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Fabien SIMON

lundi 19 juillet 2010 par Bernard Boutin


Le Méliès est un des piliers de la culture paloise. Après une longue période de turbulences, le cinéma d’Art et d’Essai a retrouvé son calme et c’est tant mieux pour les Palois cinéphiles. Fabien Simon qui préside l’association en charge des destinées du cinéma nous fait ici le point sur l’activité et les projets du Méliès. Les abonnements sont en plein « boom », les spectateurs reviennent, la direction du Méliès, sous la « houlette » d’Emmanuel Leclercq fourmille d’idées. Parmi celles-ci, la première édition du « Festival international du Film de Pau ». Un festival ambitieux.
Une interview très dense à l’image des challenges que s’est donné l’équipe qui gère le Méliès.

Alternatives Paloises - Comment va le Méliès ? Le calme est de retour ?
Fabien Simon - Les turbulences sont loin même si elles sont encore toutes fraîches. Le conseil d’administration s’est reconstitué et travaille dans le calme. Dix salariés sont en emploi plein au Méliès et les relations avec les institutionnels se sont normalisées. Les débats sont sur le fond et constructifs.

Alternatives Paloises - Un symbole du retour à la normal réside dans le nombre d’abonnés...
Fabien Simon - Nous sommes passés à 1300 abonnés ce qui est exceptionnel au niveau du territoire national pour ce type de cinéma. Nous nous étions donné comme objectif d’augmenter de 15.000 le nombre de spectateurs cette année et l’on est déjà à 11.000 à fin mai. Nous sommes en bonne voie avec une vraie fidélité et une vraie présence du public. Le cinéma est bien remis sur ses rails.

Alternatives Paloises - Vous avez quelques projets phares...
Fabien Simon - Un premier qui est en débat, c’est celui de notre économie avec l’adéquation entre nos 2 salles pour présenter de 15 à 17 films par semaine et un public en progression. Nous sommes à l’étroit et nos outils ne sont plus adaptés. Il nous faut penser à agrandir. Cela peut prendre deux formes. Soit en agrandissant le cinéma lui-même mais il y a des contraintes nombreuses : Nous ne sommes pas propriétaire du lieu, les bâtiments de France, les finances, l’ancienneté des locaux. L’accessibilité aussi, même si le quartier est très identitaire. Nous souhaitons toutefois principalement faire un cinéma de centre-ville. Chemin faisant, une des pistes est donc l’agrandissement.
La deuxième piste est de sortir de cet emplacement pour aller dans Pau ou dans la Communauté d’Agglomération. On n’a pas de projet précis mais nous avons demandé à rencontrer les maires de l’agglomération les uns après les autres. Les débats sont ouverts même si je ne suis pas convaincu que cela ait du sens de quitter le centre de la ville.

Alternatives Paloises - et parmi les pistes, la reprise du St Louis...
Fabien Simon - Il peut y avoir cette piste aussi. La ville de Pau nous a donné des informations assez négatives sur le délabrement important des lieux. On y projetterai un lieu qui ne serait pas purement cinéma mais un lieu d’image et pourquoi pas d’y travailler avec des gens avec qui nous collaborons déjà comme ACCÈS, la CUMAMOVI etc... des organismes qui ont déjà pignon sur rue et un vrai vécu à Pau.

Alternatives Paloises - Deuxième projet, très concret et immédiat, le « Festival International du Film de Pau »...
Fabien Simon - Nous voulons un festival large avec plusieurs sections. Il y a d’abord les inédits avec un côté généraliste et un jury composé de palois et de sommités avec un parrain ou une marraine qui puisse nous donner un éclairage national. Il y aura aussi une rétrospective avec cette année Marco Bellocchio qui nous rejoindra trois jours. Emmanuel Leclercq, directeur du Méliès, aura l’occasion de nous en parler à partir du mois de septembre. Nous mettons aussi en place le marché du film pyrénéen qui fera une liaison avec les Pyrénées qui sont très identitaires mais aussi un lien avec l’Espagne où il y a un cinéma tout à fait étonnant et riche.
Nous allons mettre en place d’autres sections, l’Europe oubliée, un projecteur sur un pays avec la Suède qui est à l’honneur cette année à Pau. Nous allons travailler sur une rétrospective Bergman et sur une nouvelle réalisatrice Suédoise qui viendra nous présenter 3 de ses films. (ndlr : pour plus voir sur www.lefestivaldufilmdepau.fr )

