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Willy Ronis : Création et partage

mercredi 16 septembre 2009


Je voudrais aujourd’hui exprimer mon émotion à l’annonce de la mort de Willy Ronis. C’est pour moi une boussole dans le domaine de la culture.

La photographie est un art qui peut paraître à certains mineurs. Ronis est de ceux qui sont capables de transcender la réalité. La photographie de la chose simple était pour lui l’occasion d’exprimer à la fois la douleur de l’existence et la nécessité de son dépassement. Il nous donne à voir tout simplement.

Son œuvre connaît une diffusion méritée, personne n’a pu passer à coté d’au moins une de ses photos, personne n’est resté insensible à l’émotion que chacune d’entre elle dégage.

Il y a quelques années, une exposition paloise avait été l’occasion de présenter son livre : « La montagne de Willy Ronis », pour nous qui avons nos Pyrénées présentes au quotidien, nous ne pouvons les regarder de la même façon.

Certes les clichés n’étaient pas Pyrénéens, mais le thème a cette universalité grandiose qui permet de dépasser nos étroitesses. 

Avec lui disparaît un artiste, mais reste une voie celle de la création et du partage. C’est en cela que tous ceux qui sont engagés dans le domaine de la culture ont une leçon permanente qui résonne comme une petite musique.


- par Héléne Lérou-Pourqué
Maire-Adjointe à la culture à Pau


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> Willy Ronis : Création et partage
16 septembre 2009, par AK Pô  

Avec lui disparaît un artiste, mais reste une voie celle de la création et du partage. C’est en cela que tous ceux qui sont engagés dans le domaine de la culture ont une leçon permanente qui résonne comme une petite musique.

Cette petite musique si vraie, cette magie du petit oiseau qui sortait en disant "ne souriez pas forcément" de la boîte des Doisneau, Kertész, Boubat, C. Bresson, Brassaï, Avedon, etc, tombe peu à peu dans les oreilles de sourds. Les grandes agences photo (Gamma, Rapho, Keystone par exemple) sont soit inféodées à de grands groupes de presse (ici Hachette), d’industriels ((SIPA Press chez P. Fabre) soit en grande difficulté matérielle (Magnum, je crois). Ce qui n’empêche en rien la volonté des reporters d’accomplir leur métier à hauts risques (Poveda, Abba, Paolo Pellegrin...), des artistes de peaufiner leurs oeuvres (Lachapelle, Salgado, B. Rheims), dans l’intégrité de leurs démarches personnelles.

Ce qui me semble le plus négatif depuis l’apparition du numérique est la consommation d’images, tout comme le voyage est devenu l’art du déplacement.On photographie à-tout-va les gens, qui en ont marre d’être pris pour des singes, sans aucune pudeur, et tout ce qui fait des souvenirs aussi ringards que les gondoles en plastique de nos grands-parents. Bref, on ne regarde plus, on mitraille, et l’image va mourir au fond d’un ordinateur qui s’ennuit à imploser.

L’autre aspect, celui que génère indirectement le précédent, est désormais l’interdiction de photographier notamment des groupes de gosses qui jouent, traversent la rue accompagnés par des instits : "pupitres bien rangés et maîtresse enjouée, c’est l’école des années cinquante, celle que Robert Doisneau a pu fixer dans son objectif. Des images aujourd’hui impossibles à prendre à moins d’obtenir les multiples autorisations ou de flouter les regards. Alors, à défaut d’images actuelles, régalons-nous du regard de R. Doisneau..." (in Polka Magazine n°6). C’est un fait parfaitement admissible, sur lequel il n’y a pas à revenir ici. C’est simplement une part de spontanéité, de mimiques, d’innocence qui disparaît irrémédiablement. Les touristes pratiquent-ils ces mêmes restrictions dans les pays dits sous-développés, j’en doute. L’image n’a pas la même valeur à Tombouctou ou Caracas qu’à Pau ou Hanovre.

Willy Ronis a pratiqué toute sa vie la photographie buissonnière, en parcourant notamment le XXe arrondissement de Paris. C’est dans le quotidien qu’il faut trouver l’indispensable moment lumineux, celui qui imprime la mémoire et survit dans les yeux. Création et partage, voir et entendre, déjà deux sens pour une seule vie.

  • > Willy Ronis : Création et partage
    16 septembre 2009, par pehache  

    Ce qui me semble le plus négatif depuis l’apparition du numérique est la consommation d’images, ... On photographie à-tout-va les gens, qui en ont marre d’être pris pour des singes, sans aucune pudeur, et tout ce qui fait des souvenirs aussi ringards que les gondoles en plastique de nos grands-parents. Bref, on ne regarde plus, on mitraille, et l’image va mourir au fond d’un ordinateur qui s’ennuit à imploser.

