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Natalie FRANCQ

lundi 20 septembre 2010 par Bernard Boutin


A@P entame le tour des conseillers généraux du Grand Pau qui vont voir leur mandat renouvelé en 2011. Rencontre aujourd’hui avec Natalie FRANCQ, conseillère générale du canton de Pau-Ouest (Gelos, Mazères Lezon, Uzos, Rontignon, Narcastets et une partie de Pau ) pour faire le point sur son premier mandat qui s’achève. Sans langue de bois, l’élue au Conseil Général nous fait découvrir un « métier » souvent inconnu du grand public. Trop souvent ! Descente dans les arcanes de notre administration territoriale.

Natalie FRANCQ est une des rares conseillères générales à louer avec ses deniers propres, un local pour sa permanence. Il lui en coûte 500 € par mois. Avec sa permanence, elle affirme sa volonté de rester en contact avec le terrain ce qui n’empêche en rien le travail de réflexion dans les commissions du conseil. Totalement immergée dans son unique mandat électif, l’élue souhaite réaliser un deuxième mandat pour être plus opérationnelle encore.

Alternatives-Paloises - Vous terminez votre premier mandat, avec recul, vous attendiez-vous à un tel mandat ?

Natalie Francq - Je ne m’attendais pas à quelque chose en particulier. Avant mon élection, j’étais agent de développement territorial et je connaissais beaucoup des questions que j’allais aborder en tant qu’élue.


A@P - A quelles commissions avez-vous participé ?
Natalie Francq - Nous devons choisir deux commissions et certains sont aussi membres de la commission permanente. J’étais au début de mon mandat à la commission économique et à la commission sociale. J’ai souhaité, lors du renouvellement (ndlr : élection cantonale partielle de 2008), élargir mon champ de connaissances et je suis passée à la commission Finances - administration générale - politiques contractuelles et à la commission Politique de la ville.

A@P - Quand vous regardez le travail accompli, avez-vous une satisfaction forte et une frustration forte ?

Natalie Francq - Vraiment satisfaite, cela ne me ressemble pas ! Cependant je m’étais fixé quelques objectifs. Pour certains je suis allée au bout de ce que ma fonction me permet de faire, ils sont maintenant en phase d’exécution : la protection des riverains du Gave à Mazères-Lezons, l’amélioration de la voirie départementale sur le canton. D’autres sont proches d’être atteints, tels que le contrat communautaire de développement de la communauté de commune Gave et Coteaux, la valorisation du quartier Paul Doumer sur Pau ou la création d’un relais assistantes maternelles ... Il y a aussi des satisfactions plus personnelles quand je peux intervenir pour aider quelqu’un à sortir de ses difficultés. La frustration provient des freins rencontrés : la lenteur des décisions qui masquent souvent des obstacles politiques... Etre minoritaires, alors qu’il y a 28 cantons sur 52 qui ont réellement votés à gauche, est aussi une profonde frustration !

A@P - Votre mission vous ramène au « ras des pâquerettes »...

Natalie Francq - Cela dépend comment on pratique son mandat. On peut travailler très proche du terrain, mais il ne faut pas confondre une action de conseillère générale avec une action d’assistante sociale. On peut aussi être plus dans la réflexion et les orientations. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. Le terrain nourrit les réflexions qui sont utiles pour les orientations et leurs applications.
Au final, l’emploi du temps est vraiment partagé entre le travail plus politique au niveau départemental (commissions, sessions, délégations) et le travail de proximité de suivi des dossiers du canton. Les gens ne le savent pas forcément mais les collectivités sont représentées dans beaucoup d’instances. Toute cette armature et ce réseau institutionnel assurent le fonctionnement de notre société et les élus y ont un rôle de charnière entre l’administration et les administrés.

A@P - N’y a-t-il pas trop de structures ?

Natalie Francq - Je ne le dis pas. On trouve qu’il y en a beaucoup parce qu’on voudrait toujours que les choses soient plus simples. Dans les faits, elles ne le sont pas. Un exemple : je siège à la commission des sites à la Préfecture au nom du Conseil général. Cette commission doit rendre des arbitrages sur des dossiers importants. Sont représentés : plusieurs services de l’Etat, des associations de défense de l’environnement, des élus communaux et du conseil général. Sans ces avis multiples, les choix seraient examinés par le petit bout de la lorgnette. Il est donc important que ces différents points de vue soient exprimés.

A@P - Avez-vous une idée sur la connaissance qu’a le public sur le fonctionnement du Conseil général ?

Natalie Francq - Le public a peu de connaissance générale de cette collectivité, alors que le Conseil général a en charge beaucoup de domaines qui concernent la vie quotidienne. Mais je suis surprise de voir que beaucoup de personnes connaissent bien les services dont ils ont directement besoin. Pour être plus accessible, j’ai fait le choix d’avoir une permanence, un lieu ouvert et d’échanges, bien placée et visible. Je fais aussi des permanences dans toutes les communes.

A@P - L’électeur sur Pau a à sa disposition pour toute question un maire, un député, un président d’intercommunalité, un responsable de quartier, un conseiller général... cela ne fait pas trop ?

Natalie Francq - Non, chacun apporte des réponses en fonction des compétences de sa collectivité. On n’intervient pas tous sur les mêmes domaines.

A@P - Le Conseil général 64 avec une majorité et une opposition de même poids 26-26 fonctionne-t-il ?

Natalie Francq - Vous enlevez tous les élus, l’administration va continuer à fonctionner... quelque temps. Mais à un moment ou un autre, il faut des décisions politiques et certaines sont actuellement repoussées. Rendez-vous compte, Jean Castaing a été élu président du Conseil général au bénéfice de l’âge !. L’UMP, qui n’a que 6 représentants, dirige le Conseil général avec le Modem.

A@P - Que pensez-vous du désengagement de l’Etat et du transfert des compétences vers les collectivités locales ?

Natalie Francq - Derrière se cache une volonté de l’Etat de reporter les dépenses sur les collectivités locales pour diminuer l’impôt sur le revenu (plus juste car progressif) en augmentant les taxes locales. Ce sont les services publics qui en pâtissent. Il faut relire le « rapport Morrison de l’OCDE » qui date d’une quinzaine d’années. Il explique comment créer des dysfonctionnements dans les services publics en vue de les privatiser sans pour autant créer des troubles sociaux trop importants. C’est clairement dit et c’est ce qui s’applique. Il s’agit de diminuer la capacité à bien rendre le service pour détourner les gens vers des services marchands. Un exemple : Le respect de l’environnement demanderait que le soutien des collectivités soient apportées à la SNCF plutôt qu’aux compagnies aériennes privées low-costs.



A@P - Le projet gouvernemental tendant à faire de vous une conseillère territoriale siégeant à la fois au Conseil général et au conseil régional vous convient...

Natalie Francq - Non. Ce sont deux instances à maintenir parce qu’elles n’ont pas les mêmes compétences, ni le même degré de proximité.

A@P - Comment est organisé le canton de « Pau-Ouest » ?

Natalie Francq - Il y a la partie ouest de Pau et deux communes de la communauté d’agglomération de Pau (Gelos et Mazères-Lezons). Uzos, Rontignon et Narcastet sont plus rurales et font parties de la communauté de communes Gaves et Coteaux qui se partage entre 3 cantons.

A@P - Avez vous des dossiers communs pour l’ensemble des 6 communes ?

Natalie Francq - Oui, il y a bien sûr les routes départementales, le projet de voie douce de Lestelle-Bétharam à Bayonne, les plans communaux de sauvegarde qui n’existent pas sur toutes les communes.
 J’ai aussi initié la création d’un RAM : un relais d’assistantes maternelles qui n’existe pas sur le sud de l’agglomération paloise. Comme il faut 100 assistantes maternelles les communes de Gan, Jurançon, Bizanos et Bosdarros s’ajoutent aux communes du canton.

