transformé en un acteur majeur dans le cercle des voyages organisés pour randonneurs et « trekkers » avec plus de 12.000 clients par an et à la clef, selon les basses et hautes saisons, de 33 à 100 salariés et accompagnateurs. Une réussite rare au fin fond d’une vallée pyrénéenne. Un exemple qui autorise Vincent Fontvieille à parler du développement économique de nos montagnes.

Alternatives Paloises - Comment démarre « La Balaguère » ?
Vincent Fonvieille - C’est tout simplement une histoire de passion de la Montagne. J’ai crée un gite à Arrens-Marsous et, pour faire venir des clients, mis en place des forfaits touristiques commercialisés par une structure associative appelée « La Balaguère ».
Le cercle des accompagnateurs et guides de haute montagne, auquel je faisais appel, s’est élargi rapidement et déjà au bout de 4 ans, en 1988, nous étions présents sur l’ensemble des Pyrénées. Nous avons alors crée un petit catalogue appelé « Les Pyrénées à pied ».

A@P - 25 ans plus tard, qu’est-ce qui caractérise le concept Balaguère ?
Vincent Fonvieille - Le concept n’a en fait pas changé. On propose un séjour, principalement en montagne avec un rendez-vous donné à nos clients dans un gare ou un aéroport et pendant une semaine, nous les emmenons faire un circuit à pied où l’on s’occupe de tout, absolument de tout. On vit une histoire ensemble. Les gens qui s’inscrivent le font individuellement. Pour autant, l’aspect rencontre est très fort dans la motivation des participants.

A@P - Les motivations de vos clients ont changé dans le temps...
Vincent Fonvieille - La demande de confort est plus forte qu’au début. Il y a 20 ans, les gens portaient leur sac sur le dos, ne demandaient pas à prendre une douche tous les jours et souvent les circuits étaient très sportifs.
Aujourd’hui, les circuits sont plus faciles. On ne porte plus son bagage qui est pris en charge par des véhicules ou des animaux. Il faut aussi pratiquement une douche tous les jours. L’âge des participants a aussi évolué. La moyenne est maintenant autour d’une cinquantaine d’années.

A@P - La Balaguère, en quelques chiffres...
Vincent Fonvieille - C’est 12.000 clients par an pour environ 11 millions d’euros de CA. Une augmentation régulière seulement marquée par une baisse d’activité avec la crise de 2009. 2010 est reparti à la hausse et pour l’hiver, on sent de très fortes progressions.
Cette activité de trecks, de randonnées correspond à une demande croissante de la société. Pour ce qui est de la randonnée à pied nous sommes leader sur les Pyrénées et cinq ou sixième sur le marché français.
Avec mes confrères, Terres d’Aventure, Club Aventure, Allibert, nous avons crée il y a un peu plus de 10 ans, « Agir pour un Tourisme Responsable » ou ATR qui était au départ la volonté de nous différencier de très gros Tours Opérateurs comme Jet Tours, Fram etc.
Avec ATR, il s’agit de montrer qu’on fait les choses d’une façon différente, citoyenne, par rapport à l’environnement, aux aspects sociaux et de minimiser tous les effets négatifs que peut engendrer le tourisme.

A@P - En matière d’emplois, d’une poignée il y a 25 ans, vous êtes combien maintenant ?
Vincent Fonvieille - Ici à Arrens en période basse comme actuellement, nous avons 33 salariés permanents. Sur les Pyrénées en saison, il y a 60 à 70 accompagnateurs plus des travailleurs saisonniers, des logisticiens. Cela fait environ une centaine de personnes.
A cela, il faut ajouter les « réceptifs » qui sont à l’étranger et organisent des circuits en fonction du cahier des charges qu’on leur donne. Nous sommes aussi amené à former des guides locaux. Cette activité à l’étranger a dépassé en volume, notre activité pyrénéenne.

A@P - Revenons aux Pyrénées. Sont-elles un filon touristique bien exploité ? Pourrait-on faire mieux et comment ?
Vincent Fonvieille - Voilà une question qui me tient à cœur. Je m’implique dans pas mal de structures en dehors de La Balaguère. Le massif Pyrénéen est remarquable, extraordinaire. Il n’y en a pas beaucoup comme celui-là avec toutes les variétés de paysages, de cultures, de patrimoines...
Je crois que l’on peut y développer le tourisme de façon beaucoup plus importante, mais à condition de mutualiser nos moyens. Mais les différents territoires vont-ils accepter de mettre en commun des moyens pour la cause commune ? Il y a une concurrence assez forte entre les vallées, entre les départements, entre les régions.
Si on arrivait à mettre en commun davantage de moyens pour promouvoir le massif Pyrénées dans son ensemble, à mon avis nous ferions très fort. Nous y travaillons en ce moment, notamment au sein de la Confédération Pyrénéenne du Tourisme à laquelle je participe activement. L’idée c’est d’aller plus loin afin de promouvoir la destination Pyrénées comme une grosse destination touristique ce qui n’est pas suffisamment le cas actuellement.
 