    Moui, bon... Avant le numérique les images allaient mourir dans une boîte à chaussures au fond d’un placard, ça n’était pas très différent.

    Le numérique n’a pas que des mauvais côtés, il a eu le mérite de désacraliser un peu la photo, et beaucoup d’amateurs lambda ont pu se rendre compte que ce qui faisait auparavant la différence entre le pro et les autres, c’était aussi la taille de la poubelle : le pro pouvait se permettre de griller 10 films pour sortir LA belle image qu’il publiait. Sauf cas exceptionnels, les pros ont toujours mitraillé, y compris les grands artistes de la photo. Avec le numérique la différence c’est que maintenant tout le monde peut mitrailler.

    L’autre aspect, celui que génère indirectement le précédent, est désormais l’interdiction de photographier notamment des groupes de gosses qui jouent, traversent la rue accompagnés par des instits : "pupitres bien rangés et maîtresse enjouée, c’est l’école des années cinquante, celle que Robert Doisneau a pu fixer dans son objectif. Des images aujourd’hui impossibles à prendre à moins d’obtenir les multiples autorisations ou de flouter les regards.

    Oui et non : la loi n’interdit de prendre aucune photo, même avec des personnes ou des enfants, dans les lieux publics. C’est la diffusion qui est règlementée, avec un droit à l’image des personnes photographiées qui fait des ravages.

    Mais même en restant dans les clous de la loi, essayez de simplement photographier des enfants dans la rue : vous serez vite soupçonnés de pédophilie (situation vécue par une connaissance). Du coup plus personne ne le fait...

  • > Willy Ronis : Création et partage
    16 septembre 2009, par AK Pô  

    Moui, bon... Avant le numérique les images allaient mourir dans une boîte à chaussures au fond d’un placard, ça n’était pas très différent ;

    Moui, bon... l’argentique avait un coût, donc déjà donnait plus de respect à la prise de vue, le gaspillage étant onéreux, on était plus attentif, plus proche du résultat escompté. Et les boites à chaussures ne sont pas verrouillées, même si les greniers tendent à disparaître.

    et beaucoup d’amateurs lambda ont pu se rendre compte que ce qui faisait auparavant la différence entre le pro et les autres, c’était aussi la taille de la poubelle : le pro pouvait se permettre de griller 10 films pour sortir LA belle image qu’il publiait. Sauf cas exceptionnels, les pros ont toujours mitraillé, y compris les grands artistes de la photo.

    La distinction entre un pro et un amateur réside en tout premier lieu dans le matériel utilisé, qui n’a rien de comparable : agrandissez une photo à un format supérieur à une carte postale, et vous verrez très vite la différence. Pour le mitraillage, il est évident que tous les professionnels le pratiquent, pour des raisons techniques d’abord, et artistiques ensuite (la photo dite de mode n’est pas constituée d’un seul instantané, la lumière, le mouvement, l’expression, etc font partie du métier et nécessitent différents cadrages, rushes, etc).

    Mais même en restant dans les clous de la loi, essayez de simplement photographier des enfants dans la rue : vous serez vite soupçonnés de pédophilie

    Je pense que c’est dans ce sens qu’a été instaurée la loi, que je regrette au même titre que l’interdiction d’introduire une bouteille d’eau dans un avion...

    Enfin, un point que je n’ai pas abordé précédemment : le numérique permet la retouche à outrance. Or, le côté "instantané" de la photo me paraît primordial, pour la véracité, l’identification du spectateur face à l’oeuvre proposée (si l’on considère la photo comme un art, bien sûr). Or ce traficotage immodéré rend l’image fausse, virtuelle, absente d’émotion, sauf quand bien entendu elle le fait exprès (voir Lachapelle, Dingo ou Witkin dans un autre genre).

    Voilà ma reflexion d’amateur n’y connaissant techniquement rien. smiley

  • > Willy Ronis : Création et partage
    18 septembre 2009, par pehache  

    l’argentique avait un coût, donc déjà donnait plus de respect à la prise de vue, le gaspillage étant onéreux, on était plus attentif, plus proche du résultat escompté.

    Encore une fois, ce "respect" était inconnu du pro, qui n’hésitait pas à griller plusieurs films pour réussir une photo.

    Je pense que c’est dans ce sens qu’a été instaurée la loi,

    Ben non, puisque la loi ne dit rien sur ce sujet. C’est la pression sociale qui agit, là...

    Enfin, un point que je n’ai pas abordé précédemment : le numérique permet la retouche à outrance. Or, le côté "instantané" de la photo me paraît primordial, pour la véracité, l’identification du spectateur face à l’oeuvre proposée (si l’on considère la photo comme un art, bien sûr).

