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Georges Labazée

lundi 12 décembre 2011 par Daniel Sango


La carrière de « Jo » Labazée débute en 1976, année où l’instituteur béarnais de Viven devient conseiller général socialiste du canton de Thèze. En 1981, il est le suppléant d’André Labarrère aux législatives. Le maire de Pau devient ministre, Georges Labazée le remplace à l’Assemblée jusqu’en 86, tout en restant au Conseil général et au Conseil régional. 
2011 : l’année de la consécration. Le chef de file des socialistes au Parlement de Navarre devient Président de l’assemblée départementale et six mois plus tard sénateur.
Rencontre franche autour des orientations politiques de « sa » politique départementale, la crise budgétaire, les relations avec les « verts » et... le cumul du mandat.

Alternatives-Paloises - Le CG des PA a changé de majorité et pour le citoyen lambda, on ne voit pas de différences entre la gestion de la droite et celle de la gauche. Il est vrai que la majorité des grands postes budgétaires du CG sont des budgets contraints : le social dont les aides, l’entretien des routes, l’entretien des collèges, etc.. Où sont les différences et quels sont vos axes prioritaires pour les années à venir ?
Georges Labazée - Par exemple, dans le domaine de nos compétences, le social, nous avons crée 50 postes d’encadrement pour les maisons de retraite et d’ailleurs la droite a voté avec nous au mois de juin. Nous avons entraîné l’ARS (Agence Régionale de Santé) a créer 10 postes supplémentaires et, par l’effet de la tarification, 40 postes supplémentaires soit au total 100 postes. Le taux d’encadrement a ainsi été relevé par rapport au Schéma d’autonomie initial voté en 2005 par la droite qui était de 0,47.
Toujours dans le social, nous avons voté récement pour toutes les familles bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire (12.000 enfants sur 30.000 dans le département) une participation pour les repas des cantines. Pour les boursiers d’Etat, également. Notre aide se monte à 650.000 euros pris dans le budget du Département.

Alternatives-Paloises - Que représente le RSA aujourd’hui pour le Département ?
Georges Labazée - Nous gérons plusieurs milliers d’allocataires qui percoivent le « RSA socle » qui correspond à l’après RMI. Le « RSA activité » est lui pris en charge par l’Etat.
Nous avons un vrai problème avec les allocations de solidarité (APA, prestation de compensation du handicap, RSA). En 2002, l’Etat et le Département se sont mis d’accord pour financer ces allocations sur la base 50/50 mais, nous avions 6000 allocataires à cette époque. Aujourd’hui, la base est restée la même alors que nous en sommes à 10.350 allocataires ! On est rendu à une répartition 28% l’Etat, 72% Conseil général pour l’APA soit un différentiel total de 45 M€ pour l’ensemble des aides.
Comme le département est riche, il peut le supporter, mais ce n’est pas le cas de tous les départements.
La question de fond est : est-ce que les allocations de solidarité relèvent de la solidarité nationale ou départementale ? C’est une question que j’ai abordée au Sénat lors du débat sur les solidarités (Budget de l’Etat)..

Alternatives-Paloises - Que fera la gauche si elle gagne les élections présidentielles de 2012 ?
Georges Labazée - Nous essayerons de rétablir la répartition 50/50 car de toute façon l’Etat ne pourra pas faire face à la totalité des allocations de solidarité.
 
Alternatives-Paloises - Il n’y a pas que le social parmi vos axes prioritaires...
Georges Labazée - Si on veut distribuer, il faut créer de la richesse. La politique de développement économique que mène le CG tourne dans ce domaine autour des 4 axes fondamentaux : l’aéronautique avec le lancement du concept Nature & Technology, la chimie, principalement autour du bassin de Lacq, l’agro alimentaire avec une charte agriculture et environnement en préparation et le tourisme professionnel (nous participons en particulier à la rénovation des hôtels). Tous sont des axes productifs.

