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André ARRIBES

lundi 4 mai 2009 par Bernard Boutin


André ARRIBES, Maire de Bizanos, siège à la communauté d’agglomération depuis sa création. Il est un « ancien » par rapport aux « nouveaux » de Lescar, Lons, Jurançon ou encore Pau. Son expérience peut être critique par rapport à la CDA d’aujourd’hui.

Alternatives Paloises - Une des missions premières de la communauté d’agglomération est le développement économique. Où en est-on ?
André ARRIBES - On a pris du retard et les possibilités financières vont être de plus en plus réduites. (réforme de la TP).  Il nous a manqué une réflexion économique globale dès le départ. Cela devait commencer par les routes.  Une deuxième sortie d’autoroute aurait du être lancé depuis longtemps. Au lieu d’être centrale, il en fallait deux aux extrémités dont celle de Morlanne. Les routes de Meillon, de Gan, de Bordeaux sont saturées. Aéropolis et Turboméca sont demandeurs d’un accès sur Nousty et rien ne se fait. Je crains pour la pérennité du site.

La première chose que nous aurions du mettre en place au travers du SCOT était un schéma global de circulation avec de nouvelles pénétrantes. On a pris 10 ans de retard. Notre secteur est insuffisamment attractif pour un nouveau chef d’entreprise avec toutes ces difficultés de circulation.

Pour ce qui est du foncier, Bizanos a peu d’espace disponible en dehors des 30 hectares que nous avons en commun avec Pau où sont installés Dehousse (fermé) et Gaz de France qui se désengage. Mais, ce ne sont pas des terrains libres de bâtiments...

Alternatives Paloises - Pas très optimiste tout cela. La CDA, avec votre recul, un échec ou un succès ?
André ARRIBES - Ni l’un, ni l’autre. On a tout simplement manqué d’ambition. Il y a eu des projets dans le domaine de la culture qui nous coûtent chers comme les « Abattoirs » à Billère dont le plancher s’effondre. Il va en coûter 400.000 euros pour les remettre en état. Où encore la MDIR, la médiathèque intercommunale qui va finalement se placer au plein centre de Pau alors que du côté de la gare, elle aurait été ouverte à une population plus large : Gelos, Bizanos, Jurançon, Mazères Lezons et bien entendu Pau.

La Base d’Eaux-Vives va dans le bon sens. Elle sera facilement accessible aux résidents proches de toutes les communes que je viens de mentionner. C’est un outil structurant qui va mettre un certain temps à démarrer mais l’UCPA sera un bon gestionnaire.

Alternatives Paloises - On n’a pas parlé des transferts de compétences. Faut-il aller plus loin ?
André ARRIBES - Telle que fonctionne la CDA, il convient d’abord de tout mettre à plat. Il y a des aberrations. La salle multimédia de Pau est communautaire avec des tarifs très bas. Les communes ont leurs propres salles multimédia qu’elles gèrent elles-mêmes. On se fait concurrence à soi-même.

L’Ecole de Musique de Pau est communautaire. La mienne est communale. Un prof de musique qui enseigne dans 4 écoles différentes sur la CDA a droit à 4 fiches de paye...

Pour les piscines, Bizanos n’a pas les moyens de s’en offrir une. Il faudrait que le développement des piscines sur la CDA se fasse selon un schéma d’implantation communautaire pour qu’il y ait un équilibre dans leur répartition sur le territoire. Pour ma part, je la verrai bien du côté de la Base d’Eaux-Vives avec cette proximité à nouveau des villes de Gelos, Bizanos, Jurançon, Mazères Lezons et Pau.

Alternatives Paloises - Martine Lignières Cassou dit qu’il convient de donner du sens à la CDA. Vous aller travailler là-dessus très vite. Quelques pistes pour vous... 

