Voici l’état des lieux des derniers tremblements de terre enregistrés dans les Hautes-Pyrénées, avec les magnitudes annoncées et les zones d’épicentre. Les données les plus récentes indiquent deux secousses notables le 19 septembre 2026 dans le secteur de la Bigorre. Vous trouverez ci-dessous des repères clairs, utiles pour comprendre où, quand et quelle intensité ces séismes ont atteinte.
Ce qu’il faut retenir aujourd’hui
Le 19 septembre 2026, deux événements sismiques de magnitude locale ML 3,3 ont été détectés par le CEA/DASE dans les Hautes-Pyrénées. Les localisations automatiques (non encore validées par un sismologue au moment de leur publication) indiquent des épicentres :
- À 6 km à l’ouest-sud-ouest de Saint-Pé-de-Bigorre (date/heure en TU indiquée par le CEA) pour un ML 3,3.
- À 9 km au nord-ouest d’Aucun pour un autre ML 3,3.
Ces magnitudes sont modérées et correspondent généralement à des secousses faiblement à modérément ressenties à proximité de l’épicentre, avec peu de chance de dégâts. Les temps affichés par le CEA sont en temps universel (TU) et peuvent différer de l’heure locale. Les positions étant issues d’une localisation automatique, leur précision peut évoluer après validation.
Où exactement se situent les épicentres récents
Les deux séismes du 19 septembre 2026 se concentrent en Bigorre, sur le piémont nord de la chaîne pyrénéenne :
Saint-Pé-de-Bigorre se trouve à l’est de Lourdes, en bordure occidentale de la haute vallée du Gave de Pau. Un épicentre localisé 6 km à l’OSO de la commune suggère une source dans les reliefs calcaires au sud de la plaine de Lourdes. Aucun, quant à elle, est une commune du val d’Azun, au sud-ouest d’Argelès-Gazost. Un épicentre 9 km au NO d’Aucun se positionne sur les contreforts plus au nord, vers les ruptures de relief où l’activité sismique diffuse est régulièrement détectée.
Sur le terrain, ces secteurs correspondent à des vallées encaissées, alternant barres calcaires et terrains marneux. Un soir clair, on perçoit parfois un léger grondement suivi d’une vibration brève des huisseries et de la vaisselle accrochée aux murs, typique des secousses de l’ordre de ML 3 à 3,5 ressenties à faible distance de l’épicentre.
Magnitudes, intensités et ce que cela veut dire
Les magnitudes publiées par les réseaux français sont le plus souvent des magnitudes locales (ML). À ML 3,3, un séisme peut être ressenti par une fraction de la population à proximité, sans générer de dommages structurels sur des bâtiments ordinaires. L’intensité macrosismique (échelle EMS-98), qui décrit les effets observés par les habitants, varie selon la distance à l’épicentre, la profondeur du foyer, la géologie locale et l’état du bâti.
Deux points pratiques :
- Un même événement peut présenter des valeurs de magnitude légèrement différentes selon les réseaux, en raison des méthodes de calcul et jeux de stations utilisés.
- Les premières positions et magnitudes, dites automatiques, sont susceptibles d’être révisées après validation experte.
Contexte sismique des Hautes-Pyrénées
Le département se situe sur le bord nord de la chaîne pyrénéenne, zone où les contraintes tectoniques héritées de la collision ibéro-européenne s’expriment par une sismicité régulière mais généralement modérée. Les préfectures rappellent dans les documents de référence que le territoire a déjà connu des secousses ressenties et, plus rarement, des dommages légers, notamment dans le bassin de Lourdes et la Haute-Bigorre. L’historique local documente, par exemple, un événement ayant causé des dommages légers à Lourdes le 17 novembre 2006, avec un épicentre du côté de Gazost.
