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Odile BIEC

lundi 1 février 2010 par Bernard Boutin


Pau a « son » Ecole Supérieure des Arts et de la Communication, l’ESAC. Pourquoi « son » ? Tout simplement parce qu’elle est gérée en régie par la ville.
Tarbes a également son école. Les deux vont se regrouper pour former le « pôle pyrénéen des écoles supérieures d’art ».
L’Ecole de Pau va déménager et s’installer au Bâtiment de la Miséricorde à côté de la future médiathèque André Labarrère. L’investissement coûtera un peu plus de 10 millions d’euros* alors que le budget de fonctionnement de l’école pour 2009, voté au conseil municipal, est de 1,2 millions d’euros.
Bref d’un côté beaucoup d’ambitions, de l’autre beaucoup d’argent public. Une bonne raison pour A@P d’aller à la rencontre de la Directrice de l’ESAC, Odile BIEC, afin de mieux comprendre ce qui se trame et découvrir une école qui forme des jeunes qui trouvent du « boulot ». La raison. Sa spécificité : le design graphique et multimédia.

Alternatives-Paloises - Les palois sont souvent étonnés de découvrir que la ville finance et gère une « Ecole Supérieure des Arts et de la Communication ». Est-ce une spécificité locale ou une tradition française ?
Odile BIEC - C’est une tradition française. Il y a 57 écoles d’art en France dont 47 sont en régies municipales. Financées majoritairement par les villes, elles peuvent recevoir aussi des subventions du Ministère de la culture.

Alternatives-Paloises - A quand remontent ces écoles ?
Odile BIEC - Ces écoles peuvent être très anciennes même s’il y a des créations récentes. L’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris est l’ancienne Académie de peinture et de sculpture et date de 1648. D’autres écoles d’art sont nées à partir d’ateliers privés d’artistes. D’autres encore sont liées à des industries ou des artisanats particuliers, comme par exemple l’Ecole nationale supérieure d’art de Limoges liée à la Céramique ou l’école supérieur d’art d’Epinal liée à l’image etc.
Enfin, de nombreuses écoles actuelles sont d’anciennes écoles d’art ou de dessin municipales, issues d’une volonté d’émancipation culturelle qui s’est construite en province depuis les Lumières et au XIXème siècle. C’est une particularité française et il y a donc un lien très étroit avec des territoires.

Alternatives-Paloises - A Pau, quel type d’enseignement est dispensé pour quels diplômes ?
Odile BIEC - L’ESAC de Pau (Ecole Supérieure des Arts et de la Communication) délivre un diplôme à 5 ans : le DNSEP, le diplôme national supérieur d’expression plastique, option design graphique et multimédia.
Elle délivre aussi deux diplômes de premier cycle, à 3 ans, appelés DNAP, diplôme national d’art plastique. Un DNAP option art, l’autre DNAP option design graphique et multimédia.
Les étudiants qui prennent l’option art iront certainement faire un deuxième cycle dans une autre école d’art. Par contre, ceux qui rentrent à l’école pour l’option design graphique pourront continuer à l’école leur deuxième cycle.

Alternatives-Paloises - Le design graphique semble être le mot-clef de l’école. Qu’est-ce que c’est et vers quel type d’emploi cela conduit-il ?
Odile BIEC - Sophie Rocherieux a écrit dans le Guide des écoles graphiques (éd. Pyramide, 2005) : « Maquettistes, concepteurs multimédias, graphistes, webdesigners, directeurs artistiques, game designers, illustrateurs, typographes, infographistes... Au temps de la communication visuelle tout azimuts, les métiers de l’image sont aussi variés que les champs d’applications concernés : éditions, art, bande dessiné, presse, multimédias, publicité, communication institutionnelle, internet, jeux vidéos, cinéma, télévision, décoration, design, aménagement urbain, signalétique... »

Alternatives-Paloises - Donc, on l’a compris, tous les jeunes quand ils sortent de l’école trouvent un travail...
Odile BIEC - OUI (éclat de rire...).