A@P - D’un point de vue emploi et développement économique, quels dossiers avez-vous pu faire avancer ?

Natalie Francq - Dès mon élection, il y a eu la fermeture du site Vicomtal à Rontignon. 70 % du budget de la commune ! Je suis intervenu à ce moment-là mais il y avait une réelle volonté de fermer ce site et pas de repreneur. L’usine a été chargée de tous les maux pour améliorer la rentabilité financière du reste du groupe. On se retrouve donc avec une friche. Qu’en faire ? J’ai relancé, avec le président de la communauté de communes Gave et Coteaux, le dossier de contrat communautaire de développement, seule solution pour acquérir les bâtiments et le terrain. Un diagnostic très large est en cours entre bureaux d’études et élus pour savoir ce que l’on veut faire du site. Théoriquement en novembre les premières orientations seront présentées. Je suis aussi mobilisée par le suivi des dossiers d’aide aux entreprises.

A@P - Quelles sont les compétences de commission politique de la ville ?

Natalie Francq - Le Conseil général a tenu a être présent sur les secteurs urbains délaissés par l’Etat en soutenant financièrement des actions de prévention ou d’animation qui sont conduites par des associations et des communes. 
Cette politique, fait l’objet d’un désengagement régulier de la part de l’Etat, tant au niveau des financements que des territoires concernés.

A@P - Vous vous représenterez à la prochaine élection...

Natalie Francq - Les militants décideront, mais je ne cache pas que je suis candidate à la candidature.

-  Propos recueillis par Joël Brau et Bernard Boutin

PS : le blog de Natalie Francq


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Votre commentaire



> Natalie FRANCQ
20 septembre 2010, par Clo  

Ils sont tous accrochés à leurs mandats C’est incroyable ces gens du PS qui pensent qu’il n’y a pas trop de structures en France, mais on va en crever, Bonjour la France du 21° siècle

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Maximo  

    Les réponses sont totalement stéréotypées, dictées par le parti... et ne correspondent pas aux questions. Exemple :


    -  Le projet gouvernemental tendant à faire de vous une conseillère territoriale siégeant à la fois au Conseil général et au conseil régional vous convient...

    
- Natalie Francq - Non. Ce sont deux instances à maintenir parce qu’elles n’ont pas les mêmes compétences, ni le même degré de proximité.

    1°) ce n’est pas la question des deux collectivités, mais de sa présence aux deux, et 2°) Les deux sont maintenues, c’est exactement les nouvelles dispositions.

    Mais ça leur ferait mal de dire la vérité... smiley

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par pehache  

    1°) ce n’est pas la question des deux collectivités, mais de sa présence aux deux, et 2°) Les deux sont maintenues,

    Donc en gros il y aura double-mandat obligatoire, n’est-ce pas ?

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Maximo  

    On peut discuter longtemps de la nécessité d’avoir deux collectivités. On peut discuter de la pertinence ou pas de la nouvelle réforme. Mais, Pehache, en soi, le fait qu’il y ait double mandat est un gage important de cohérence, de suivi des travaux de l’une par l’autre et par les élus. C’est incontestable. La politique politicienne interdit de le dire, les élus préfèrent une infâme langue de bois à un "oui" tout simple qui ne les engage même pas et que le lecteur-électeur ne prendrait même pas pour un soutien au gouvernement, bien entendu.

    Une fois encore, c’est nous prendre pour des melons. Je ne connais pas cette dame ; je la crois assez nouvelle comme élue, et même, si mes souvenirs sont bons, assez étonnée de l’avoir été. Mais elle a vite sû prendre les plus mauvais travers de l’élu de base, sans pensée ni discours propres.

