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Bernard UTHURRY

lundi 9 mai 2011 par Bernard Boutin


Bernard Uthurry est originaire de Lannes en Barétous. Dès les premiers mots échangés, cela s’entend. La chaleur des Marcel Amont ou autre ... Jean Lassalle.
3e ligne au FCO dans les années 70, il apprend à travailler en équipe. Plus tard, devenu entraineur du club, c’est à son tour de faire vivre un collectif. En 95, il rejoint le Maire d’Oloron pour s’occuper des associations et du sport.
Elu Maire d’Oloron en 2008, puis au Conseil Régional en 2010, ses expériences du collectif sportif permettent d’asseoir la "méthode Uthurry".
Appelé par Alain Rousset au poste de 1er vice-président du Conseil Général d’Aquitaine, Bernard Uthurry doit animer de nouvelles équipes : celles qui font nos infrastructures de demain.
Un entretien avec un homme aux multiples engagements qui pourtant affirme que " l’on a tous des ressources dans des agendas que l’on croit surchargés ".

Alternatives Paloises - Alors que vous veniez d’être élu 1er vice-président du Conseil Régional, dans une interview en avril 2010, vous disiez que la compétence des infrastructures « vous comblait ». D’où vient cette vocation qui n’a peu à voir avec votre passé de sportif ?

Bernard Uthurry - Ce n’est pas une vocation. Ce sont les circonstances qui l’ont voulu. C’est une compétence qui me comble parce qu’elle m’amène à travailler avec les territoires. J’ai un gout prononcé pour rassembler les hommes sur des sujets transversaux. Rien n’est plus transversal qu’une route, une voie ferrée ou un cours d’eau. Les problématiques qui sont attachées au transport des voyageurs et des marchandises sont d’envergures puisqu’elles sont liées à l’environnement et à notre volonté d’aller chercher ailleurs de l’intelligence, des loisirs, du travail.
Ce gout est aussi celui de faire éclore l’intérêt général qui dans ce domaine se heurte aux intérêts particuliers ou à celui des territoires qui sont souvent divergents entre eux.
J’aime à m’exprimer dans ce domaine. J’ai eu beaucoup, et ai encore à apprendre sur le sujet des infrastructures de transports.

Alternatives Paloises - L’arrivée de la LGV en Aquitaine, le Canfranc, la Pau-Oloron, les cadencements, la présidence du syndicat de l’aéroport de Pau... la mairie d’Oloron. Cela fait beaucoup de sujets à suivre. Comment faîtes-vous ? Quelle est la méthode Uthurry ?
Bernard Uthurry - J’y ajouterai le port de Bayonne qui offre une alternative importante pour le transport des marchandises.
Il n’y a pas de méthode. On n’est jamais tout seul dans la vie et plus singulièrement dans la gestion d’une cité comme Oloron. Je suis entouré d’une équipe qui s’est hardiment attelée au challenge au lendemain des élections municipales. Elle n’a pas mis longtemps à prendre la mesure de son entreprise. Elle fonctionne bien maintenant.
Au Conseil Régional, nous sommes entourés d’élus et de services très compétents, pénétrés de leur métier. Le reste, c’est une affaire d’organisation, d’agenda. Je me suis aussi libéré de certaines tâches dont la présidence de la communauté de communes même si, au titre de ma fonction de maire d’Oloron, je reste dans l’intercommunalité. On a tous des ressources dans des agendas que l’on croit surchargés. Je ne m’ennuie pas...

Alternatives Paloises - Si un socialiste est élu président de la République aux prochaines élections, Alain Rousset semble avoir de fortes chances de devenir ministre. En tant que 1er VP du conseil régional, vous êtes le premier sur la liste pour lui succéder. Partant ou non ?
Bernard Uthurry - Tout d’abord, bien évidemment, je militerai pour qu’un Président socialiste puisse proposer une alternative au gouvernement actuel. Si tel est son souhait, je souhaite à Alain Rousset tout ce que vous lui promettez. Pour le reste, il n’y a pas de lien direct entre la première vice-présidence et la suite. Nous aurons des instances démocratiques qui décideront de cela.
C’est plus une affaire de disponibilité, de compétences et d’organisation qu’une affaire de succession qui proviendrait de l’idée que l’on puisse hériter de cela par son positionnement actuel.