Alternatives-Paloises - Vous vous rapprochez de l’Ecole des Beaux Arts de Tarbes, quelles en sont les raisons principales ?
Odile BIEC - Les raisons principales sont liées à l’harmonisation des enseignements supérieurs européens plus communément appelée la réforme licence-master-doctorat qui concerne des écoles supérieures d’art françaises comme tout l’enseignement supérieur d’ailleurs. Il faut pour cela que le DNSEP, le diplôme à 5 ans, soit homologué au grade de master.
Cette homologation oblige à changer de statut administratif et juridique puisque, pour le délivrer, les écoles d’art doivent être autonomes. Or la majorité est sous régie municipale.

Alternatives-Paloises - Tarbes et Pau doivent donc changer de statut...
Odile BIEC - Elles vont se transformer en un EPCC, établissement publique de coopération culturelle qui est le statut reconnu par le ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur, comme valant autonomie pour les écoles d’art. Nous nous devons d’en passer par là.
Le Ministère de la Culture demande que les EPCC aient plus de 200 étudiants, d’où la nécessité pour un grand nombre d’écoles d’art de se regrouper sur un territoire donné. Il y a là une volonté de rationalisation. (ndlr : 109 élèves sont inscrits à Pau, 95 à Tarbes)
Les regroupements doivent être pertinents. C’est le cas pour l’EPCC multisites Pau Tarbes : les deux écoles sont à 45 kilomètres l’une de l’autre, à 20 minutes par autoroute avec un nombre d’étudiants équivalent. Par ailleurs, elles sont complémentaires et non concurrentielles. Nous portons nos étudiants au DNSEP option design graphique et multimédia et Tarbes les porte à un DNSEP option art avec une coloration céramique.
L’idée est donc de construire ensemble sur notre territoire commun un pôle attractif avec un panel de formations large et spécifique. Par ailleurs, nous partageons des intérêts comme, par exemple, un regard sur l’Espagne qui nous ouvre d’autres perspectives vers un monde très créatif, notamment au niveau du design graphique, et qui utilise une langue qui est la troisième au monde.

Alternatives-Paloises - Quel regard avez-vous sur Pau ? La création dans la ville ?
Odile BIEC - Un école d’art se doit d’être ouverte sur le monde, sur sa société, son environnement. Elle est bien entendu un acteur culturel essentiel de la ville avec aussi pour mission de participer à la sensibilisation des palois à l’art et à la culture. Nous avons une galerie d’art où l’on reçoit des expositions d’artistes et de graphistes contemporains. Mais une école d’art, c’est aussi des pratiques amateurs. Des palois viennent à l’école d’art pour apprendre des pratiques. On est dans cette osmose qui me paraît essentielle.
Par ailleurs, les étudiants participent à des projets dans la ville et l’école a des partenariats, comme pour « Ouvrez-l’œil », réalisé en partenariat avec le Pôle Culturel Intercommunal de Billère. Ensemble, nous avions invité des jeunes graphistes, dont certains issus de l’école, mais aussi des graphistes reconnus nationalement ou internationalement comme Vincent Perrottet - http://vincentperrottet.com/ - un des graphistes français inscrits dans l’histoire du graphisme pour une exposition dans l’école et un évènement dans la ville. Il y a eu également une table ronde ouverte à tous, avec des intervenants reconnus, qui posait le rôle de l’affiche dans l’espace public. Avec le PCI, nous souhaitons reconduire cet événement Tous les ans en octobre. C’est un exemple d’ouverture, mais pour nous, l’ouverture à la ville est essentielle.

Alternatives-Paloises - Ce travail de passerelles que vous souhaitez développer attend impatiemment votre déplacement vers les nouveaux locaux de l’école à la Miséricorde à côté de la future Médiathèque André Labarrère...
Odile BIEC - Absolument. On sera en centre-ville et nous aurons une relation au public beaucoup plus évidente et quotidienne. On sera aux côtés de la Médiathèque ce qui permettra de former un vrai pôle culturel en centre ville.


- propos recueillis par Bernard BOUTIN

* Sur un investissement de 10,4 millions d’euros, 2 viennent du Conseil Général et 1,5 devrait provenir de la vente du site de la villa Formose. Madame Lerou-Pourqué s’est engagée lors du dernier conseil municipal à ce que la part financée par la ville ne dépasse pas les 7 millions d’euros

Le site de l’Ecole Supérieure des Arts et de la Communication de Pau : http://www.esac-pau.fr/

Le site de l’Ecole Supérieure d’Art et Céramique de Tarbes : http://www.esac-tarbes.com/ 


L’ESAC : les locaux

L’ESAC : les locaux

L’ESAC : les locaux

L’ESAC : Créa

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Votre commentaire



> Odile BIEC
20 janvier 2011, par AB  

Google met en valeur cet interview de Mme Biec, directrice de l’Ecole Municipale des Arts. Y a-t-il du nouveau concernant le budget de l’aménagement du bâtiment de la Miséricorde ?

