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Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte

lundi 9 janvier 2012 par Jean Lafitte


Amis d’Alternatives Paloises, avez-vous jeté un coup d’œil sur les vœux de nouvel an formulés par des lecteurs et publiés par nos quotidiens la République et l’Éclair de lundi dernier 2 janvier ? Pour le curieux de sociologie, il y a matière à observation et réflexion...

Personnellement, mon engagement pour la langue gasconne et béarnaise de mes ancêtres me pousse à y chercher des traces de cette langue dans une expression généralement spontanée, loin des réponses orientées par les subtiles questions des sondeurs ou par les calculs conscients ou non des sondés.

Je l’avais fait pour les messages d’amoureux de la St-Valentin 2004 et pour ceux des vœux du Nouvel an 2005 et en avais rendu compte dans ma thèse : pour la St Valentin, sur 192 messages publiés, 190 étaient en français, un en italien et un seul en béarnais, en graphie béarnaise traditionnelle ; et pour le Nouvel an, sur 229 messages, un seul en béarnais, dans cette même graphie ; un autre en français s’achevait par un Adichatz, qui mêlait ch traditionnel et la finale -tz de la graphie occitane.

En 2012, la formule a deux fois plus de succès, car après élimination de 7 doubles que j’ai détectés, j’ai compté 445 vœux, dont plusieurs séries émanant d’un seul signataire. Or le seul qui ne soit pas en français est... en italien, p. IV, col. 1. Donc aucun en langue romane du pays, qu’on l’appelle du nom de « béarnais » qu’elle tient depuis 500 ans, ou du terme générique d’« occitan » issu de la loi Deixonne du 11 janvier 1951, abrogée depuis le 15 juin 2000. Aucun non plus en langue basque, malgré un lectorat important en Soule.

Parmi les destinataires nommés, les noms de famille béarnais sont assez nombreux : Palengat, Cazalet, Maunas, Serrot , etc. Mais un seul prénom est noté en béarnais, Yan, p. VII, col. 3 ; aucun prénom proprement gascon ou béarnais comme Guilhem ou Maylis, mais j’ai renoncé à compter les prénoms de jeunes directement issus des séries télévisées...

Un destinataire est nommé Cap à Cap, qui évoque peut-être l’expression béarnaise cap e cap, soit « tête à tête » ; deux autres sont des noms de groupes, Lous Esbagats du Luz et L’Arriu de Lées, écrits en graphie traditionnelle du Béarn.

Mais même l’envoi A tout [sic] les Béarnais, p. V, col. 4, est en français...
Chez les signataires, on trouve quelques noms d’allure béarnaise : Mamie Chicotte, Manicou, Miquitou, Pascalou, Patou, Pirou, Petitou, Lilou et peut-être Nizou ; et surtout Lou Baylet (p. II, col. 5) et Pierre Couartou, p. III, col. 5).
Mais on n’envoie plus ni pots, ni poutous ni poutines, plus que des bisous (avec quand même la finale diminutive ou qui vient des langues d’oc !).

Si l’on considère qu’une langue est vivante quand on l’emploie spontanément en toutes sortes de circonstances, et notamment dans la conversation familière, on est bien obligé de constater que la langue béarnais ne l’est plus. Où sont donc passés les anciens élèves de l’enseignement de l’« occitan » dispensé depuis des décennies par l’école publique ou les écoles Calandretas, fondées il y a 32 ans ?

On a vanté les bienfaits du bilinguisme, mais on le pratique aussi avec l’anglais et l’espagnol, langues vivantes que les élèves auront l’occasion de pratiquer.

Tout le ramdam fait autour de l’« occitan », les affiches « Bona Annada » au lieu du béarnais « Boune Anade », et les panneaux de signalisation urbaine en occitan, n’est-ce pas un bluff éhonté de la part de ceux qui en vivent sur fonds publics ? Il serait temps que les responsables de l’argent des contribuables en prennent conscience et réorientent les crédits culturels vers des actions plus efficaces pour la langue patrimoniale du Béarn !