Alternatives Paloises - Quelles sont les prochaines étapes de la Lescar-Gurmençon ? Ce projet bénéficie t-il toujours d’un large soutien politique ?
Bernard Uthurry - De ma part, le soutien est total. Sans ambigüité. Il le restera quel que soient les évènements de la vie démocratique. Je considère que la création d’une nouvelle liaison entre Pau et Oloron est indispensable, non pas que je sois un goudronneur ou un bétonneur dans l’âme.
Au contraire, j’anticipe sur ce qui me semble probable, c’est-à-dire un usage moindre de la voiture dans les décennies à venir. Je milite et travaille pour que le rail offre une alternative au transport routier et à nos routes asphyxiées par les voitures et les camions. Je pense notamment à l’axe Bordeaux-Hendaye et bien entendu à la N 134 Oloron-Pau.
Je sais que les alternatives par le fer ne pourront pas donner d’effets suffisamment rapidement pour ne pas prendre en compte la nécessité de cette nouvelle liaison, pas forcément rapide mais sécurisée qui fluidifiera la circulation entre Oloron et Pau.
Le syndicat pour la nouvelle Pau-Oloron, constitué par le Conseil Général, la communauté d’agglomération de Pau et les communautés de communes de Lacq, d’Oloron, la région de Monein, travaillent sur une étude qui vise à asseoir la possibilité technique et financière de ce projet. Les élections cantonales ont mis un coup frein au travail mais il est reparti avec le vote du budget. Les choses sont en route et je considère qu’elles ne doivent pas s’arrêter.

Alternatives Paloises - Les travaux sur la voie ferrée entre Oloron et Bedous vont-ils pouvoir démarrer bientôt ? Où en est-on pour la partie Bedous-Canfranc et avez-vous du nouveau côté espagnol ?
Bernard Uthurry - La circulaire Busserau, qui vise à supprimer tous les passages à niveaux, a freiné le début des travaux. Le président Rousset a négocié pour obtenir un fonctionnement dérogatoire avec la suppression des passages à niveau peu utilisés. La prise en compte de cette circulaire renchérissait d’une manière significative le coût des travaux puisqu’ils passaient à 128 millions d’euros. La dérogation accordée nous laisse néanmoins 3 passages à niveau à travailler avec passage par-dessus ou par-dessous, ce qui ramène le projet autour de la centaine de million d’euros.

Les travaux devraient commencer -je met un conditionnel- peut-être courant 2011 sur les tabliers des ouvrages et l’enlèvement des voies mais il est évident que cette circulaire en renchérissant le projet va les étaler dans le temps. Cela n’affecte en rien la volonté de la région de réhabiliter cette voie jusqu’à Bedous de manière à y faire arriver les trains pour qu’ensuite, les états français et espagnol, les régions et les autonomies (le gouvernement de l’Aragon ndlr) puissent envisager un prolongement jusqu’à Canfranc.

Les états français et espagnol commencent à bouger à tel point que la ministre de l’environnement a proposé à la commission européenne, il y a une quinzaine de jours, d’inscrire dans le schéma européen des infrastructures de transports la traversée des Pyrénées pour les perméabiliser et de commencer par ici (la vallée du Somport, ndlr) avant de passer à la TCP (Traversée Centrale des Pyrénées) qui sera sans doute décalée dans le temps.

Alternatives Paloises - Les bus qui transportent les passagers entre Oloron et Canfranc sont quasiment vides. Pendant ce temps, les gares de Pau-Lourdes-Tarbes ont plus de 2,3 millions de passagers par an. L’urgence n’est-elle pas de s’assurer d’une desserte à grande vitesse de ces gares alors que la LGV va arriver en Aquitaine ?
Bernard Uthurry - Je partage cette idée que le contraste est saisissant mais ce n’est pas parce que l’on se penche sur les uns qu’il faut abandonner les autres. La région paye ces bus, comme elle a réglé en partie la réhabilitation de la voie Pau-Oloron ou la Bayonne-Cambo, comme elle le fera entièrement pour la voie entre Oloron et Bedous. Si la région ne s’occupe pas de cela, je crois que ces lignes sont définitivement mortes. Elle a comme compétence et obligation de s’occuper de ces transports régionaux. A terme, ces transports vont prendre de l’importance et contribuer à revitaliser nos vallées.

Pour autant, il faut aussi s’occuper et prioritairement des lignes à grande vitesse. La recherche de travail, d’études, de loisirs appelle à rallier les métropoles à moindre temps. Pour autant, une fois ces lignes crées, il faudra utiliser les sillons actuels pour relier les cités d’Aquitaine et mettre plus de marchandises sur le rail parce que nos routes sont absolument congestionnées.

