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Serge FIGIEL

lundi 22 février 2010 par Bernard Boutin


Alternatives-Paloises - L’Université de la Citoyenneté, qu’est-ce que c’est ?
Serge Figiel - L’Université de la Citoyenneté est une association loi 1901 qui se définit comme étant l’association des Associations qui aide, accompagne tous les responsables de projets, dirigeants, bénévoles du monde associatif dans une approche de proximité et d’intérêt général.

Alternatives-Paloises - De quel type d’aide s’agit-il ?
Serge Figiel - L’aide au niveau du fonctionnement concerne toutes les questions liées à la vie associative depuis l’a naissance d’une association jusqu’à quelque fois sa mort, c’est à dire sa dissolution. Toutes les questions liées à la vie statutaire, juridique, administrative, au mécénat, à la recherche de financements, à la gestion des ressources humaines, comptable ou financière, etc.
Nous sommes dans un accompagnement d’aide et de conseils, au pluriel puisque nous ne sommes pas un cabinet spécialisé avec des avocats ou des juristes même si nous bénéficions d’importants réseaux ou partenaires en interne comme en externe... L’Université de la Citoyenneté est essentiellement un réseau associatif composé en 2009 de 357 associations issues, et c’est notre diversité, de tous les secteurs d’interventions (culture, prévention, loisirs, défense d’intérêts,...).

Alternatives-Paloises - La mission de l’Université de la Citoyenneté a toujours été la même ou a-t-elle évolué ?
Serge Figiel - Elle a évolué même si les fondamentaux restent là, c’est-à-dire, aider chaque citoyen à devenir encore plus citoyen. Pour nous, le vecteur de la vie citoyenne passait et passe aujourd’hui encore par le monde associatif. L’association existe depuis 1997, et au fil des années nous sommes devenus essentiellement un lieu de ressources et d’appui à la vie associative.

Alternatives-Paloises - La loi 1901 qui est la base de toutes les associations est-elle adaptée à son époque ?
Serge Figiel - Cette loi, votée en son temps avec une faible majorité, reste pour notre part une loi des plus importantes de notre société. C’est avant tout une loi de liberté, celle de s’associer, celle de « mettre en commun d’une façon permanente des connaissances », celle de créer une association à partir au minimum de deux personnes. Pour rappel, il est extrêmement simple de créer une association (il suffit de déclarer dénomination, but, siège social, administrateurs,...) mais, et on le distingue nettement au fil des années, il faut de plus en plus de professionnalisme et de compétence pour diriger une association.
De plus, ces associations peuvent être complètement différentes : cela peut aller d’une association de quartier par exemple composée uniquement d’une dizaine de bénévoles à une association beaucoup plus conséquente ou à un groupe associatif avec de nombreux employés comme l’ADAPEI, Béarn Addictions ou l’APS.
Ce qui nous intéresse principalement dans notre quotidien, ce sont les petites et moyennes associations avec ou sans salarié.

Alternatives-Paloises - Sait-on ce que représente le monde associatif à Pau et en France ?
Serge Figiel - A la préfecture de Pyrénées-Atlantiques, par rapport à la cette loi 1901, plus de 12.000 ont été déclarées - dont plus de 4 000 ont notamment leur siège social situé à Pau directement - plus de 25.000 pour l’ensemble du département. Mais la réflexion est de savoir combien sont-elles encore aujourd’hui toujours actives ou du moins en activité ?
Le seul véritable inconvénient par rapport à toutes ces associations est que beaucoup de dirigeants associatifs laissent leur association en sommeil voire dans l’oubli sans se soucier de la dissoudre ne serait-ce que par souci ou « obligation » statutaire. Ainsi le principe de dissolution même des associations est difficilement appliqué face à l’obligation réelle de création pour avoir une capacité juridique, une personnalité morale... Ainsi il est regrettable qu’un certain nombre d’associations restent dans des fichiers alors que plus personne ne les anime. C’est une gêne importante pour essayer de savoir concrètement si une association existe bel et bien en dehors des sa simple ...déclaration.

Alternatives-Paloises - Ce que l’on sait moins, c’est le nombre d’emplois crées par le monde associatif...
Serge Figiel - Globalement, un emploi salarié privé sur 10 en France se situe dans le monde associatif. A noter que cet emploi progresse plus vite que dans le reste du secteur privé.
Certaine études font également état que près de 80% des associations employeurs ont moins de 10 salariés, donc il s’agit bien de petites structures en majorité, ou que plus de 7%s des salariés en Aquitaine sont employés par des associations.
Ainsi le monde associatif est du point de vue de l’emploi, là également, une source de richesse et de développement.