Alternatives-Paloises - Mais n’est ce pas la Région qui est en charge du développement économique ?
Georges Labazée - Les entreprises se tournent vers le département...

Alternatives-Paloises - La crise européenne montre un Etat en faillite et une crise durable. A l’inverse les collectivités locales et en particulier le CG ne semblent pas souffrir de la crise puisque des dépenses correspondant à des domaines qui n’appartiennent pas au cœur de ses compétences sont maintenues (subventions au sport professionnel, investissements dans les stations de ski lourdement déficitaires, jusqu’à des nouvelles routes qui ne servent à rien comme le "Hauban de Sauvagnon", etc...). N’y a t il pas là une anomalie, et quelles sont les réponses du CG au niveau local face à cette crise ?
Georges Labazée - Tout d’abord, l’Etat nous impose des budgets en équilibre, ce qui limite forcément l’endettement. Nous subissons aussi moins la crise car avons la chance d’être un territoire attractif. Cinq mille personnes s’installent chaque année dans les Pyrénées Atlantiques ce qui entraîne des augmentations majeures des bases des valeurs locatives et donc des taxes du foncier bâti. Les recettes venant des droits de mutations sont parmi les plus élevées.
Concernant le budget en augmentation, il faut se méfier car il y a eu un peu de "gonflette", réalisée par l’ancienne équipe en place dans les investissements, pour cause d’élections. On touchera à la réalité lors de l’examen du compte administratif.

Alternatives-Paloises - Les Verts sont d’une manière générale des partenaires du PS. Or en Béarn il existe de très nombreuses divergences d’appréciation sur de nombreux dossiers : l’éventualité d’une nouvelle route Lescar Oloron, la nouvelle route "Hauban de Sauvagnon", la LGV, etc... Où est la logique de gauche sur ces dossiers ?
Georges Labazée - Les électeurs sont informés et ils tranchent par leur vote. Je représente ces électeurs. Je suis ouvert à l’écologie et à l’environnement, mais je suis aussi un pragmatique ce qui explique pourquoi je suis un défenseur de la Pau Oloron. J’ai d’ailleurs été élu sur cette base.

Alternatives-Paloises - Quelle évolution rapide proposez vous pour rendre plus clairs et plus efficaces les strates régionaux : commune, intercommunalité, département, région, puisque le PS semble opposé à cette première réforme territoriale ?
Georges Labazée - Nous devons raisonner en terme de bassin de vie et d’emploi. Et donc, je suis pour la disparition des cantons qui ne sont plus du tout, pour une très grande majorité d’entre eux des bassins de vie. Je suis favorable à une nouvelle représentation : les Conseillers Départementaux en remplacement des Conseillers Généraux.
Beaucoup d’intercommunalités se sont construites d’une manière défensive par rapport aux cantons. Elles ne sont pas non plus toujours en phase avec les bassins de vie Il faudra dessiner de nouveaux territoires pour ces nouveaux Conseillers départementaux. Je ne souhaite pas modifier le nombre des strates territoriales, je suis resté 30 ans Conseiller régional, je sais très bien quelles sont les compétences du Conseil général et du Conseil régional et qu’il ne peut pas y avoir un mélange des deux. Je suis donc opposé au Conseiller territorial (ndlr : proposé par la RGPP).
Une réforme sur la décentralisation doit partir des compétences que l’on doit attribuer à chacun des strates. On doit ensuite mettre en cohérence la fiscalité qui doit permettre de fournir les ressources pour exercer ces compétences. Enfin, on met en place une gouvernance.
Il est nécessaire que les compétences des différents niveaux soit précisées et clarifiées. Par exemple, je ne souhaite pas la suppression de la compétence générale.
Pour des compétences qui sont aujourd’hui exercées entre plusieurs niveaux comme le développement économique, on peut trouver des répartitions intelligentes entre la Région et le Département.