- par Jean Lafitte


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Votre commentaire



> Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
9 janvier 2012, par paysaa  

Bien dit Lafitte et merci de défendre la vrai diversité culturelle. N’oublions jamais que le Béarn fut durant des siècles un état souverain dont la langue écrite et parlée était le béarnais qui est d’ailleurs le seul parler d’Oc à pouvoir s’ennorgueullir de ce titre de noblesse. N’oublions pas davantage notre culture et l’histoire si riche et si particulière de notre petit Béarn indépendant qui nous donnent le droit d’être béarnais et le devoir de le revendiquer. Mais ce n’est pour autant que nous devons renier notre proche parenté avec les gascons et nos attaches romanes avec le provençal, le limousin, le catalan et pourquoi l’Occitan moderne à condition, bien sûr, qu’il vienne en ami et non en colonisateur.

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    10 janvier 2012, par Dominique BIDOT-GERMA  
    La prise d’écriture entièrement libre, comme sur Alternatives paloises, est précieuse, même si parfois, comme avec la diatribe de J. Lafitte et le billet de Paysaa, elle ne distingue pas entre information, vérité scientifique et engagement partisan ou faux ponsifs. Il semble necessaire de rappeler quelques données. Le Béarnais a une graphie historique depuis l’époque où il s’écit, c’est-à-dire le XIIIe siècle. cette graphie a, pour l’essentiel, été réhabilitée et constitue la graphie classique, dite improprement "occitane". Les Moncade, Gaston Fébus, Jeanne d’Albret, Henri IV écrivaient "bona annada" ! Ce n’est qu’après, par contamination du français, qu’on a perdu cette graphie historique, venue ni de Toulouse ni de la planète Mars, et commencer à écrire au gré des fantaisies, "boune anade", ou "bouno annado" ou "bouna annada" ... et "paysaa" au lieu de la forme correcte "paisan". Le Béarnais (mais existe-t-il "un" béarnais ?) est une forme du gascon, lui même dialecte occitan. Le Béarn n’a jamais été indépendant, cela fait 30 ans maintenant que les historiens béarnais, P. Tucoo-Chala, B. Cursente, J.P. Barraqué et d’autres ont revu et éclairci la question, évoluant et faisant évoluer la recherche historiue ! Pour faire simple, le terme de "souverain" n’est utilisé en Béarn qu’à partir de la fin du XVe siècle, quand les vicomtes sont aussi rois de Navarre. ce terme n’a d’ailleurs jamais eu le sens contemporain qui est le sien aujourd’hui. Les amis du château de Pau ont organisé 3 conférences fin 2011, 2012 doit accueillir l’expo Gaston fébus. On ne peut qu’inviter les Béarnais à lire et à aller voir.

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    12 janvier 2012, par paysaa  
    Le Béarn de Fébus n’aurait donc jamais existé... D. Bidot Germa serait "sympha" d’éclairer le pauvre "paisan" en lui disant d’où sortent les appellations "occitanie" et "occitan" et à quelle époque elles ont fait leur apparition sur le "marché" des parlers d’Oc. Il pourrait aussi lui expliquer comment le béarnais peut avoir une graphie classique dite improprement "occitane" en même temps qu’il serait une forme de dialecte "occitan" via le gascon ?!?!.. Quant à la vérité scientifique elle n’existe peut être que dans les sciences exactes et encore...Disons qu’il y en a plusieurs selon les époques et les chapelles et que chacune d’entre elle contient sans aucun doute une part de vrai.

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    12 janvier 2012, par L’ OURS du Bois  

    Noou digués pas à d’aquere boulatye

    Que souy partit ta noupa mey tourna

    Douma mati qué quitti lou bilatye

    Bouy essaya dé la poude oubliga Qué tournerey quoan poussé la cérise

    Reyne deüs prats dinqu’aquere sésou

    Déchom ana qu’ey lou coo qué s’em brise

    Dinqu aü printems adiü béroye flou

    C.D.

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    12 janvier 2012, par peyo  

    ma beroje flou / ma jolie fleur
    Ne dis pas à cette volage / Que je m’en vais pour ne plus revenir / Demain matin, je quitte le village / Je vais essayer de l’oublier / Je reviendrai quand poussent les cerises / Reine des prés en cette saison-là / Car loin de toi, j’ai le coeur qui se brise / Jusqu’au printemps (bis) / O ma jolie fleur.