André ARRIBES - Il y a tout d’abord un problème physique. Initialement, la CDA devait être regroupée en un seul lieu : la villa Ridgway. Cela ne s’est pas fait. la palce été allouée à la direction de Turboméca et d’autres entreprises.  Au fur et à mesure des transferts de compétence, la CDA s’installe là où elle le peut. Elle est aujourd’hui sur 5 ou 6 sites différents. Comment voulez-vous que cela soit efficace ? Elle est au Pavillon des Arts, à l’Hôtel de France, à la Galerie du Claridge, sur Trespoey pour l’assainissement, au dépôt d’Indus Nord pour les services techniques... A l’arrivée, cela représente près de 500 personnes dont les responsables sont eux à la Mairie de Pau pour le directeur général des services, le directeur financier et le DRH.

Alternatives Paloises - Justement, le nouveau DGS de la ville de Pau et de la CDA s’emploie activement à réorganiser les services en y mettant des directions par pôles à la fois pour Pau et pour l’agglomération ?
André ARRIBES - Oui, mais je ne suis pas persuadé par la double casquette qu’auront tous ces nouveaux directeurs de pôles. Il y aura un amalgame difficile à gérer. Très vite, d’ailleurs, il va falloir embaucher des bras droits pour ceux-ci afin de les épauler dans le cadre de la CDA. Cela va couter cher. Ce qui conviendrait aussi, c’est de bien identifier l’administration de la CDA en un seul et même site.

La réorganisation se fait à une très grande échelle. Elle aurait dû aller plus progressivement. En plus, il y a un manque de clarté, de communication... et donc de confiance. Qui est qui ? Qui fait quoi ?

- propos recueillis par Bernard BOUTIN


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Votre commentaire



> André ARRIBES
8 mai 2009, par georges2  

Je suis assez déçu que A@P considère que l’économie soit la mission N°1 du comité d’agglomération. S’il ne fait aucun doute que cela constitue une mission importante, il en résulte néanmoins, quand on interroge un représentant de cette institution, qu’il soit aussi fondamental d’évoquer l’autre mission prioritaire qui est la vision culturelle que l’on envisage pour l’agglomération paloise. Le constat du coût excessif de la remise en état des abattoirs de Billère laisse penser que cet aspect des dépenses n’est pas jugé, par cet interlocuteur, comme bien utile. L’agglomération paloise est centrée sur la culture, au sens propre et au sens figuré, de la viticulture, et, sur Pau, dont le passé historique est particulièrement riche, à la fois pour son XVIIème siècle avec Henri IV, la fin du XVIIIéme et le début XIXème avec Bernadotte, la période, plus proche de nous, de l’essor de l’aviation. La proximité de la montagne est une source inestimable de culture pour la connaissance de la vie des animaux, des plantes, des hommes dans ce milieu rude mais vrai. De nos jours, le rayonnement de l’Université ,tant au niveau de la qualité de son travail intellectuel que de sa jeunesse étudiante, mérite une attention toute particulière ; il serait intéressant de leur offrir des activités autres que la possibilité de « saouleries » au niveau du triangle ou ailleurs ! De nombreuses villes moyennes de France ont su tirer parti de cet état exceptionnel avec profit, je pense à Avignon, Sarlat, Orange, La Rochelle, St Emilion, etc, etc. Il n’y a pas que le sport, ces villes ont su attirer dans le centre ville, (pour répondre à la demande de nos commerçants) des touristes au moment des activités de pointe et même tout au long de l’année, grâce à un aménagement mettant en valeur ce passé, et grâce à des spectacles périodiques incluant le théâtre, le lyrique, la danse, la musique classique.Tout ceci n’est possible qu’avec une volonté concertée de le réaliser. J’ai bien peur que le développement d’entreprises périphériques, l’enfouissement du CO2, les autoroutes, etc., ne soient pas la solution pour redonner du sens à la vie de notre ville !

  • > André ARRIBES
    8 mai 2009, par cordebrume  
    inquiet

    Où est le vrai Georges ? Quand on lit ton message on est perplexe sur la synthèse et inquiet sur ta santé... car on ne comprend : ni ce que tu dis, ni ce que tu as voulu dire, ni à qui tu t’adresses et encore moins ce que tu cherches. Georges on était habitué à mieux avec toi, il faut te ressaisir, Tu as trop fêté la "victoire des autres" .