Alternatives-Paloises - Un sénateur est très bien payé. Ceci correspond à un travail à temps plein. Comment est il possible de mener de front une telle activité et celle de Président du Conseil Général, fonction qui nécessite aussi une activité à temps plein et plus encore ?
Georges Labazée - Tout d’abord, il faut préciser que mes fonctions sont conformes à la loi en terme de cumul. J’ai par le passé occupé plusieurs fonctions simultanément, jusqu’à 4 Adjoint au Maire de Viven, Conseiller général, Conseiller régional et Député. Je n’ai plus que 2 mandats : Président du Conseil général et Sénateur.
Je suis un homme actif et ne compte pas mon temps pour faire face à la charge de travail. D’autre part, je ne me disperse pas.
Le parti socialiste va légiférer sur le cumul des mandats, les militants l’ont validé et le candidat Hollande l’a confirmé. Je ne suis pas contre et me conformerai le moment venu.


- propos recueillis par Daniel Sango et Bernard Boutin


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> Georges Labazée
12 décembre 2011, par Maximo  

c’est curieux des phrases comme celles-ci qui sonnent comme un coup de fouet au visage de l’électeur :

Le parti socialiste va légiférer sur le cumul des mandats
Non, Labazée, non, t’as encore rien compris : ce n’est pas le parti qui légifère : c’est le PARLEMENT

> Georges Labazée
12 décembre 2011, par Seuveton  

Georges Labazée - "... Je suis ouvert à l’écologie et à l’environnement, mais je suis aussi un pragmatique ce qui explique pourquoi je suis un défenseur de la Pau Oloron...."

Si vous êtes ouvert à l’écologie, vous ne me semblez pas très convaincu : on peut tout à faire être écologiste et pragmatique, ce n’est pas du tout contradictoire comme vous le supposez

  • > Georges Labazée
    12 décembre 2011, par pehache  

    Moi aussi je suis ouvert à l’écologie et à l’environnement, mais uniquement si ça ne nous empêche pas de détruire la nature : je suis un pragmatique. Les petites fleurs c’est très bien dans les jardinières aux fenêtres, mais il ne s’agirait tout de même pas d’empêcher les camions de traverser l’europe en long en large et en travers.

    GL est d’une génération formatée par le productivisme...

  • > Georges Labazée
    12 décembre 2011, par Père Ubu  

    Par ma chandelle verte voilà un homme actif qui se glorifie d’avoir cumulé quatre mandats. La vie doit lui paraître bien terne maintenant qu’il n’en a plus que deux . Notre Président Sénateur fait honte à tous ces citoyens qui se contentent d’un seul travail . Il est vrai que le pouvoir est une drogue et que perdre un mandat doit être une amputation bien douloureuse. Faisons confiance au PS pour ne pas légiférer sur ce cumul et nous éviter ainsi une assemblée de manchots .

  • > Georges Labazée
    13 décembre 2011, par Maximo  

    On peut malgré tout relativiser ce cumul. Il date d’avant la décentralisation des lois Deferre de 1982. Jusque là, les exécutifs départementaux étaient exercés par les préfets et non la collectivité elle-même ; jusqu’en 1986 pour les Régions et leur élection au suffrage universel, si ma mémoire est bonne. Leurs présidents n’avaient guère qu’un rôle de représentation.

    Je me souviens du cas de Jean Lecanuet qui fut, à la fin des années 70, le plus grand cumulard de France juste avant Chaban, étant à la fois maire de Rouen, président de la Communauté urbaine de Rouen, président du Conseil général de Seine-maritime, président du Conseil régional d’une des Normandie et député. smiley

  • > Georges Labazée
    13 décembre 2011, par Maximo  
    Addendum : et les fonctions électives locales (ville, département et région) étaient gratuites ou quasiment. Juste de quoi s’acheter des chewing-gums

  • > Georges Labazée
    13 décembre 2011, par Louis H  

    Maximo, tout n’est pas faux mais c’était A. Bettencourt qui était président de Haute Normandie à partir de 74 .

    Et puisque vous vous interessez à cette région vous avez faux : la "communaute d’agglo de Rouen" ne date que de 2000. Du temps de Lecanuet c’était juste qu’un Sivom, devenu District en 1995 (donc bien après la mort de Lecanuet) puis Agglomération . Pour le SIVOM/District/Agglo il faut voir côté Laurent Fabius !

  • > Georges Labazée
    14 décembre 2011, par Maximo  
    Bon, je fais amende honorable pour l’appellation "Communauté urbaine". N’empêche, c’était bien quand même l’agglomération rouennaise.

  • > Georges Labazée
    14 décembre 2011, par Louis H  

    Maximo, vous mélangez (volontairement ?) sans dire clairement ce que vous voudriez démontrer sur Lecanuet puisqu’il était "au pouvoir" avant que n’existe une intercommunalité de Rouen

    1)ce que présidait Lecanuet se limitait à un Sivom pour les ordures, les secours incendie et les bus sur Rouen et sa proche couronne, comme c’était alors la règle en France

    2) après 1989 (changement de majorité) celui qui a pris la suite a été FABIUS . Il a d’abord abandonné le Sivom et créé un District de 33 communes (en 1995) doté de délégations de fonctions élargies (développement économique, de l’habitat et de la vie sociale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la vie sportive, de la vie culturelle, de la formation et de la jeunesse et de l’aide aux petites communes ) , puis ensuite lancé l’Agglo rouennaise et enfin extra-rouennaise, en amalgamant 4 intercommunalités et plus de 70 communes. Fabius d’abord président, laissant ensuite un de ses adjoints prendre la présidence (Fabius étant vice-président) puis reprenant lui-même le poste. Les présidents : 1989-2000 Laurent Fabius (PS) ; 2000-2001 Yvon Robert (PS) ; 2001-2008 François Zimeray (PS) ; de 2008-à ce jour : Laurent Fabius (PS)

    3)la mise en place des différentes formes administratives d’intercommunauté élargie donc s’est faite par la majorité de Gauche après le départ de Lecanuet (1989) avec d’autres fonctions sur davantages de communes .

    Difficile d’incriminer ce même Lecanuet comme "cumulard" pour la présidence d’un Sivom ! Quant à dénoncer , faites-le sur des faits vérifiables et vérifiés. Si vous voulez regardez donc les cumuls de ... Labazée, Fabius, Ayrault, Lignières Cassou , Emmanuelli, etc.

  • > Georges Labazée
    14 décembre 2011, par Maximo  
    Non, non, bon... je me fiche un peu de Lecanuet, je ne dénonce rien, n’incrimine personne et ne veux rien démontrer à son sujet que je ne connais que très modestement... Je rappelais simplement ce qui était de notoriété publique à savoir qu’il fut, avec Chaban, dans les années 70, l’un des élus ayant le plus de mandats et de présidences... Vous ne contestez guère ce que j’ai dit, d’ailleurs, hors les détils de ce sivom. voilà, c’est tout. C’était juste pour relativiser les cumuls... Bon, mais ce n’était rien qu’un exemple sans aucune importance.  smiley Je vous présente mes excuses, ainsi qu’à la famille de Monsieur Lecanuet, au CDS de l’époque, à la Ville de Rouen, aux Sivom, département et Région de la Normandie tout entière réunis, aux Normands, aux Vickings, leurs ancêtres et descendants... smiley

  • > Georges Labazée
    12 décembre 2011, par Jean Lafitte  

    Ni M. Sango ni M. Labazée ne parlent de "langue régionale, "occitan", "gascon" ou "béarnais", voire "basque". Pourtant, l’article 75-1 de la Constitution met les collectivités territoriales au premier rang pour la conservation de ce patrimoine.

    Je n’en suis pas surpris, mais ça montre qu’il faut moins que jamais se faire des illusions sur leur avenir !

       
     
     
     
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