A@P - Que dites-vous aux jeunes des vallées qui veulent « vivre et travailler au pays » ?
Vincent Fonvieille - Les métiers du tourisme comme guides, accompagnateurs, moniteurs de ski sont très intéressants à plusieurs titres. Ils correspondent souvent à des passions et on a pas vraiment l’impression de travailler. Ils sont intéressants parce qu’ils permettent une ouverture au monde en faisant venir des gens au fond des vallées ce qui favorise les échanges.
Je crois qu’il faut encourager les jeunes à faire ces métiers là mais en se disant que ce sont des métiers qu’il faut faire avec passion. Il y a là une difficulté, c’est de conserver cette passion intacte pendant toute une vie. On peut donc faire ce métier pendant 10 ou 15 ans mais, il ne faut pas perdre de vue, qu’il faudra peut-être, tôt ou tard, faire autre chose.
 
A@P - Vous qui observez les Pyrénées de près. Vous connaissez d’autres succès un peu à l’image de La Balaguère ?
Vincent Fonvieille - Je pense à quelque chose de remarquable comme N’Py. Les acteurs ont eu l’intelligence de se regrouper, d’analyser leurs concurrences pour finir par conclure qu’on a mieux à travailler ensemble qu’à se tirer dans les pattes. N’Py est un superbe exemple de ce genre de démarche.
Cela montre tout l’intérêt de travailler de vallées à vallées d’autant plus que le marché se structure et qu’il y a de plus en plus de concurrence.
Le tourisme se voudrait la panacée dans n’importe quelle zone rurale qui a des difficultés. Nous avons la chance d’avoir des atouts incontestables mais la concurrence est importante. Il faut donc être bon et toujours se remettre en question.
Pour finir ce sont nos clients qui font notre publicité. S’ils sentent qu’il n’y a pas de passion, du relâchement, que les prestations ne sont pas bonnes, le client ira ailleurs.

-  propos recueillis par Bernard BOUTIN

Le site de la Balaguère : http://www.labalaguere.com/


La Balaguère : les bureaux

La Balaguère : L’équipe locale

[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



   
 
 
 
Les rubriques d’A@P
Citoyenneté
A compte d’auteurs
"Arpenteurs sans limites"
"Les sorties de Michou"
"Un samedi par semaine - tome 2"
"Un samedi par semaine - tome I"
Au ras du bitume
Enquêtes
Evasion
Maréchaussée Paloise
A@P.com
Courrier d’e-lecteurs
Hommes et femmes d’ici !
Opinion
Portraits, Entretiens
Tribune Libre
Humeurs
La Charte d’A@P
Le défouloir !
Les cartons
Les cartons mi-figues mi-raisins
Les cartons rouges
Les cartons verts
Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
Vu dans la presse
”Les Causeries d’A@P”
Détente
Loisirs
Spectacles
Economie
Aéroport Pau-Pyrénées
Enjeux
Enjeux environnementaux
Enjeux européens
Enjeux sociétaux
Grand Pau
Lescar
Billère
Gan
Gelos
Idron
Jurançon
La CDA Pau-Pyrénées
Lons
Point de vue
Grands projets
"LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
Nouveau complexe aquatique de Pau
Nouvelle voie routière Pau-Oloron
Nouvelles Halles de Pau
Pau
Du Côté des Quartiers
La vie
Une idée pour la ville
UPPA
Politique
Forums des Partis
Politique locale
Politique régionale et nationale
Territoires
Aragon
Béarn
Bigorre
Espagne
Europe, Monde
Pays Basque, Euskadi
Pyrénées
 
   
 
  Envoyer à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)



[ Imprimer cet article ]
 


 
Autres articles

Max Moreau
Martine Lignières-Cassou
Marc Cabane
Georges Labazée
Nathalie Chabanne
Jean-François Maison
Gérard Trémège
Jean-Paul Matteï
Jean Glavany
Yves Urieta
Christian Pèes
Mariano
L’or ne pourrit pas.
Nathalie Chabanne
Questions à Jean-Pierre Bel
Pascal Boniface et Julien Pardon
Georges Labazée
Sylvie de Sury
André Cazetien
Xavier CEYRAC



[ Haut ]
 

Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises