Abonnement à la newsletter d'A@P

Votre email :

Valider
 

 

Jean Glavany

lundi 14 janvier 2013 par Bernard Boutin


Jean Glavany connait bien toutes les arcanes du pouvoir, lui qui a accompagné François Mitterrand de 1981 à 1988 en étant son chef de cabinet. Il sera aussi secrétaire d’État chargé de l’enseignement technique en 92, et ministre de l’Éducation nationale et de la Culture, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche en 98.
Plus près de chez nous, en 1989, il devient maire de Maubourget, puis en 1992, député des Hautes-Pyrénées, une fonction qu’il n’a jamais quittée. Président du Grand Tarbes en 2001, il est par la suite conseiller régional puis conseiller général du canton d’Aureilhan où il siège toujours.
Depuis 25 ans, Jean Glavany est aux premières loges de "Béarn-Bigorre". Une bonne raison pour aller à sa rencontre et parler des étapes ratées entre nos deux territoires pré-pyrénéens. Une raison pour essayer d’imaginer le futur entre deux communautés séparées par "un mur invisible".

Alternatives Paloises - L’appartenance du Béarn et de la Bigorre à deux régions différentes est-elle un obstacle infranchissable dans la constitution d’une communauté d’intérêt entre ces deux territoires ? Comment y remédier ?
Jean Glavany - Il n’y a pas d’obstacle infranchissable. La preuve, beaucoup d’entres nous font les 42 kilomètres, qu’il y a entre Pau et Tarbes, très fréquemment. Je prends l’avion presque aussi souvent à Pau qu’à Tarbes. J’ai noté que François Bayrou prenait aussi l’avion à Tarbes. Pour les décideurs, il n’y a pas de frontière.

Il y a des débuts de co-opération entre Béarn et Bigorre qui se sont mis en place notamment du côté des agglomérations avec les Ecoles des Arts. Nn cherche des voies de coopération communes comme pour les déchets. Tout cela est très timide encore.

Il est vrai que dans le passé, on a loupé pas mal d’occasions, notamment sur l’aéroport et les hôpitaux. C’est l’histoire des vallées pyrénéennes qui a crée ce manque de dialogue. A Pau, il y a eu André Labarrère qui avait une telle passion pour sa ville qu’il ne voyait pas l’intérêt d’aller s’embêter avec d’autres. A Tarbes, il y a eu Raymond Erraçarret (Maire PCF de 1983 à 2001), un maire très réticent à toute forme de co-opération intercommunale. A Lourdes, il y avait Douste-Blazy qui ne comprenait pas l’intérêt de ces dossiers car ils n’étaient pas assez médiatiques pour lui, si j’ose dire... Pour des motifs différents, personne ne s’appelait.

Outre l’aéroport et l’hôpital, il y a aussi l’arrivée de l’A65 pour laquelle, nous avons bataillé, mais les Béarnais l’ont voulu du côté de Lescar. Du coup, on a dû financer la bretelle autoroutière de Barcelonne du Gers et Aire-sur-Adour. On était demandeur. Une occasion de plus de ratée.

Alternatives Paloises - N’est-il pas possible, au niveau du Parlement et du Sénat de créer d’une façon formelle un "Conseil des Parlementaires Basco-Bigourdans" pour travailler ensemble les grands dossiers qui concernent notre territoire, vaut-il mieux passer par la mise en place d’un "Conseil de développement Béarn-Bigorre" ou d’un "Conseil des élus Béarn-Bigorre" ? Qu’est-ce qui vous parait le plus adapté ?
Jean Glavany - Nous nous parlons de plus en plus souvent, que ce soit le Président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, Jo Labazée avec son homologue du Conseil Général des Hautes Pyrénées, Michel Pélieu ou moi-même avec Martine Lignières-Cassou qui est assise à côté de moi dans l’hémicycle au Parlement. Il n’y pas d’obstacle majeur à vos propositions.
Le choix que l’on a fait pour l’instant, mais qui n’en est pas un, c’est de multiplier les occasions de travail sur des dossiers communs. Si on accélère le rythme des dossiers sur lesquels on travaille, il faudra peut-être alors s’organiser autrement. L’idée de travailler sur des dossiers concrets n’est pas mauvaise non plus..

Alternatives Paloises - La commission du débat public ne se réunit toujours pas pour décider de l’opportunité de lancer un débat sur la desserte directe du Béarn et de la Bigorre par LGV.
Jean Glavany - Nous avons voté le 16 décembre les crédits de financement du Conseil Général des Hautes-Pyrénées au débat public. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a une remise à plat de l’ensemble du dossier. Pour une fois, les Béarnais, les Landais et le Bigourdans vont avoir un intérêt commun alors que jusqu’à maintenant, c’était un peu "chacun pour soi", même si les Béarnais et les Bigourdans jouent "coudes serrés" actuellement sur ce dossier. Les Montois sont demandeurs de la nouvelle ligne au sud de Captieux, plutôt que de l’amélioration de la ligne Bordeaux-Dax. On a donc un intérêt commun. On peut être optimiste.

Alternatives Paloises - A nouveau, on ne formalise pas la démarche commune...
Jean Glavany - Vous avez l’air d’apporter beaucoup d’importance à la formalisation...

Alternatives Paloises - Il suffit souvent que les élus changent pour que les projets s’arrêtent net. Si la structure existe, l’allant initialement donné ne disparait pas quand l’élu n’est plus là. Il ne faudrait pas que l’on dépende trop des hommes...
Jean Glavany - Je comprends. Je n’y suis pas opposé au contraire. Je trouve que cela serait une bonne idée.

(en fin d’interview : Jean Glavany finira par dire qu’il réfléchira au formalisme dans les relations entre nos deux territoires et qu’il en parlera à Martine Lignières-Cassou, tout en confirmant se méfier du caractère dynamisant des superstructures associatives qui ne "seront que ce que les hommes ou les femmes voudront bien en faire". "S’ils veulent travailler ensemble, ont-ils besoin de ces structures ?" A@P aura lancé un ballon d’essai).

Alternatives Paloises - De qui le Grand Tarbes est-il le plus proche ? De l’agglomération paloise ou toulousaine ?
Jean Glavany - Assurément, de l’agglomération paloise. Géographiquement d’abord, 40 kilomètres contre 160. Les aéroports sont mixtes. Les projets publics se développent (Ecoles d’Art). Il faut continuer dans cette voie au niveau des agglomérations et des conseils généraux.

Alternatives Paloises - 50 ans après, est-il toujours possible d’imaginer un aéroport commun entre Pau-Lourdes et Tarbes ? Comment arriver à fixer une démarche commune entre Bigourdans et Béarnais ?
Jean Glavany - A défaut de faire un aéroport commun, ce qui serait intelligent, c’est de les gérer en commun. La délégation de service public au même gestionnaire serait peut-être une bonne manière d’améliorer le fonctionnement des deux aéroports.

Alternatives Paloises - A Pau, beaucoup de monde cite le renouveau de Tarbes ? Qu’en est-il ?
Jean Glavany - Il faut le dire vite. Il a énormément de logements vacants à Tarbes, beaucoup de chômage. Il y a quelques petites éclaircies économiques du genre Alstom, Socata-Daher. Elles ne sont pas à Tarbes mais dans l’agglomération. Tout n’y est pas rose...

Alternatives Paloises - En tant que préfet, vous avez été chargé pendant 4 ans de l’organisation des JO d’Albertville. De tels jeux seraient-ils possibles partagés entre Pyrénées occidentales et Aragon ?
Jean Glavany - De tels jeux ne seraient pas totalement utopiques. C’est compliqué. Il faudrait que nos stations fassent de gros progrès. Nous allons avoir un championnat de France de ski (GP International de La Mongie le 19 et 20 janvier) alors que l’on en a pas eu dans les Pyrénées depuis des années. Il faut se réhabituer à organiser des compétitions internationales de haut niveaux ce qui permettrait au massif de devenir crédible et, envisager alors des JO.

Alternatives Paloises - Etes-vous favorable à un référendum sur le non-cumul des mandats ?
Jean Glavany - Je suis favorable à la limitation, voire l’interdiction de certains cumuls des mandats aussi bien pour les députés que pour les sénateurs. Je me suis appliqué cette règle puisque je ne suis plus cumulard, en terme d’exécutif en tout cas. J’espère qu’il ne sera pas nécessaire de faire un référendum pour cela et s’il le faut je suis prêt à l’assumer.


- propos recueillis par Bernard Boutin


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 
 
 
Votre commentaire



> Jean Glavany
14 janvier 2013, par Larouture  
Pôles métropolitains

La liste des loupés est impressionnante. Plus que des propositions d’ailleurs.

C’est la première fois que j’entends parler par un élu d’un loupé pour l’hopital. Je me souviens d’une tentative avortée de 1ère année de médecine à Pau dans les années 60 (déjà mentionné sans écho). La santé, comme l’enseignement et les transports, est une condition essentielle de l’attractivité d’un territoire.

Un territoire (Bassin de l’Adour) aux moyens limités en population et en activités ne devrait-il pas justement être très attentif à la coordination entre les divers projets ? A défaut de personnalités de premier plan et de projets, ne pourrait-on pas s’attendre à une gestion plus optimisée ? Ce n’est pas le cas ; Mais ces trois conditions sont certainement utopiques. Les propos de M. Glavany le confirmeraient presque.

Mme Lignières-Cassou parle de bassin de vie, M. Mimiague d’archipel. Ce dernier vient de relancer, dans Sud-Ouest du 5/01, l’idée le projet de pôle métropolitain, à l’échelle du Béarn et non du bassin de l’Adour comme déjà avancé par Mme Lignières-Cassou. Dans ses vœux M. Habib (cf. République de ce jour) parle de l’emploi à l’échelle de sa Communauté des Communes et veut peser entre les pôles de Pau et de Bayonne « qui risquent forcément d’être favorisés ».

Finalement, que pouvait-on espérer de plus de M. Glavany (ou d’un autre) ?

  • > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par Daniel Sango  

    Toutes ces formes d’organisations territoriales ne sont que des écrans de fumée jetés par nos roitelets qui refusent en fait et avant tout de partager le pouvoir.

    Mimiague est vraiment le plus mal placé pour donner des leçons, lui qui prône la COHERENCE territoriale dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial)dont il a la charge en tant que Président du Pays du Grand Pau et qui refuse de rejoindre le bassin de vie de l’agglo de Pau alors que l’Interco du Luy de Béarn (Dont il est aussi Président) en fait naturellement partie.

    Quand, enfin, les citoyens s’intéresseront-ils à ce qui se passe dans leur commune et sanctionneront-ils ces roitelets ?

  • > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    Plutôt réaliste et pragmatique je trouve. Un pan sur le bec de ceux qui voient toujours plus verte, la pelouse du voisin, s’agissant de la situation de Tarbes. Et une preuve supplémentaire que le cumul des mandats peut être utile, puisqu’on peut parler à sa voisine sur les bancs de l’ Assemblée pendant des débats ennuyeux.

  • > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par Rêveur des villes  

    Pour votre information, Oscar, Trémège et Glavany se détestent cordialement, d’où le tableau de Tarbes par Glavany.

    Par ailleurs, jamais des sommes énormes ont été dillapidées à Tarbes. Et en matière de gestion de ville, oui l’herbe y est beaucoup plus verte qu’à Pau.

    Vous ne mesurez peut-être pas l’impact sur les comptes de la ville du sport pro (basket + rugby + foot + kayak + pelote + sport auto) et de la médiathèque géante à Pau. A votre décharge, peut-être que vous n’en avez pas entendu parler !

  • > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par Oscar du Pont  

    A votre décharge, peut-être que vous n’en avez pas entendu parler !

    En effet Rêveur, vous devriez poursuivre votre effort d’information pour que je comprenne bien smiley

  • > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par Rêveur des villes  
    A moins qu’en fait, vous ne vouliez pas entendre ou soyiez sourd smiley

  • > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par Daniel Sango  

    Quel blabla ! Quelle langue de bois ! Vite, qu’il prenne sa retraite !

    La bonne question aurait été :

    Monsieur Glavany, depuis trente ans vous occupez des postes politiques de haut niveau, qu’avez vous fait de concret pour un rapprochement entre pau et Tarbes ?

    Réponse : Il m’arrive de temps en temps de prendre l’avion à Pau.

    Vite qu’il prenne sa retraite !

    > Jean Glavany
    14 janvier 2013, par le coq  
    revenir à la base.

    A lire l’article l’ouverture sur un contenu - OUI mais la "boite décisionnaire" n’est pas prête à la fermeture des avenants égoïstes. La mise en place ne peut que venir "du haut" à savoir : une seule grande agglomération avec un "grand maire" référent, un seul préfet, en bref une région semi-autonome par rapport à Bordeaux et Toulouse. Sur le plan économique on peut se tenir par la main car le temps est au gris pour longtemps.Rien d’impossible car le tout compte moins de 250000 habitants ( les trois villes PTL) soit 1/4 de Toulouse et seulement l’équivalent du BAB Basque. Pas de quoi construire un château en Espagne.

       
     
     
     
    Les rubriques d’A@P
    Citoyenneté
    A compte d’auteurs
    "Arpenteurs sans limites"
    "Les sorties de Michou"
    "Un samedi par semaine - tome 2"
    "Un samedi par semaine - tome I"
    Au ras du bitume
    Enquêtes
    Evasion
    Maréchaussée Paloise
    A@P.com
    Courrier d’e-lecteurs
    Hommes et femmes d’ici !
    Opinion
    Portraits, Entretiens
    Tribune Libre
    Humeurs
    La Charte d’A@P
    Le défouloir !
    Les cartons
    Les cartons mi-figues mi-raisins
    Les cartons rouges
    Les cartons verts
    Les Nouvelles Pratiques Municipales (NPM)
    Vu dans la presse
    ”Les Causeries d’A@P”
    Détente
    Loisirs
    Spectacles
    Economie
    Aéroport Pau-Pyrénées
    Enjeux
    Enjeux environnementaux
    Enjeux européens
    Enjeux sociétaux
    Grand Pau
    Lescar
    Billère
    Gan
    Gelos
    Idron
    Jurançon
    La CDA Pau-Pyrénées
    Lons
    Point de vue
    Grands projets
    "LGV des Pyrénées" : la desserte du Béarn et de la Bigorre
    BHNS (Bus à Haut Niveau de Services)
    Le "Pau-Canfranc", la Traversée Centrale des Pyrénées
    Nouveau complexe aquatique de Pau
    Nouvelle voie routière Pau-Oloron
    Nouvelles Halles de Pau
    Pau
    Du Côté des Quartiers
    La vie
    Une idée pour la ville
    UPPA
    Politique
    Forums des Partis
    Politique locale
    Politique régionale et nationale
    Territoires
    Aragon
    Béarn
    Bigorre
    Espagne
    Europe, Monde
    Pays Basque, Euskadi
    Pyrénées
     
       
     
      Envoyer à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)



    [ Imprimer cet article ]
     


     
    Autres articles

    Max Moreau
    Martine Lignières-Cassou
    Marc Cabane
    Georges Labazée
    Nathalie Chabanne
    Jean-François Maison
    Gérard Trémège
    Jean-Paul Matteï
    Yves Urieta
    Christian Pèes
    Mariano
    L’or ne pourrit pas.
    Nathalie Chabanne
    Questions à Jean-Pierre Bel
    Pascal Boniface et Julien Pardon
    Georges Labazée
    Sylvie de Sury
    André Cazetien
    Xavier CEYRAC
    Jean-Yves Lalanne



    [ Haut ]
     

    Vous pouvez afficher les publications de Altern@tives-P@loises sur votre site.

    Site mis en ligne avec SPIP | Squelette GNU/GPL disponible sur © bloOg | © Altern@tives-P@loises