  • > André ARRIBES
    4 mai 2009, par pehache  

    André Arribes dit beaucoup de choses censées sur la CDA (le manque d’ambition, le manque de réflexion globale dès le départ, des incohérences dans les compétences, l’emplacement de la MIDR, l’éclatement géographiques des services de la CDA...).

    Par contre sur certains points il est difficile de le suivre :

    La Base d’Eaux-Vives va dans le bon sens.

    Vu qu’il l’a votée, il lui est difficile de dire autre chose. Pourtant cette base d’eaux-vives est une aberration complète si on considère son coût (14M€) et son utilité (qui va en profiter ?), un des derniers avatars de la politique paillettes et prestige de Labarrère, qui avait réussi à entraîner les maires de la CDA dans ses rêves de grandeur.

    Tout ce qu’on peut faire maintenant c’est limiter la casse d’un établissement qui va être de toutes façons déficitaire.

    Pour les piscines, Bizanos n’a pas les moyens de s’en offrir une. Il faudrait que le développement des piscines sur la CDA se fasse selon un schéma d’implantation communautaire pour qu’il y ait un équilibre dans leur répartition sur le territoire. Pour ma part, je la verrai bien du côté de la Base d’Eaux-Vives avec cette proximité à nouveau des villes de Gelos, Bizanos, Jurançon, Mazères Lezons et Pau.

    Bizanos n’a pas les moyens de contruire une piscine, a dit à Pau au travers de la CDA que Pau devait se débrouiller seule pour "sa" piscine sans l’aide de la CDA, mais voudrait que cette piscine soit bien placée pour les Bizanosiens. Un peu facile, non smiley ?

    Qui fait quoi ? la bonne question...
    4 mai 2009, par Daniel Sango  
    Qui fait quoi ? La bonne question...

    Les propos d’André Arribes illustrent d’une manière claire mais inquiétante la situation ubuesque de la CDA. Situation que l’on retrouve d’ailleurs plus ou moins dans l’ensemble des intercommunalités. La mutualisation des compétences n’a pas apporté les gains espérés, les communautés de communes ont embauché et continuent d’embaucher, les communes n’ont pas optimisé leurs postes de travail. Le bilan national dans ce domaine est éloquent. Les doublons (et plus) persistent, on complexifie au lieu de simplifier... Et que dire de la démocratie dans cette structure qui lève l’impot composée de conseillers non élus et qui ne rendent pas compte aux citoyens ? Tous les élus connaissent cela, mais le statut quo permet de laisser une place importante aux pouvoirs personnels locaux...

    A terme tout le monde est convaincu de la nécessité de mettre en place des organisations claires, bien comprises par le citoyen (qui doit pouvoir porter un jugement objectif sur l’action de ses élus)

    Alors posons la bonne question : que doit-on laisser comme compétences aux communes ?

    A part quelques actions "de proximité" qui pourront être menées d’une manière plus efficiente il ne restera au bout du compte plus grand chose. L’organisation sera devenue claire, efficiente, compréhensible pour le citoyen...

    Mais pourquoi donc les élus y sont ils hostiles ? ........ !

  • > Qui fait quoi ? la bonne question...
    4 mai 2009, par vval  
    Mr Sango "Mais pourquoi donc les élus y sont ils hostiles ? "Celà devrait vous sauter aux yeux. Que va devenir le petit puvoir des maires ? Mr Arribes dit plein de choses interesantes mais il reconnait que ce sera très difficile de les mettre en pratique. Je n’ai pas l’impresion qu’à aucun moment ils se posent la question, que nous contribuables nous nous posons.