Plus récemment, la Bigorre a donné lieu à des investigations macrosismiques et des analyses dédiées. En particulier, un séisme survenu le 21 mai 2024 dans le secteur de Bagnères-de-Bigorre a fait l’objet d’un rapport sismologique BCSF-Rénass, avec collecte de témoignages et cartographie d’intensité. Ces documents servent de base pour comprendre la réponse locale du bâti et la distribution spatiale des ressentis, utile pour l’amélioration continue des dispositifs d’alerte et d’information.
Comment savoir si un séisme a été ressenti près de chez vous
Au-delà de la magnitude, la mesure des intensités ressenties repose sur vos retours. Le BCSF-Rénass met à disposition un formulaire de témoignage accessible depuis le site FranceSéisme, afin de décrire précisément ce que vous avez observé : durée de la secousse, vibrations, objets déplacés, bruits, etc. Ces informations complètent les mesures instrumentales et améliorent la localisation et l’évaluation des effets réels, notamment dans les vallées où la géologie locale module la perception des secousses.
Que faire si vous ressentez un tremblement de terre
Pour des secousses de l’ordre de ML 3 à 3,5, les réflexes restent simples et prudents :
- À l’intérieur, abritez-vous sous une table solide, éloignez-vous des meubles pouvant basculer et des fenêtres.
- À l’extérieur, tenez-vous éloigné des façades, corniches et lignes électriques. Évitez les porches.
- Après la secousse, vérifiez l’absence de fuites de gaz et signalez tout dégât notable en mairie. Renseignez un témoignage macrosismique sur le site FranceSéisme pour contribuer au retour d’expérience.
Pourquoi des séismes « groupés » dans la même journée
Il n’est pas rare d’enregistrer plusieurs événements rapprochés dans le temps et l’espace. Il peut s’agir d’une secousse principale suivie de répliques, ou d’une séquence sismique où plusieurs petites ruptures se produisent sur des zones de faille voisines. Dans la journée du 19 septembre 2026, la détection de deux ML 3,3 à quelques heures d’intervalle de part et d’autre du piémont bigourdan illustre cette dynamique. Le pas de temps entre les secousses et leur répartition spatiale fine ne sont correctement établis qu’une fois les localisations validées et consolidées par les sismologues.
Suivre les prochains séismes, sans rumeur ni confusion
Pour suivre les derniers séismes dans les Hautes-Pyrénées, privilégiez les sources officielles. Le CEA/DASE diffuse une liste des événements récemment détectés en zone euro-méditerranéenne, avec date/heure TU, magnitude et localisation automatique. Le BCSF-Rénass centralise les témoignages, les cartes d’intensité et des rapports sismologiques après expertise. Les documents de la préfecture (DDRM) apportent, eux, le cadre local des risques et rappellent les antécédents historiques du département.
En pratique, conservez une approche factuelle : reportez-vous aux bulletins officiels, notez la date et l’heure en TU et en heure locale, et vérifiez si la localisation est encore automatique ou déjà validée. Si vous êtes riverain des vallées de Lourdes, d’Argelès-Gazost, de Bagnères-de-Bigorre ou du val d’Azun, gardez à l’esprit que des secousses modérées peuvent être ressenties de temps à autre. Un inventaire minimal de sécurité (fixations d’objets lourds, vérification des cheminées et cumulus, numéros d’urgence à portée de main) constitue un bon réflexe à peu de frais.
Sources
CEA/DASE : Derniers événements sismiques : https://www-dase.cea.fr/evenement/derniers_evenements.php?lang=fr
Préfecture des Hautes-Pyrénées : Dossier Départemental des Risques Majeurs (DDRM) : https://www.hautes-pyrenees.gouv.fr/contenu/telechargement/13456/93319/file/ddrm_compresse.pdf
BCSF-Rénass (EOST) : À propos de FranceSéisme et recueil de témoignages : https://renass.unistra.fr/fr/a-propos/
BCSF-Rénass : Bagnères-de-Bigorre du 21 mai 2024, Rapport sismologique : https://www.franceseisme.fr/donnees/intensites/2024/240521_0923/BCSF-RENASS-RP1-UAR830_270225-EVT20240521-DEPT65-BD.pdf