Alternatives-Paloises - Le nerf de la guerre pour le monde associatif, comme pour le privé, c’est l’argent. De quelle façon intervenez-vous dans ce domaine ?
Serge Figiel - Il n’y a, heureusement, pas que l’argent (comme moteur ndlr) dans le monde associatif qui a, avant tout un but... non lucratif. La première fierté du monde associatif, est qu’il est d’abord composé de femmes et d’hommes qui se regroupent afin de faire vivre une passion ou un engagement.
Sa première richesse est qu’il est donc fait avant tout de militant(e)s, de bénévoles capables de donner de leur temps, et donc de l’argent si l’adage est toujours exact, et ce quelle que soit leur cause, leur idée ou leur projet à « défendre ».
Pour nous, bien évidemment toutes les causes restent importantes même si de par notre propre histoire les secteurs d’interventions liés à la Solidarité, à l’Humanitaire, à la Santé, au Social comme au Bien-être, au Développement personnel ou à l’Environnement restent souvent essentiels.
Certes, il est évident que l’argent est plus que nécessaire au monde associatif ne serait-ce que pour s’ancrer dans une réalité de moyens matériel, financier ou humain (avoir un local, réaliser une action, créer un emploi lié à l’action de l’association).
De ce côté-là, et par rapport à l’Etat par exemple, les choses ont toujours autant de mal à suivre, des conventions pérennes à se réaliser et l’obtention de subventions, qui restent bien évidemment une aide et non un dû, est une remise en question... permanente car trop souvent seulement annuelle. Beaucoup d’énergie sont ainsi mises à mal ou perdues devant l’ampleur de taches administratives, de négociations sans fin face à telle ou telle collectivité ou institution pourtant également Partenaire, ou de dossiers à préparer sans aucune certitude à ...l’arrivée. L’action est pourtant et doit rester au cœur même de l’acte de « militance » associative.
Chaque dirigeant associatif se bat ainsi au quotidien pour que les choses tiennent et avancent. Leur plus belle reconnaissance reste que souvent, et d’ailleurs, même en situation de crise, les choses ...tiennent et avancent. Là se joue certainement le potentiel et la vitalité de chacun de ces acteurs et de cet « esprit associatif » fait aussi de débrouillardise, de ressource et de passion. 

Alternatives-Paloises - Vous aidez les associations à trouver des subventions...
Serge Figiel - Nous les aidons, non pas par un financement direct, loin de là car nous ne sommes en rien une fondation mais nous les épaulons dans le montage des dossiers ou pour essayer de trouver le meilleur interlocuteur par rapport au projet défini. Cela peut les conduire vers le Conseil Général ou vers une municipalité mais aussi vers la Région si par exemple l’action de l’association se situe à l’échelle de plusieurs départements, ou au niveau national ou de ministères.

Alternatives-Paloises - Quel projet aimeriez-vous réaliser pour l’Université de la Citoyenneté ?
Serge Figiel - Notre projet reste toujours le même : dynamiser, aider au développement. Nous ne sommes pas les seuls puisque nous faisons partie par exemple du Réseau des Points d’Appui Locaux à la Vie Associative qui regroupe une dizaine de membres comme le Centre Social de la Pépinière ou Léo Lagrange.
Nous sommes également partie prenante dans l’animation ou dans la communication pour, avec et autour du monde associatif.
Cela conduit évidemment au développement d’une ville, d’une communauté d’agglo ou du département. Mais nous nous intéressons également aux deux sous-préfectures que sont Oloron et Bayonne.
Notre chance, concernant notre souhait d’une réelle proximité par rapport à nos objectifs ou nos activités est d’être au centre de Pau où nous bénéficions d’autant plus d’un public large. Nous œuvrons par exemple depuis plusieurs années à la création d’une véritable maison des associations à Pau qui pourrait devenir également un lieu de ressources associatif à une plus grande échelle notamment de...moyens.
Et pourquoi ne pas oser penser que ce lieu pourrait-être également géré, par convention il va de soi , et naturellement par une...association au seul service d’autres associations.


-  propos recueillis par Bernard BOUTIN
En savoir plus : Le site : www.citoyennete.com
Université de la Citoyenneté
29 rue Emile Guichenné
64000 PAU
Courriel : universite@citoyennete.com
Tel : 05 59 27 63 38


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Votre commentaire



> Serge FIGIEL raconte des histoires
23 février 2010, par Marc  

Comme on ne répond pas aux questions posées, j’ai donc fait la recherche nécessaire sur l’emploi associatif. Vous trouverez ci-dessous ce que dit l’INSEE.