Le combat pour que l’Aquitaine se connecte à la grande vitesse européenne n’est pas seulement lié à la nécessité de relier les grandes métropoles mais, il s’agit aussi de créer de la capillarité sur tout le parcours pour que le territoire puisse se développer.

Alternatives Paloises - On a raté, il y a 40 ans l’aéroport commun à Ger entre Béarnais et Bigourdans, comment éviter que ce type d’échec ne se reproduise sur la desserte Béarn-Bigorre par LGV quand on voit actuellement les prises de positions multiples et divergentes des politiques locaux ?
Bernard Uthurry - Pour l’aéroport, les réflexions n’ont sans doute pas été jusqu’au bout en son temps. Une nouvelle route Pau-Oloron avait été piquetée, il y a 48 ans ! Des tracés avaient été faits du côté d’Oloron et de Goès au travers des champs. Que de temps perdu quand on ne fait pas les choses à fond ! Nous en payons encore les conséquences.
Pour autant, dans le cas de l’irrigation du Béarn et de la Bigorre par LGV, il faut au préalable qu’elle arrive jusqu’à Bayonne et qu’elle dépasse même Bayonne pour lui donner un critère transfrontalier qui lui donne aussi du sens.
Pour l’instant le débat porte sur des tracés par Orthez ou par une voie directe de Mont-de-Marsan vers Pau et la Bigorre. Je crois que le débat n’est pas allé au bout et dans les mois qui vont suivre, les gens vont devoir se positionner dans l’anticipation du débat public qui a été demandé.

Alternatives Paloises - Bayonne-Toulouse au minimum en 3h15, cela parait long...
Bernard Uthurry - Cela ne fait pas que paraitre. C’est excessivement long et c’est une invitation pour nous à répondre concrètement à ces questions-là.


- propos recueillis par Bernard Boutin


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Votre commentaire



> Bernard UTHURRY
9 mai 2011, par Rêveur des villes  

Bla bla bla...

Je ne vois pas une once de réflexion, d’analyse, d’étude dans ce qui est dit. Je suis peut-être aveugle. smiley L’once est devenue trop chère !

La densification de l’espace autour des gares, l’état du réseau aquitain, le frêt ferroviaire en Aquitaine, les comparatifs du nombre de déplacements en train par rapport à la voiture. Quel potentiel pour une ligne de train Oloron - Bedous ? Les chiffres clés ? L’évolution du nombre de passagers, le potentiel etc. Il y aurait pourtant des choses à dire. Mais sans doute, il n’est pas utile, voire souhaitable que les gens soient correctement informés !

  • > Bernard UTHURRY
    9 mai 2011, par Daniel Sango  

    C’est normal, il ne peut pas tout faire....

    Maire d’Oloron, Président de la Com de communes (JE Gaillat est son homme de paille)Conseiller Régional, VP du Conseil Régional, Président du Syndicat Mixte de l’Aéroport de Pau, etc...

    C’est bien connu le PS est contre le cumul.

    mais,si on n’a pas suffisamment réfléchi pour les aéroports, la réflexion continue aujourd’hui...et on attend toujours une ligne directrice.

    Non, ceci est une exercice de langue de bois, mais sans doute forcé car pour en sortir il faut avoir des idèes, des vraies...

  • > Bernard UTHURRY
    10 mai 2011, par Rêveur des villes  

    BU : "Je considère que la création d’une nouvelle liaison entre Pau et Oloron est indispensable, non pas que je sois un goudronneur ou un bétonneur dans l’âme. Au contraire, j’anticipe sur ce qui me semble probable, c’est-à-dire un usage moindre de la voiture dans les décennies à venir."

    La contradiction ne l’étouffe pas !

    Un autre sujet non évoqué : la réfection de la voie Pau-Dax annoncée pour 2013.

    A quoi bon interviewer ces édiles s’ils ne fournissent aucune réflexion ni information ?

    Nous rappeler les mensonges : investir 100 M€ pour rénover la ligne Oloron - Bedous, pour une poignée de passagers par jour ???

  • > Bernard UTHURRY
    10 mai 2011, par Rêveur des villes  

    La rénovation de la voie Pau - Oloron. Quel résultat en terme de fréquentation ? Pourquoi n’avoir pas consolidé certains talus avec des grillages et blocs pour gagner du temps ? Là aussi, quelle tristesse : il ne dit rien...

    Idée pour A@P, plutôt des interviews de gens qui prennent le train, ce qu’ils en pensent, leurs idées.

    Les édiles, sur beaucoup de choses, il y a 10 ans, ils disaient déjà cela, et dans 10 ans, ils diront encore la même chose, c’est à dire rien.

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