Alternatives Paloises - Beaucoup de projets en effets. Pour revenir à votre public, qui est-il ?
Fabien Simon - Il est fidèle parmi les fidèles et assez exceptionnel par rapport aux salles d’Art et d’Essai en France puisque notre cinéma se situe parmi les 10 premiers en France. Le public, sans faire caricatural, est plutôt quinquagénaire, de milieu moyen ou supérieur. Ce sont des spectateurs qui ont la capacité d’aller voir des films qui ne sont pas toujours faciles, souvent en VO. Ne nous y trompons pas, 30.000 entrées sont aussi le fait de jeunes publics scolarisés. De la crèche jusqu’au lycée. C’est une mission pour laquelle nous nous sommes engagés auprès de la Mairie dans une convention triennale. Nous la remplissons du mieux possible avec un animateur qui fait remarquablement son travail.
Il nous reste le public étudiant qui ont augmenté de 30% cette année sur l’offre artistique autant que sur la tarification qui a été remodelée à leur égard puisque un étudiant paye aujourd’hui 3,5 euros la séance.

Alternatives Paloises - L’une des difficultés des cinémas d’Art et d’Essai, c’est de se procurer les films qui correspondent aux attentes du public. Vous faîtes comment quand on sait que les distributeurs favorisent les structures intégrées style Méga CGR ?
Fabien Simon - Une des raisons qui nous amène à vouloir agrandir ou délocaliser le Méliès réside dans la très grande difficulté que nous avons dans nos relations avec les distributeurs. Ils sont de plus en plus exigeants. C’est la conséquence de l’émergence des multiplexes qui ont 12 écrans et donc peuvent mettre en avant certains films avec facilité. Les mêmes exigences sont portées à nous avec 2 écrans.
Un exemple, quand un Woody Allen arrive, avec comme exigence du distributeur de le projeter 21 fois dans la semaine, cela veut dire quasiment bloquer une de nos deux salles pendant une semaine et pour autant, on ne peut pas ne pas le présenter à notre public. Il ne nous reste plus qu’une autre salle pour présenter les 15 ou 16 autres films de la semaine ! Imaginez le casse-tête.

Alternatives Paloises - Les distributeurs n’exigent-ils pas aussi de vous un « emballage » qui valorise le film que vous allez présenter et que vous ne pouvez pas proposer...
Fabien Simon - Bien sur, mais nous avons notre notoriété et le Méliès est un cinéma reconnu. La salle fait autorité au plan national et on peut encore avoir des exigences. Pour les petits cinémas moins exposés, mois présents, c’est cauchemardesque. Jamais d’avant première, des films avec retard etc.

-  propos recueillis par Bernard Boutin

Ne ratez pas Mardi 20, en projection unique à 20h30, « AO, le dernier Néandertal » de Jacques Malaterre

2 liens à mettre en favoris :
Le Méliès : Ses programmes, ses évènements, sa tarification, son organisation
Festival international du Film de Pau : www.lefestivaldufilmdepau.fr


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Votre commentaire



> Fabien SIMON
13 août 2010, par AB  

Les amis adhérents de l’Université du Temps Libre me disent d’avoir reçu par courriel le programme de l’UTLA 2010/2011.

Comme nouveauté il y a 12 séances de 1h30 sur "Histoire mondiale du cinéma des origines à nos jours" données par le directeur du cinéma Le Méliès.

Les adhérents de l’UTLA profiteront, sur présentation de la carte d’adhérent 2010/2011, d’un tarif préférentiel au cinéma Le Méliès.

Pensez-vous accorder un tarif préférentiel pour les adhérents d’autres association ? Si oui, lesquels ?

> Fabien SIMON
23 juillet 2010, par nico  

Le tarif à 3 Euros 50 pour les moins de 25 ans, c’est un vrai (rare) initiative sociale et culturelle. Bravo !

Par contre, je regrette sincèrement que le Mélies tende de plus en plus, depuis un an environ, vers une fonction de cinémathèque historique...Je trouve que la part qui est consacrée aux films anciens est trop importante par rapport à avant..Cela se fait au détriment des films contemporains.. Du coup, beaucoup de sorties de l’année que l’on ne pouvait voir qu’au Mélies ne passent plus à Pau maintenant...Il faut aller à Bordeaux ou Paris...