Quand M. Figiel nous dit "un emploi salarié privé sur 10 en France se situe dans le monde associatif", il confond sciemment associations et la notion (très floue) d’"économie sociale". En effet ces 10% incluent les salariés des banques dites coopératives, des compagnies d’assurance organisées en mutuelle, ainsi que de grandes fondations. Allez donc dire aux salariés de la MACIF ou des Banques Populaires qu’ils sont des travailleurs associatifs !

Tout cela n’est que de la foutaise pour tenter de justifier son existence. Le monde associatif n’emploie qu’un pourcentage infime de la main d’oeuvre française.

Voici donc ce que nous dit l’INSEE :

"L’économie sociale : 10 % des emplois salariés : En 2006, l’économie sociale représente 9,8 % de l’emploi salarié national hors agriculture, et 8 % de la masse salariale . Sur les 22 millions de salariés que compte le pays, 2,1 millions travaillent dans ce secteur et sont employés dans 203 000 établissements.

L’économie sociale fait partie de la vie de millions de citoyens adhérents de mutuelles, de coopératives ou d’associations. Elle regroupe diverses structures économiques qui partagent des principes fondateurs.

Parmi les 100 plus grosses entreprises appartenant à l’économie sociale, 45 sont des coopératives (Coopérative atlantique, Banque populaire, etc.), 11 sont des mutuelles (Mgen, Macif, etc.), 36 sont des associations (Croix rouge française, Association des paralysés de France, etc.) et 8 des fondations. Par rapport aux autres entreprises, elles sont de plus petite taille et mieux réparties sur le territoire : seules 3 d’entre elles appartiennent aux 100 plus importantes entreprises employeuses de France et uniquement un quart des 100 plus gros employeurs de l’économie sociale ont leur siège en Île-de-France".

(www.insee.fr)

> Serge FIGIEL
22 février 2010, par Marc  

Il ne manquait plus que ça ! Une association pour gérer les associations ! Quelle riche idée. Les associations ont-elles vraiment besoin de cette bureaucratie ?

A propos qui finance donc l’"Université de la citoyenneté" ?

Et d’ou sort ce chiffre d’un emploi salarié sur 10 dans les associations ? Merci de donner la source.

  • > Serge FIGIEL
    22 février 2010, par Contribuable Palois  

    Il faut dire qu’il y a de quoi se perdre.

    Même l’adjointe N. Cabannes s’y perd : sur pau.fr "Nathalie Cabannes a rappelé l’importance du tissu associatif palois, 4800 associations, ..." alors que M Figiel, reconnaissant que les associations disparues ou sans activité sont innombrables, se contente juste d’énoncer qu’on a recensé plus de 4.000 associations déclarées sur Pau en 60 ans. Ce qui n’est pas la même chose

    Donc si une structure (pas trop gourmande de préférence) tentait de moraliser cet univers en fédérant les plus vertueux, on ne regretterait pas l’Université de la Citoyenneté. Malheureusement ce n’est qu’un rêve.

    Car comme l’écrit monsieur A Lafitte, un consultant de la Ville, "on peut toutefois penser que toutes les possibilités offertes par la loi [sur le financement des associations] ne sont pas exploitées". Donc allons-y gaiement :

    à la ville de Pau Pau, la vie associative

    à la ville encore la mission locale de Monsieur Dartigolles

    à la CDA les points d’appui locaux à la vie associative. "La fonction Point d’Appui Local à la Vie Associative est assurée par le Club d’Initiatives Solidaires Cap Solidaire et la Fabrique à Projets (en partenariat avec la Mission Locale) qui accompagne les porteurs de projet" .

    Et voici en plus l’Université de la Citoyenneté.

    En résumé pour toutes ces structures : si vous avez envie de dépenser de l’argent que vous n’avez pas, pour ce dont vous n’avez aucune idée, venez donc nous voir et on vous donnera quelques astuces (légales) pour trouver des sous (des impôts) dont on ne savait justement quoi faire.

    * * * * * * * * * * * *

    L’Université de la Citoyenneté est en passe de devenir une bureaucratie, inventant les besoins qui la justifie de plus en plus. Attention à un nouveau parasitisme !

    Inquiétante cette envie du toujours plus d’associations, alors qu’on souhaiterait que celles qui existent fonctionnent clairement et efficacement. Et d’autant plus que les statuts de l’Université de la Citoyenneté sont extravagants si on en juge par son article 5. Attention Monsieur Figiel à cette boulimie, pourquoi voulez vous proposer de la gestion mobilière et immobilière, de la gestion de management, du service technique ??? Appliquez et faites appliquer un code d’efficience, de transparence et de bonne conduite parmi vos associés. Ça on en a besoin.

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