  • > Odile BIEC
    21 janvier 2011, par AB  

    Oups ! J’avais complètement oublié que les personnes interviewées par A&P reçoivent systématiquement les adresses e-mail des contributeurs ultérieurs...

    Mme Biec me répondra peut-être personnellement ?

  • > Odile BIEC
    21 janvier 2011, par pehache  
    Ce ne sont pas les personnes interviewées qui reçoivent les emails, mais les signataires des articles. Ici le signataire est BB.

  • > Odile BIEC
    21 janvier 2011, par AB  
    Merci. J’avais mal compris...

  • > Odile BIEC
    1 février 2010, par pehache  

    Le coût d’installation de l’ESAC à la Misécorde va être de l’ordre 12 millions d’euros TTC, pour une capacité de 150 élèves.

    Si fait une simple règle de 3, c’est comme si on investissait 1 milliard d’euros pour le campus de l’UPPA.

    Ou 180 milliards à l’échelle de la France (2,2 millions d’étudiants)

    On plane totalement, à Pau, c’est ahurissant ! Les synergie de l’école avec le reste de la ville ? Anecdotiques...

    Des locaux neufs et modernes pour 150 étudiants ne devraient pas dépasser 5 millions d’euros HT (6 TTC). Surtout dans un contexte où la ville a besoin d’investissements énormes et où il y a plein d’autres priorités.

    Pour 350 étudiants, l’EISTI (école d’ingénieur privée paloise) va faire construire des locaux neuf pour 11 millions d’euros : coût par étudiant plus de 2 fois moindre que pour l’ESAC. Et l’EISTI n’est pas une école au rabais que je sache.

  • > Odile BIEC
    1 février 2010, par Marc  
    Il est amusant Boutin : Penot a le droit d’écrire que J.Y. Lalannne est nul en gestion et moi je demande, sans aucune critique, le CV de Mme Biec et je me fais censurer...

  • > Odile BIEC
    2 février 2010, par le coq  
    artriste

    Marc...tu perds les pédales cette fois ! On ne demande pas de publier un CV à d’autres personnes que le titulaire et le publier est une "félonie". Maintenant si tu veux publier le tien tu peux et on comprendra si tu dois être prof ou artiste en établissement ouvert ou fermé.

  • > Odile BIEC
    2 février 2010, par Marc  
    Cette personne dirige un établissement important qui coûte cher aux contribuables palois. Je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas le droit de connaître son parcours professionnel et comment elle est arrivée à ce poste. Je n’ai pas demandé de données personnelles.

  • > Odile BIEC
    2 février 2010, par Louis H  

    Marc pose une bonne question.

    Le recrutement "hors statut" ne peut être une cooptation faite dans le secret du cabinet du maire. Si la compétence sur le poste est évidente on ne comprendrait pourquoi ce qui est possible pour le recrutement de cadres sur des postes organiques de la mairie(exemple : le Directeur général des services, les directeurs adjoints) devient impossible pour un poste de régie municipale.

  • > Odile BIEC
    1 février 2010, par nico  

    Ce qui se passe avec l’EISTI me choque plus que ce qui se passe avec l’ESAC.

    Au moins cette école d’art et de communication elle va rester publique, et ses frais d’inscription restent accessibles pour ceux qui ne sont pas aisés financièrement. Au besoin, si cela s’avérait un échec, le bâtiment pourrait toujours être récupéré pour une autre activité.

    Ce n’est pas comme l’EISTI et ses frais d’inscription astronomiques. EISTI qui deviendra (si on reste en l’état de la procédure qui est prévue) propriétaire privé de cette école construite avec de l’argent public.

  • > Odile BIEC
    1 février 2010, par pehache  
    Disons que les deux sont choquants et correspondent à une dilapidation d’argent public.

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