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par pehache  

    ...en soi, le fait qu’il y ait double mandat est un gage important de cohérence, de suivi des travaux de l’une par l’autre et par les élus.

    Bravo Maximo, vous avez sans vous en rendre compte récité le bréviaire à destination des politiciens défendant le cumul des mandats.

    Parce que de deux choses l’une :

    Soit cette réforme supprime réellement une des deux structures.

    Soit elle les conserve et institue donc de fait le double mandat.

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Maximo  

    En quoi ce "double mandat" serait-il moins bien que deux mandats, deux élections (régionale et cantonale) ? Perso, je ne vois pas. J’y vois en revanche une manière douce d’amener à un mandat unique d’une collectivité unique et régionale. Ce que nos potentats locaux n’ont pas permis.

    Réciter un bréviaire, moi ? Ah, merdalor, T vache Pehache ! D’abord ce n’est pas mon genre, ensuite on peut dire la même chose qu’un autre (fût-il bréviaire) sans le réciter et troisio : deux mandats, telle est la loi. Surtout pas plus, restons-en là sans cumularder par dessous (CDA etc.).

    Réduire ces illustres élus locaux cantonaux et régionaux à un ne me déplaît pas.

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Elgatos  
    Des places a prendre

    Qu’attendez-vous ,tous , pour vous engager politiquement et BOSSER dur pour que ça change ? La critique est aisée mais l’ART est difficile . Si vous pensez pouvoir faire mieux que ceux qui sont en place , lancez-vous smiley

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Maximo  
    ah, mais... nombreux sont (et certains d’entre nous) ceux qui y vont, ou y sont allés... Madame Natalie Francq est élue, c’est à elle de répondre correctement, et pas à côté, pas à la question qui ne lui a pas été posée mais qui lui eût convenu.

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Daniel Sango  

    Le Conseil Général est une collectivité territoriale dépassée. Malgrè son origine ancienne, les électeurs ne comprennent pas ce qu’il fait et comment il fonctionne.

    Comment peuvent ils juger de l’action de leurs élus ?

    Est ce cela la démocratie, voter sans comprendre ?

    A sa création on se déplacait à cheval, le téléphone n’existait pas, la vie s’organisait autour des bourgs et de leurs marchés, d’où les cantons. Il paraît que les choses ont changé...

    La simplification, la diminution du nombre d’élus est une nécessité.

    Quant au CG des PA, on regrette tous les jours de voir que le PS y est transparent, le débat nul.

    Mais cela ne gène pas les élus de tous bords, ils souhaitent avant tout leur ré élection, et ce sera d’autant plus facile que les citoyens ne comprennent pas qui y fait quoi et que le débat y est inexistant.

    Il y a belle lurette qu’on aurait dû supprimer le CG : lors de la création des Régions !

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par AB  

    "Il y a belle lurette qu’on aurait dû supprimer le CG : lors de la création des Régions !"

    Entièrement d’accord avec Daniel Sango. Mais la création des Régions... c’était Mitterrand, je crois...

  • > Natalie FRANCQ
    20 septembre 2010, par Maximo  
    Oui et non. C’est 1979 en Etablissement Public. Les Conseillers régionaux étaient alors issus des Conseils généraux. Comme collectivité locale de plein exercice, c’est en effet les Lois Deferre de 1982 avec première élection au suffrage universel direct en 1986.

  • > Natalie FRANCQ
    21 septembre 2010, par AB  

    La bureaucratie, la vache sacrée...

    C’était l’époque des spéculations sur le découpage électorale... Il fallait surtout pas perturber les copains socialistes installés dans leurs fiefs... et il fallait surtout éviter de supprimer cet échelon département devenu inutile avec la création des Régions. Calculs politiques... dont nous, les contribuables, payons la facture aujourd’hui.

    Quel homme ou quelle femme politique osera donc mettre à son programme "la suppression de l’échelon département" ?

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