  • > Fabien SIMON
    23 juillet 2010, par AB  

    "...Mélies... cinémathèque historique..."

    Et pédagogique aussi, avec les présentations-leçons assez rébarbatives données par le directeur. Mais si grâce à cela le Mélies obtient plus de subventions, pourquoi pas ?

    Je me pose une question au sujet des séances où il n’y a que deux ou trois spectateurs. Cela m’est arrivé souvent. Je pense que ces séances (=créneaux) devraient être supprimés. Il ne peut pas être rentable de projeter un film pour deux ou trois personne.

    Le Mélies prépare un Festival du Cinéma International pour l’automne... Le Festival du Cinéma Français était fortement déficitaire. Qu’en sera-t-il du nouveau festival ? les vedettes viendront de loin...

    Quel sera le coût de ce festival (budget détaillé, S.V.P.) et combien la ville de Pau va-t-elle payer pour payer la facture finale ?

    En avons-nous vraiment les moyens ? Pau n’est pas Cannes... ou Paris.

  • > Fabien SIMON
    13 août 2010, par Fabien  
    Site officiel du Méliès

    Vous avez une vision de notre projet artistique et culturel plutôt cynique. Je vous rappelle que le cinéma fonctionne sur ses fonds propres pour 85% de nos charges. Les subventions de la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées représente 13,50% et n’ont aucun objet ni influence sur la programmation. En ce qui concerne les fréquentations, vous devez bien imaginer que nous ne pouvons évaluer l’impact d’un film ni les disponibilités horaires des spectateurs lors de nos programmation pour une période d’un mois et dans les conditions où nous œuvrons (voir l’article). Aussi ce risque est il inclus dans nos coûts de revient. Enfin, le Festival International du Film de Pau à venir. Ce festival n’a pas comme son aîné la prétention de devenir un festival municipal mais avec des ambitions et des partenaires autres. Nous aurons l’occasion de vous informer publiquement et via notre site (www.lefestivaldufilmdepau.fr). Mais dorénavant, nous n’interpellons la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées que pour 16% du budget prévisionnel. Ensuite, les partenaires sont multiples jusqu’au festival de San Sebastian... Nous avons le souci du territoire, de la pluridisciplinarité, de la responsabilité financière et de la qualité cinématographique.

  • > Fabien SIMON
    23 juillet 2010, par AK Pô  
    chauffeur de salle au Méliès

    Chauffeur de salle au Méliès, un métier d’avenir, Pehache !

    Transférer le Méliès au saint Louis peut ouvrir des perspectives intéressantes pour le centre ville me semble-t-il. Il y avait jadis cinq salles, dont trois assez vastes (l’Aragon, le Béarn et Les Pyrénées, je crois), en centre ville, qui sont devenus des restaurants puis des fantômes. Il faudrait quand même relooker la façade, mais pas forcément utiliser toutes les salles existantes. Arriver à faire un truc genre Utopia à Bordeaux serait fédérateur ( avec un espace "café repas sur le pouce" et une terrasse sur l’espace piétonnier existant) et concurrentiel par rapport au voisin de droite (Quick). Et voir des films en VO un atout fondamental !

  • > Fabien SIMON
    23 juillet 2010, par AK Pô  
    PS : et on pourrait y intégrer une antenne de l’IDHEC et l’ESAC avec ; allons-y gaiement ! smiley

  • > Fabien SIMON
    13 août 2010, par Fabien  
    Site officiel du Méliès

    Why not ? Cohésion et complémentarité nous entraineraient vers de nouveaux univers qu’il me semble passionnant d’explorer. Pau est une cité aux potentiels énormes atomisés. N’ayons pas peur de les lier. Alors why not ? Quant au Saint Louis, étudions la piste sans se faire d’illusions...

  • > Fabien SIMON
    13 août 2010, par Fabien  
    Le site du Méliès

    Il est vrai que nous avons privilégié la cinémathèque sur l’actualité dans nos évènements. Il s’agit d’un choix artistique autant que budgétaire. Toutefois notre programmation n’ignore en rien les sorties nationales. Nous ferons une analyse de ce point en commission artistique. N’hésitez pas à prendre contact avec le rapporteur de la commission, Philippe DUCAT (Vice Président) pour y prendre part.

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