    Reportez-vous sur http://cauhape.bernard.free.fr/page_chants.html

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    12 janvier 2012, par L’ OURS du Bois  

    Bonjour peyo

    ma traduction dit ou plutôt écrit beroye avec un Y et non un J

    Charles Darrichon aurai fait une erreur de transcription ????

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    12 janvier 2012, par peyo  

    Je n’ose me prononcer sur la graphie "correcte", encore que beroye , avec y ,semble être celle qui est retenue

    http://loceudepau.eu/Chants/Beroye%20flou/Beroye%20flou.htm

    Le "dictionnaire du béarnais, ancien et moderne" de Lespy et Raymond (1887) propose beroy ... On attend la version officielle !

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    14 janvier 2012, par pagalhosurós.  

    Bona annada mon Coronèu Bonne année mon Colonel,

    alors, toujours aussi sacripant notre bon colonel-linguiste (sans doute le seul en réserve de l’armée française, bien que l’on n’en trouve guère dans le service actif, à part dans le renseignement peut être, une Taupe béarnaise, un bohon bearnés ça aurait de l’allure, non ?) Que vei qu’es tostemps hardit !Tu m’as l’air quand même de n’être pas très au fait de la situation linguistique et militante de notre vieux Païs. Les "anciens" de Calandreta sont des cadres devenus dans l’industrie, le journalisme, la musique, des responsables culturels amoureux de la "petite patrie" béarnaise mais ouverts sur la grande Occitanie, l’Europe, le Monde. La langue, minorisée est toujours parlée, chantée,étudiée,jouée sur les emponts de nos villes et vilages. Récemment Los Pagalhós ont rempli durant trois soirées le théatre du Monte Charge à Pau, des écoles bilingues ouvrent en Béarn, ça piaille dans les Calandretas, notre langue s’affiche doucement sur les panneaux indicateurs (Merci à la Ville de Pau pour ses initiatives) On lutte bien sûr contre l’obscurantisme, la bêtise de certains croque-morts qui croyaient que tout allait disparaître avec eux, mais non le printemps occitan est là. Pour te remonter le moral, camarade, viens donc à Pau assister au Carnaval Biarnés, tu pourras te déguiser avec les Pagalhós et chanter La Sovirana, notre belle langue d’oc que tu aimes tant. En te saludan Coronèu. A consulter sur internet : Carnaval Bearnés, Institut Occitan, Ostau Bearnés

  • > Les vœux des Béarnais : « béarnais » ou « occitan », langue morte
    19 janvier 2012, par didier dufourcq  

    Bonjour à tous, je suis étonné par le message de Mr Bidot-Germa.

    je cite Mr Bidot-Germa : ’Le Béarn n’a jamais été indépendant, cela fait 30 ans maintenant que les historiens béarnais, P. Tucoo-Chala, B. Cursente, J.P. Barraqué et d’autres ont revu et éclairci la question, évoluant et faisant évoluer la recherche historiue !’ Or dans le livre de Mr Tucoo-Chala : la vicomté de Béarn et le problème de sa souveraineté, p° 101 je cite ’du milieu du XIVs à la fin du XVs,le Béarn a disposé, de facto, d’un statut d’état souverain, d’alleu souverain’ et la suite du livre parle des tentatives d’annexion de la vicomté par les rois de France.

    Second point : je cite à nouveau Mr Bidot-Germa : ’Ce n’est qu’après, par contamination du français, qu’on a perdu cette graphie historique, venue ni de Toulouse ni de la planète Mars, et commencer à écrire au gré des fantaisies, "boune anade", ou "bouno annado" ou "bouna annada" ... et "paysaa" au lieu de la forme correcte "paisan"’ or dans le relevé des feux de Béarn de 1385 le nom de maison Paysaa est relevé à Montfort (Navarrenx). Le français n’avait sans doute pas encore contaminé le Béarn au XIVs.

    Bonne soirée.

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