    D’une part, le numérique n’a rien inventé là. Le travail sous agrandisseur était (est toujours) à 90% un travail de retouche, le tirage brut d’un négatif ne donnant pratiquement jamais un bon résultat. Savoir faire "monter" un beau ciel chargé de nuages noirs menaçants était le B.A-BA de l’amateur de paysages. Et les virtuoses du négatif de l’ex-URSS savaient parfaitement effacer d’une photo officielle un personnage tombé en disgrâce depuis. Donc la retouche et traficotage ne datent pas d’hier.

    Par ailleurs je vois une contradiction là-dedans : si la photo est un art, pourquoi devrait-elle se contenter d’être une reproduction fidèle de la réalité, j’allais dire une simple photocopie ? Pourquoi l’artiste-photographe n’aurait-il pas le droit de prendre toutes les libertés pour créer l’image qu’il a envie de créer ?

    De toutes façons, la photographie n’a jamais été (ni prétendu être) une reproduction fidèle de la réalité. Une photo noir et blanc n’est certainement pas la reproduction fidèle d’une réalité qui est en couleur, par exemple.

  • > Willy Ronis : Création et partage
    18 septembre 2009, par Maximo  

    Ni reproduction de la réalité ni "transcendance de la réalité" [dixit Mme Lerou-Pourqué], cette dernière expression n’ayant, elle non plus pas de sens. La reproduction n’a aucun intérêt. Et l’art n’est pas non plus une transcendance ! On finit par lui en demander beaucoup...

    L’art est sa vision du monde que l’artiste offre à ses semblables. C’est en cela que le penseur* est intéressant : en ce qu’il nous livre sa réflexion et nous en enrichit.

    Car l’artiste est avant tout un penseur, n’est-ce pas ? J’espère que personne n’en doute, hein ? smiley

  • > Willy Ronis : Création et partage
    16 septembre 2009, par pehache  

    Dans les générateurs automatiques de textes je n’en ai pas trouvé pour les éloges funèbres, mais c’est un bon début smiley

    http://www.charabia.net/gen/full-list.php

  • > Willy Ronis : Création et partage
    16 septembre 2009, par Louis H  

    Si cet "éloge" de W. Ronis relevait d’une improvisation énoncée sous le coup d’une forte émotion, on pourrait se montrer indulgent pour Mme Lérou-Pourqué.

    On sera plus sévère car il semble bien s’agir ci-dessus d’un texte écrit diffusé par Mme l’Adjointe à la Culture et repris par A@P : juxtaposition de concepts nobles choisis sans trop de cohérence, emploi du vocabulaire bobo, ponctuation hasardeuse, bref tout ce qui caractérise le professeur agrégé d’après 1968.

    Sans négliger l’accord grammatical qu’elle a oublié en écrivant " la photographie est un art qui peut paraître à certains mineurs (sic) ". Oui, en 2009 il faut encore et toujours accorder l’adjectif avec le substantif et il y a cet s de trop. Nécessaire pour la compréhension de l’idée exprimée laborieusement et qui évitera qu’on cherche des noises à Mme Lérou-Pourqué en suivant du regard ces "certains mineurs", au lieu de scruter et de réfuter l’idée d’art mineur que serait la photographie selon certains.

    Reste une interrogation : quel est le message lorsque Mme Lérou-Pourqué s’avance à écrire

    "C’est en cela que tous ceux qui sont engagés dans le domaine de la culture ont une leçon permanente qui résonne comme une petite musique" ?

    * * * * *

    Mais le "coupable" de ces étrangetées est peut-être connu : l’école Lavigne où Mme Lérou-Pourqué fit ses humanités comme elle a tenu à le faire savoir (Sud-Ouest du 16 septembre).

  • > Willy Ronis : Création et partage
    16 septembre 2009, par AK Pô  
    Attention, Louis, une étrangeté peut en cacher une autre... smiley

  • > Willy Ronis : Création et partage
    16 septembre 2009, par Marc  

    Merci à HLP et Ak Pô pour ces intéressantes réflexions.

    A quand une rétrospective de Willy Ronis à Pau ?

  • > Willy Ronis : Création et partage
    18 septembre 2009, par Maximo  
    l’étrangetée de l’appartition de la photographie à des mineurs smiley

  • > Willy Ronis : Création et partage
    18 septembre 2009, par Maximo  
    Reste une interrogation : quel est le message lorsque Mme Lérou-Pourqué s’avance à écrire "C’est en cela que tous ceux qui sont engagés dans le domaine de la culture ont une leçon permanente qui résonne comme une petite musique" ?
    Je me suis demandé la même chose. qu’est-ce que cela veut donc dire ? smiley

  • > Willy Ronis : Création et partage
    18 septembre 2009, par pehache  

    Je me suis demandé la même chose. qu’est-ce que cela veut donc dire ?

    Euh, rien ?

    Je n’avais pas compris non plus, je suis rassuré de voir que je ne suis pas le seul smiley

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