  • > Qui fait quoi ? la bonne question...
    4 mai 2009, par CHAUVRY  
    Daniel SANGO pose la bonne question :que doit on laisser comme pouvoir aux communes et avec franchise il répond" rien". ET bien non nous voulons une démocratie de proximité : des communes de 10000 habitants comme nombre de villes de la périphérie paloise doivent pouvoir avoir leur destin en main , la responsabilité de la CDA étant limitée à la mutualisation de moyens communs . NON à une CDA technocratique supracommunale , OUI à une communauté de communes

  • > Qui fait quoi ? la bonne question...
    4 mai 2009, par pehache  

    des communes de 10000 habitants comme nombre de villes de la périphérie paloise doivent pouvoir avoir leur destin en main , la responsabilité de la CDA étant limitée à la mutualisation de moyens communs .

    Non, ça ne peut pas marcher comme ça : qu’elles le veuillent ou non, ces communes font partie maintenant d’une seule entité urbaine avec Pau et les autres communes. C’est comme ça, c’est un fait. Ce ne sont plus des villages qui étaient à l’écart du bourg principal, et l’urbanisation croissante a fait que tout est maintenant relié.

    Toutes les communes sont maintenant interdépendantes et ça n’aurait aucun sens que chacune prétende tirer dans sa direction sans se préoccuper de ce qui se passe à côté de chez elle. On comprend bien que certaines préféreraient continuer à profiter des infrastructures dues à la taille de la ville-centre sans y contribuer, mais il va néanmoins falloir que ça change...

  • > Qui fait quoi ? la bonne question...
    4 mai 2009, par cordebrume  
    on ne se rassemble plus au son de la cloche

    A Mr Arribes...Je ne suis pas d’accord avec votre vision du monde...il y a longtemps que ce stade est dépassé, aucun pays ne peut maitriser ses choix car la finance est internationale, les choix de production doivent répondre à des besoins mondiaux et ainsi de suite. Alors se cantoner à une dimension de petite commune de 10000 habitants ne veut strictement rien dire. Produire c’est facile vendre c’est plus dur. Je crois que selon les richesses d’une région il faut développer des centres d’opportunité. Exemple : On peut élever des moutons alors faisons "de la verticalisation sur toute la chaîne des Pyrénées et ainsi de suite. Ce que je dis a déjà un exemple ; sur le plan thermal vous avez entendu parler de la chaine thermale du soleil ? eh bien, c’est à ce prix qu’elle a pu résister et se développer. Les Casinos c’est pareil s’il n’y avait pas que deux "trusts" du jeu d’argent,ils auraient disparus. Il faut faire un regroupement selon les activités ( l’aéronautique, l’automobile, les céréaliers, la viande, et concentrer les moyens de recherche de développement et de vente sur le plan le plus large possible pour représenter une force crédible. Alors les yoyos de gouvernance locale sur fond de privilèges politiques, vous m’excuserez, mais c’est du temps perdu. Il y a 2000 ans le Christ avait compris qu’il fallait s’étendre avec un seul siège social mondial et des "apôtres" pour rassembler. Ca tient toujours, suivez le modèle. Il y en a de mauvais avec Monsanto mais...faites mieux ! . Dans sa cuisine on ne fait que la recette de la maîtresse de la maison et...il vaut mieux dire que c’est bon. Voilà pourquoi les rivalités de clochers ne servent à rien et Sarkozy l’a compris, car pour lui le destin de la France s’inscrit dans l’Europe ELARGIE ou ne sera pas. Même si on n’adhère pas à tout, force est de reconnaître qu’il n’a pas tort. MM Arribe, Laine et les autres..... ne vous fatiguez pas chacun dans votre coin. l’Artisanat c’est fini.

  • > Qui fait quoi ? la bonne question...
    5 mai 2009, par Vval  
    Cordebrume, votre prose parfois m’exaspère et d’autre fois comme maintenant exprime mes pensées. Certains sont encore comme les derniers mohicans, mais la réalité les rattrape toujours.

  • > Qui fait quoi ? la bonne question...
    8 mai 2009, par cordebrume  
    le vrai caché

    Et oui cher Vval, comme quoi tout arrive à qui sait attendre et le bouffon n’est pas forcément aveugle, il le devient par imitation et là ça déborde par ironie.

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