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Connaissez-vous l’ Académie de Béarn ?

mardi 24 juin 2008 par Jean Yves Spinelli


Vendredi dernier, 20 juin 2008 à 15 heures, j’étais invité au Parlement de Navarre pour assister à la réception de mon ami l’abbé Jean CASANAVE, comme Membre Titulaire de L’ Académie de Béarn.

J’avoue humblement que, jusqu’à ce jour, j’ignorais qu’il existait une « Académie de Béarn », vénérable institution créée en 1924 et qui siège au Parlement de Navarre . Je me suis aussitôt efforcé de combler cette lacune inexcusable dans ma connaissance de la société paloise. Mais cela s’est avéré moins facile que je ne l’avais imaginé : en l’absence d’un site internet permettant de connaître les activités et les dirigeants de cette académie, je me suis rabattu sur le site de la Mairie de Pau ; le moteur de recherche m’a confirmé que, sur le site de la Mairie, il n’était nulle part question de l’ Académie de Béarn.

Ma surprise était d’autant plus grande que l’objet de la cérémonie en question était, en réalité, la passation de pouvoir entre l’ancien Président, le Docteur Guy EBRARD, et la nouvelle présidente, Nicole BENSOUSSAN, tous deux fort bien connus des palois et de la Mairie.

C’est par Google que j’ai pu dénicher la seule information, disponible sur le Net, relative à cette mystérieuse institution : L’ Académie de Béarn est recensée comme « Société savante des Pyrénées ». Savez-vous ce qu’est une « société savante » ? C’est une association dont les membres rendent compte de leurs travaux et recherches et se réunissent pour en discuter ; les sociétés savantes furent de véritables parlements des chercheurs dans lesquels, pour reprendre les termes du fondateur de l’archéologie moderne Arcisse de Caumont, " il faut que l’on puisse être écrivain, homme politique, savant, artiste, financier, ailleurs qu’à 
Paris ".

Et, à ma grande surprise, il était précisé : Activité : archéologie, histoire régionale, société et académie généraliste
Président : Christian DESPLAT
J’ai donc appris, le même jour, que Guy EBRARD avait succédé à Christian DESPLAT et qu’il cédait la présidence à Nicole BENSOUSSAN. Heureusement, la nouvelle Présidente s’est chargée de compléter mon information en retraçant longuement la carrière du Docteur Guy EBRARD, ce qui fit dire à ce dernier, non sans humour : « c’est une impression bizarre que d’entendre son oraison funèbre... »

Le discours de départ de Guy EBRARD reflétait la sagesse et la philosophie de celui qui a tout connu : « Je suis entré en politique sans autre ambition que de servir les autres... J’ai quitté, sans regret les facéties de la vie politique... En politique, seuls savent s’arrêter ceux qui ne seraient jamais partis, s’ils avaient su... »

C’est Christian DESPLAT qui avait sollicité avec insistance l’abbé Jean CASANAVE pour être membre de l’Académie de Béarn. Celui-ci, qui se définissait comme « simple curé de campagne » ne voyait pas trop à quel titre il pouvait prétendre figurer dans une assemblée où l’ Eglise était déjà représentée par deux évêques et qui avait compté parmi ses membre le regretté cardinal Eyt. Christian DESPLAT avait finalement vaincu ses réticences et lui rétorquant : « Justement, vous représenterez le bas clergé ! »

Dans son discours d’accueil, Christian DESPLAT, avec le talent qu’on lui connaît, faisait un parallèle original entre le prêtre et le professeur d’université que tout semblait opposer dans l’opinion publique mais qui se rejoignaient sur de nombreux points : « Peut-on être prêtre ou professeur sans être fou ? » Il insistait sur les qualités de Jean CASANAVE, humaniste, philosophe et premier prêtre blogueur de sa connaissance. Il le cite : « Ne pas céder à l’agitation. C’est par elle que les médiocres se rendent indispensables... N’accomplir qu’une tâche par jour, mais complètement... »

Quant au discours de Jean CASANAVE, je compte vous en reparler dans quelque temps, lorsqu’il l’aura fait paraître sur son blog car il mérite qu’on s’y arrête un peu plus longuement.

Cette cérémonie m’a paru intéressante à plus d’un titre :
➢ Voilà une vénérable institution, de tous temps élitiste et confidentielle, qui ne cache pas son mépris pour « les facéties de la vie politique » et qui transmets , pour la première fois, la Présidence à une femme (ce que n’a pas manqué de souligner Madame le Maire, Martine LIGNERES-CASSOU), et une femme, qui plus est, engagée dans la vie politique puisqu’elle est conseillère municipale !
➢ Voilà une nouvelle Présidente qui prône l’ouverture et qui annonce son intention de créer un site internet pour faire connaître l’Académie de Béarn
➢ Voilà un professeur d’université, traditionnellement « bouffeur de curés », qui se prend d’estime pour un « simple curé de campagne » au point de le faire rentrer comme membre titulaire de son académie
➢ Voilà une « société savante » qui honore un prêtre parce qu’il se consacre à la formation des « acteurs de pays dans le monde rural »
Tous ces évènements me paraissent d’avantage porteurs d’espoir que les performances de l’équipe de France de foot, et, à votre avis, combien de journaux en ont parlé ? Un seul : L’Eclair des Pyrénées dans un très bon article de Marie-Pascale OLIVIER (encore une femme...)
A suivre ...


- par Jean-Yves Spinelli


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Votre commentaire



> Connaissez-vous l’ Académie de Béarn ?
24 juin 2008  

Waouh, attention, ça va décoiffer dans le Béarn : l’Académie de Béarn va ouvrir un site internet ! Quelle audace ! On sent le souffle du renouveau qui balaie tout sur son passage, le vieux monde tremble sur ses bases devant le modernisme époustouflant de l’Académie !

Cet article est vraiment à mourir de rire.

"une vénérable institution, de tous temps élitiste et confidentielle, qui ne cache pas son mépris pour « les facéties de la vie politique » "  : quelle impertinence ! Les guignols de l’info sont enfoncés et se sabordent devant tant d’irrévérence !

"et qui transmets , pour la première fois, la Présidence à une femme"  : alors là je crains que ce geste beau et fort ne soit trop en avance sur la société et soit finalement mal perçu. Les Palois de base n’ont pas l’habitude de voir des femmes accéder à de tels responsabilités et pourraient mal réagir : il ne faut pas brusquer l’évolution de la société, et je crois que l’Académie aurait du attendre 2 ou 3 générations de plus afin d’opérer cette révolution !

"Voilà un professeur d’université, traditionnellement « bouffeur de curés », qui se prend d’estime pour un « simple curé de campagne » au point de le faire rentrer comme membre titulaire de son académie"  : il est d’ailleurs tellement bouffeur de curés qu’il est dit par ailleurs qu’il y avait déjà deux évêques dans l’Académie...

"Voilà une « société savante » qui honore un prêtre parce qu’il se consacre à la formation des « acteurs de pays dans le monde rural » "  : les "acteurs de pays dans le monde rural"... Mais qu’est-ce donc ? Des comédiens locaux qui se produisent exclusivement dans les salles des fêtes ?

Et bien non je ne connaissais pas l’Académie de Béarn, mais cette révélation va certainement changer le cours de mon existence. Car je sais maintenant que le Béarn est entré de plein pied dans le 21ème siècle et se prépare à devenir la Californie de demain grâce à des bataillons d’Académiciens, la breloque au cou et l’estomac calé par le civet de sanglier du banquet annuel.

  • > Connaissez-vous l’ Académie de Béarn ?
    28 août 2008  
    Moi je trouve que c’est plutôt pathétique , et je suis d’accord avec vous sur le fond . Mais que vient faire madame Bensousan dans cette "Académie" (excusez-moi du peu ) Cette personne a une autre envergure et certainement un autre destin que celui de se perdre en des lieux sentant la naphtaline, entourée de viellards plus ou moins cacochymes et plutôt pédants (on peut se demander d’ailleurs pourquoi ...)

  • > Connaissez-vous l’ Académie de Béarn ?
    24 juin 2008, par AML  

    Je salue, personnellement, l’aparition des femmes (trop peu nombreuses) dans notre Société.

    Pourquoi le Béarn (même profond !)ne pourrait-il, lui aussi, commencer à se "réveiller" ?

    Un brin de "raison" pourrait peut-être alors souffler ........

    > Connaissez-vous l’ Académie de Béarn ?
    24 juin 2008  

    Nous pouvons également nous réjouir d’avoir une autre société savante Société des sciences, lettres et arts de Pau


    Notice disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, par M. Christian DESPLAT, professeur à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour

    La première SSLA de Pau fut fondée le 30 janvier 1841 ; héritière de l’Académie Royale du XVIII° siècle elle présentait quelques analogies avec cette institution : un cénacle étroit de 36 membres résidents, de 46 membres non résidents et de 10 correspondants. Les membres devaient acquitter une lourde cotisation annuelle. Présidée par un professeur au Collège Royal, la SSLA recrutait dans la bourgeoisie libérale et volontiers républicaine (V. Lespy, P. Sacaze). Elle fonda un Athénée municipal qui donnait des cours gratuits de Droit, d’hygiène, de littérature et d’astronomie. Sans doute faute de moyens, cette Société, en dépit de la qualité de son enseignement et de ses publications, (un volume de 384 pages en 1843), cessa ses activités en 1843. Refondée le 29 juin 1871, avec la bénédiction du Préfet, pour « relever le niveau des œuvres de l’esprit », la nouvelle SSLA comptait 67 membres, dont 27 hommes de loi, juristes et magistrats. Elle conjuguait élitisme et méritocratie. On y retrouvait des sociétaires de 1841, républicains (l’archiviste P. Raymond, le bibliothécaire L. Soulice), des médecins (Duboué, V. Meunier). La magistrature était souvent issue d’anciennes familles parlementaires ; les enseignants du Lycée de Pau étaient bien représentés, côtoyant des personnages issus du monde des "hivernants", Anglais ou membres de vieilles familles gasconnes : Gontaut-Biron, Laussat. La SSLA d’abord inspirée par l’esprit de revanche fut en réalité un lieu de mixité sociale et intellectuelle entre les descendants des élites d’Ancien Régime et ceux de la méritocratie républicaine. Dès 1872, elle comprenait 159 adhérents et correspondait avec 32 sociétés soeurs. Jusqu’à la Grande Guerre, ses présidents furent choisis parmi les présidents de la Cour d’appel et son premier secrétaire, l’archiviste P. Raymond, inamovible, fut longtemps la cheville ouvrière de la Société. Elle publia chaque année un Bulletin, (sauf entre 1920-1925 où furent pliés des fascicules trimestriels) ; la première guerre mondiale contraignit par ailleurs la Société à regrouper en un seul volume les années 1914--1917 et 1918-1919. Entre 1871 et 1884, le Conseil changea chaque année de président. A partir de 1884 commencèrent de très longues présidences ; celle de L. Lacaze, inspecteur des domaines et d’A. Planté, un notable orthézien. A Planté fut un des fondateurs de l’Union historique et archéologique du Sud-ouest et de l’Escoule Gaston Fébus. En 1912, la SSLA confia sa présidence au chanoine Victor Dubarat qui la conserva jusqu’en 1937. De 1843 à 1914, la SSLA de Pau consacra l’essentiel de son activité à des travaux historiques et archéologiques ; mais elle publia également des articles scientifiques : quelques uns de mathématiques et de physique et surtout de sciences naturelles (géologie et climatologie). Ce type de publication disparut après 1914. Naturellement consacrée à l’histoire du Béarn, la SSLA ne s’est jamais enfermée dans le régionalisme. La grande majorité des travaux traitait d’histoire sociale, un quart des articles, d’histoire politique et culturelle, à égalité, des sciences auxiliaires. L’histoire économique et religieuse furent d’abord délaissées, à l’exception d’un vif débat autour de la Réforme calviniste entre le pasteur Cadier et le chanoine Dubarat et des travaux sur l’histoire des forges et des ressources minéralogiques. Au cours de la période antérieure à 1914, le Bulletin se distingue enfin par la publication de nombreux textes inédits, souvent disparus depuis.

    N.B : La publication de la SSLA a pris, depuis 1973, le nom de REVUE DE PAU ET DU BEARN. La SSLA a par ailleurs publié en 1993 un INDEX général (1841-1992).

  • > Connaissez-vous l’ Académie de Béarn ?
    29 août 2008, par Autochtone palois  

    La SSLA a une autre envergure que l’Académie de Béarn. Elle nous a légué une mine d’or avec sa revue savante partiellement numérisée par la BNF (Voir Gallica). Par exemple vous y trouverez une proposition d’un vénérable colonel pour donner un nom à ces nouveaux aéronefs qui ont un moteur, qu’on finira par appeler "avion".

    L’Académie de Béarn, c’est comme l’Académie des (3) Vallées, ou la Garbure, des sociétés savantes ou d’amis, héritées soit du 19° siècle, soit de la 1° moitié du 20°S. Les membres sont en principe cooptés, choisis parmi les relations du milieu.

    Dans le cas de la Garbure, créée par Louis Barthou, c’est l’élite béarnaise de Paris que se retrouve de temps en temps au Senat. Vous n’y trouverez pas de postiers béarnais.

    L’Académie des Vallées vient de se réveiller en publiant en 2007 un bulletin. On attend impatiemment le prochain.

    Le Béarn académique ronronne doucement mais il ne dort pas tout à fait. Il y aurait une étude anthropologique ou ethnologique à faire sur ce monde là.

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